Lettre de la fille d’un condamné à mort

Papa , sans toi à mes cotés, mon moral est en berne. Petite pour comprendre à l’époque, une condamnation à mort , c’est plu-tard que j’ai compris le motif de ton absence. Tu souhaites de tout cœur, la réouverture de ton dossier, on l’espère pour toi.

Salle de jugement/ Crédit photo

 

 

 

 

 

 

 

Mon enfance a été sans doute volée, volatilisée dans la nature comme par un coup du destin. Oui papa, comment puis -je avoir une enfance, un bonheur, une joie de vivre, un avenir, si j’ai été par ironie du destin arrachée à ton affection très tôt?.

Tout ce que je sais, c’est que j’ai eu peu, de temps pour profiter de ton affection, ton ombre, ta protection, ton amour et présence. Comme tout enfant, je voulais que tu me vois grandir, que tu suis mes pas à l’école, mes gestes, m’accompagner , en ville pour voir les autres parents, de partir à la plage sous ta houlette, de te faire du thé, faire le marché en compagnie de toi et maman, etc…

Comment vivre si pleinement mon enfance?, alors que tu es loin de nous depuis toutes ces années en prison à cause de ta condamnation à mort.

Je t’assure, maman fait tout son mieux pour m’offrir une vie normale de petite fille, mais ta présence nous manque terriblement .Maman essaie être forte, pour t’apporter appuis comme toute femme idéale, mais au fonds, ton absence est un supplice.

Te savoir là bas, dans cette cellule, si lointaine, si étroite, est une vraie torture pour nous, alors que tu clames sans cesse son innocence. Pourquoi ne pas refaire, le jugement pour que tu puisses soumettre tes éléments de preuve encore? voilà ton vœux ardent.

J’espère seulement que tu seras bientôt innocenté,  après des années de détentions qui ont bouleversé ma vie, notre vie, tu nous manques beaucoup. Cette épreuve m’a tellement secouée, bouleversée, que je rêve désormais de devenir avocate.

Mali : l’artiste Cheikh Tidiane Seck plaide pour la paix et l’unité

En juillet dernier, j’ai eu la chance et l’immense honneur de discuter avec Cheikh Tidiane Seck, un artiste baobab du Mali, qui m’a fait savoir aussi qu’il connaissait mon père. Une surprise pour moi.

Ce monument de la musique malienne, qui réside en France, était venu donc pour la première fois en Mauritanie, dans le cadre de la 12e édition du très célèbre Assalamalekoum festival. Grâce à ce rendez-vous populaire, C.Tidiane Seck alias « guerrier » a réalisé un duo très attendu avec la Diva Malouma de Mauritanie.

Une première occasion pour lui de travailler sur le répertoire musical mauritanien. C’était des instants pour voyager aux allures de la world musique.

Une soirée qui m’a permise par ailleurs d’interroger le guerrier sur la crise malienne. Je vous prie de retrouver dans l’interview son appel émouvant aux désarmements des milices, à la paix dans notre pays et à l’unité de l’Afrique.

 

Mauritanie : une sage-femme , un model de professionnalisme à sauver

Je ne  compte plus le nombre de femmes qui se plaignent de sage femme . Elles dénoncent le mauvais traitement, la négligence, l’indifférence, de sage femme dont la froideur donne l’insomnie.

Journée Internationale de la contraception 2019/ crédit photo Association des Sages femmes de Mauritanie

Pourtant une femme en état de grossesse est vulnérable, fragile émotionnellement et mérite, je le dis avec une peine au cœur, toute notre attention, notre amour,notre tendresse, notre appui  moral pour mieux dépasser cette période très spéciale.

Une période où la femme est extrêmement fragile, une moindre chose peut la vexer ou mettre sa vie en danger. Des sages-femmes doivent constamment avoir cela à l’esprit. On n’est pas sage-femme pour rien, c’est une profession sacrée, celle qui consiste à l’aider à donner la vie dans de très bonne conditions.

« Sage-femme, aigrie , insensible, pas attentionnée, pas professionnelle », voilà des clichés qui me parviennent très souvent à propos de certaines sages -femmes lors d’accouchement.

A cause de ces comportements qui indignent ce métier, l’accouchement fait peur de nombreuses de mes connaissances surtout celles qui vont dans les hôpitaux ou centre de santé parfois disposant d’un plateau technique peu adapté.

Une seconde d’accouchement parait une éternité. Rien de plus marquant pour l’aider à traverser ce moment de turbulence qu’une thérapie morale : juste des mots de réconfort tout courts, tout simple et gratuit : tiens bon ça ira, c’est bientôt fini, sois forte…

Quand je pense à mon cas personnel, j’ai des frissons, de la colère, car l’indifférence de ces certaines sages-femmes fait froid au dos et constitue un acte de violence qui marque à jamais, parole d’Awa.

Mes interrogations

Comment  peut-on rester indifférentes au cri de douleur d’une femme en situation d’accouchement ? comment peut-on laisser une femme accoucher sans le minimum soins alors qu’elle est en pleine contraction ? Comment peut-on dire à une femme à qui il reste une seconde pour accoucher de rembourser chemin pour se rendre dans le centre où elle a été suivie?.

Pour toutes ces questions qui consistent à poser le débat pour y trouver des solutions adéquates car accoucher dans nos services, relève d’un parcours souvent du combattant. Pourtant la femme qui accouche à juste besoin de soins adaptés pour la circonstance et beaucoup d’attention.

A l’hôpital national de Nouakchott, je me souviendrai toujours de cette jeune stagiaire sage- femme dont le sourire m’a aider à soulever cette montage de douleur lors d’un accouchement. Voilà une personne qui porte en elle , le flambeau de ce métier si spécial.

Mauritanie : L’espacement des naissances, un facteur de lutte contre la pauvreté

A Nouakchott, la capitale mauritanienne, des personnes se retrouvent de plus en plus dans la rue pour mendier, faute de moyens pour nourrir leurs enfants souvent nombreux.

Espacer nos naissances, un vecteur d’autonomisation familial

Pour moi, la pauvreté est un facteur de vulnérabilité qui livre malheureusement ces gens à la mendicité,la précarité .Une triste réalité, qui doit nous inciter à mieux concevoir nos naissances , en fonction de nos situations économiques, pour éviter que des gens se retrouvent dans la rue du jour au lendemain, car n’ayant pas les moyens de subvenir aux besoins vitaux de leur famille.

Consultation gynécologique Dispensaire Kissal/crédit photo Awa Seydou

Par la mendicité, ces familles espèrent trouver quotidiennement facilement de l’argent ou des denrées  comme le sucre, le lait pour nourrir leurs familles . Pour elles, c’est nécessité, qu’elles sont là, mais si on parlait à cœur ouvert, je pense que la meilleure manière de lutter contre cette précarité est de mieux organiser nos naissances, afin d’épargner à nos enfants la mendicité, une des conséquences de la pauvreté.

Je ne juge pas personne, je dis tout simplement qu’il faut privilégier l’espacement pour garantir un épanouissement familial. Un planning familial va permettre aux parents d’avoir des naissances espacées avec moins de risque de les envoyer dans la rue pour trouver le gagne pain familial.

L’espacement des naissances, un facteur de bien être, sanitaire moral et économique

Triste quotidien de va et vient entre carrefours, exposés aux nuisances sonores de ces lieux, des histoires bouleversantes, émouvantes, des visages perdus dans les pensées, témoignent de l’état de vulnérabilité de ces individus pour qui l’espacement des naissances sera sans doute un facteur d’épanouissement personnel et familial à mon avis. Certes la pauvreté ne doit pas empêcher les gens de faire des enfants, selon certains mais on doit être conscients de la vulnérabilité dans laquelle, l’on est  quand on est pauvre, afin de freiner la précarité, en planifiant nos naissances en fonction de nos situations économiques

On doit revoir notre relation avec la santé reproductive, privilégier la qualité et non la quantité, en bref ce n’est pas le nombre d’enfant mais notre capacité à leur offrir un épanouissement digne avec le minimum de confort par la ténue d’un espacement mieux ficelé .

Une fois à  Arafat, une commune de Nouakchott, j’ai rencontré une mère d’une trentaine d’année, avec 5 enfants, n’ayant même pas 50 MRU (80 franc cf) pour acheter du pain dont ces derniers réclamaient. Je pense que si ses enfants étaient espacés, la maman aurait pu avoir le temps de travailler, se débrouiller , veiller sur la santé reproductive par un repos biologique nécessaire à son développement personnel, et subvenir aux dépenses familiales , aux cotés du mari à travers une occupation entrepreneuriale.

Je croise presque chaque matin, ces personnes qui prennent d’assaut les abords du célèbre carrefour BMD, dès les premières lueurs du mati.Leur challenge est de trouver une place stratégique pour quémander au nom de la prise en charge de leurs familles. Certains de leurs enfants, les accompagnent fréquemment dans leurs péripéties au quotidien, sous un soleil de plomb parfois.Pourtant avec le minimum de conforts, ces enfants auraient pu aller à l’école, s’instruire, vivre dans le minimum d’harmonie et de quiétude.

Plus les naissances sont espacés, plus les parents  s’épanouissent et peuvent se lancer dans le secteur informel par exemple, un moyen de subsistance en vogue en Mauritanie.

Même avec une somme symbolique, on peut faire un commerce comme le cas de ces vendeuses de beignets, ou de friperie de chaussures devant Istanbul boutique.

A mon humble avis, l’espacement des  naissances en terme simple, la planification permet à la famille de s’épanouir moralement, physiquement et économiquement, bref constitue un facteur sanitaire pour le bien être de la famille en général.

Plus il y a espacement,plus la femme (gardienne du temple familial) peut mieux  vaguer à ces occupations en ayant une certaine tranquillité de bien être moral, sanitaire et économiquement.  Elle peut mieux contribuer et de façon pérenne à la prise en charge de  sa famille, en joignant les deux bouts aux cotés de son mari.

Une réflexion qui pose aussi la question de l’accès des personnes démunis à la planification familiale qui est un droit fondamental.