Traoré Awa

Mauritanie : plaidoyer pour la réouverture du village de la Biodiversité à Nouakchott

Le village de la biodiversité est un des derniers poumons verts de la ville de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Malheureusement, le pouvoir mauritanien a récemment décidé de fermer ce lieu public. Une décision qui fait couler beaucoup de larmes et beaucoup d’encre ici en Mauritanie. Car ce village était une véritable respiration pour les habitants de la ville. Un lieu ouvert, accessible à tous, un lieu de culture où la préservation de l’environnement était une norme de tous les jours. Un carrefour culturel, un lieu de brassages, de rencontres, d’échanges, de loisirs, d’expressions, bref un lieu de liberté et d’ouverture, un haut lieu de convergence, où tout le monde se sentait familier.

Un espace de cohésion sociale pour la préservation de l’environnement

Le village de la biodiversité est un village unique à Nouakchott, il est géré par une activiste environnementale Maimouna Saleck, présidente de l’ONG Biodiversités. Cette ONG a la responsabilité officielle de la vie de ce lieu depuis 2010. Maimouna Saleck avait conquis les mauritaniens grâce à son ouverture d’esprit et à son love de l’environnement.

Pendant dix ans, ce village a abrité tant d’événements… des ateliers pédagogiques pour les écoliers de la ville, des concerts, des expositions, des festivals culturels, des moments d’échange autour de la lecture… Que de souvenirs, d’émotions, d’histoires vécues, inscrites dans les annales de tous les fidèles de cet environnement d’exception, comme Isabel Fiadero, habitante de Nouakchott.

Campagne pour sa réouverture

Depuis la fermeture de ce lieu il y a quelques jours, une campagne de plaidoyer s’organise pour sa réouverture, des appels pour « demander au Gouvernement Mauritanie de sursoir à sa décision de fermer ce lieu public, apolitique, qui a donné une âme à la Ville de Nouakchott ». Vous pouvez lire cet écrit de Maimouna Saleck, qui retrace l’histoire de ce lieu unique et son cri d’alarme à tous les amoureux de la nature et de la culture. Je partage aussi avec vous la page Facebook du village de la biodiversité, vous pouvez y voir des vidéos sur ce lieu extraordinaire, ainsi que l’actualité récente autour de décision de fermer du lieu.

On espère que les cris de cœur lancés pour la réouverture de ce village seront entendus par les plus hautes autorités du pays et que ce lieu pourra très vite reprendre vie.


Sira Kamissoko, décès d’une femme d’exception

Tanti Sira, il m’est difficile de parler de vous au passé. Vous étiez un soleil pour nous tous, car vous considériez tout le monde de la même façon : avec attention, respect et dignité. Vous étiez une grande dame aux qualité humaines très rares de nos jours : humble, serviable, simple, travailleuse, accessible, tendre… Et j’en passe. Votre rappel à Dieu est un coup dur, une date noire qui nous endeuille. Les mots me manquent pour décrire le vide que vous laissez.

On ne peut que s’en remettre à la volonté divine. Votre présence était un coup de pousse pour nous tous, il va falloir désormais s’habituer à la dure réalité de votre absence. Que votre âme repose en paix et que le paradis soit votre dernière demeure. On va tenter de persévérer pour atteindre votre degré d’engagement au service des autres.

Une grande perte

La nouvelle de votre disparition, le 21 novembre dernier, a été un choc tellement ce fut une surprise. On avait encore tant besoin de votre présence, de votre accompagnement, de votre amour si unique. On ne se lasse pas de vivre auprès d’une personne aussi proche des autres comme vous. Vous avez su unir, aimer les autres. Merci pour tous ces bienfaits.

Je sais la douleur immense de toute votre famille, vos proches, collaborateurs. Le chagrin de toutes ces patientes que vous suiviez, toujours avec la même rigueur et passion professionnelle au dispensaire de Teyarette, dans votre cabinet et dans la vie de tous les jours.

Votre mémoire doit être perpétuée

« Sira vem (Sira est là ? » Voilà la question devenue un refrain pour toutes ces personnes. Ces patients qui ne souhaitaient qu’être suivi par vous, la maman, la sœur, la sage femme d’exception. J’ai été très émue, il y a quelque mois, d’apprendre que vous avez été une des femmes d’exception 2020 de cette prestigieuse initiative louable de la jeune Chambre de commerce. Une distinction méritée, pour une femme entrepreneure comme vous, qui faisiez un travail remarquable à l’ombre loin du buzz des réseaux sociaux. Vous avez contribué au bien être social sans tapage. Des générations de femmes vous dises infiniment merci pour le suivi, accompagnement et accouchement durant vos années d’exercice.

Je me suis murmurée plusieurs fois la volonté de faire un reportage vidéo sur vous, sur ce parcours d’exception d’une brave sage femme qui a servi avec classe et efficacité son pays. Vos qualités de professionnelle doivent être promues et enseignées en votre mémoire, car vous avez contribué au bien être des femmes et des enfants en Mauritanie.

Mes condoléances les plus attristées à votre famille.


Vie associative : le changement doit venir des jeunes

Pourquoi s’engager ? Comment le faire ? Pour qui le faire ? Autant de questions qui nous traversent l’esprit au moment de dire oui à la vie associative. Cette expérience de volontariat, qui nous met au service de noble mission humanitaire, est un tremplin vers la vie associative.

Contrairement à mes années d’études à la facultés de lettre de l’université de Nouakchott, maintenant, je vois des jeunes qui s’activent de plus en plus dans la vie associative. Une occasion d’apprentissage et d’expression citoyenne, et non une perte de temps comme on le pensait à une époque.

Les atouts de la vie associative

Ils sont de plus en plus nombreux, ces jeunes volontaires qui ont pris l’engagement de donner un peu de leur temps aux services de causes sociales afin de servir les autres. Les jeunes prennent conscience qu’une « seule main ne peut pas applaudir », comme on le dit en bambara car chaque geste, chaque voix compte. Le jeune découvre son devoir citoyen, il sait désormais que l’Etat à lui seul ne peut pas tout faire. Il découvre que les populations peuvent déclencher des pistes de solutions face aux besoins de la cité. Il découvre la polyvalence, un atout pour sa vie active.

Pour moi, la vie associative forge des rêves et constitue un moyen d’engagement social précoce, un acquis vers la vie active. Ce sont des gestes simples, parfois moins coûteux, qui nous permettent d’offrir et de porter de larges sourires aux gens. Un leitmotive de la jeune association Bella, qui s’active depuis deux ans pour répondre à des besoins vitaux sur le plan de la santé, l’éducation, le social… Bref, le bien-être en Mauritanie. Récemment, cette association a tenu une rencontre d’information sur l’importance de la vie associative, avec des ténors de la vie associative et du développement personnel comme « coach national des jeunes » Patrick Elis, Khally Diallo , Sidi Bollé.

L’engagement associatif pour forger son futur

C’est dans la fleur de l’âge que des rêves les plus originaux, les plus fous prennent racines. Le goût de l’action peut se transmettre à un âge où le jeune lance ses premières armes de construction sociale. En s’engageant sur le terrain, on se fait des amis, on regarde de près les réalités du quotidien.

C’est le don de soi. Pour inscrire son nom dans l’histoire collective, chaque brique compte dans la construction de l’édifice. Comme on dit chez moi, une seule main ne peut pas applaudir. La vie associative favorise le développement personnel, qui est aussi un tremplin vers l’épanouissement collectif.

Les nouveaux adhérents ne doivent pas être des spectateurs au sein de l’association

Les nouveaux membres qui s’engagent dans la vie associative ne doivent pas être des suiveurs, des faiseurs de roi. Ils doivent être des innovateurs, des constructeurs de changement. Ils doivent apporter du sang neuf dans la gouvernance de l’association, au plan interne et externe. Ils doivent proposer de nouvelles gestions et rompre parfois avec le monopole du pouvoir du président de l’association. On s’associe pour qu’une équipe fusionne ses idées, son savoir-faire et savoir-être pour que chacun contribue à donner vie à cette synergie associative porteuse de changement. Même si vous êtes nouveau, votre voix compte.


Aliya Abbas, pionnière du journalisme mobile en Mauritanie

En Mauritanie, Aliya Abbas, une jeune journaliste mobile, et militante pour la cause des femmes mauritaniennes, œuvre pour le développement de ce format journalistique dans son pays.

Le smartphone n’a aucun secret pour elle. Elle, c’est Aliya Abass une jeune polyglotte, journaliste mobile (MOJO), mais aussi une jeune militante de la cause des femmes de son pays.

Aliya Abbas a fait ses débuts dans plusieurs télévisions avant de prendre part à la révolution du journalisme mobile(MOJO), menée en Mauritanie par la plateforme Slice up à l’époque, devenue aujourd’hui FRAME. Désormais, elle vole de ses propres ailes en contribuant à l’ancrage du MOJO pour les plus jeunes, à travers des projets dans son domaine de prédilection.

Son expérience journalistique l’amènera vers l’entreprenariat dans ce secteur, en pleine difficultés. Face à ce constat, Aliya Abbas a trouvé une alternative à travers le journalisme mobile dans un monde où l’image est de plus en plus une source de revenus. A travers ses projets de formations au MOJO, cette activiste contribue à la création numérique et à la création d’emplois.

Sa casquette de militante

Très sollicitée comme formatrice en journalisme mobile, Aliya Abbas s’investit également dans le militantisme à travers une implication dans la vie associative. Elle est militante de plusieurs plateformes dont le collectif Voix des femmes et l’association Africtiviste, dont elle est une des organisatrices en Mauritanie.

Il faut une union sacrée des femmes

« J’ai mal quand une femme critique une autre derrière son dos, alors que le linge sale doit se laver en famille« , dit-elle. Aliya Abbas estime que les femmes doivent mettre de côté leurs querelles personnelles, parfois futiles, pour s’attaquer aux maux si nombreux qui les freinent. « Comment voulez vous que les hommes nous prennent au sérieux si entre nous, on fait preuve de désunion autour de l’essentiel?« , s’interroge t-elle, en appelant au sursaut pour dépasser les clivages des femmes.

Tout comme de nombreuses mauritaniennes, elle déploie toute son énergie à travers des campagnes de sensibilisation, notamment en langue nationale pour le vote de la loi tant réclamée sur les violences faites aux filles et femmes en Mauritanie. Un défi des mauritanienne dans une république islamique à l’heure des réseaux sociaux.


Mali: décès de l’ancien président ATT

C’est sur les ondes de RFI que j’ai appris ce matin le rappel à dieu de notre ancien président Amadou Toumani Touré( ATT) surnommé « le soldat de la démocratie » pour son rôle joué dans l’avènement démocratique de 1991. Le natif de la Venise malienne « Mopti » est décédé lors d’un séjour dans la capitale turque où il s’était rendu samedi dernier, pour des soins médicaux à la suite d’une opération du cœur au Mali.

Un homme profondément attaché à son pays

ATT, en plus d’avoir été un artisan de la démocratie, pour moi, incarnait un profond attachement à sa culture, généralement habité en grand boubou made in Mali .Un champion de la démocratie dont le parcours est salué à travers différents témoignages via les réseaux sociaux depuis l’annonce de son décès loin de son pays, le Mali qu’il a tant chéri.

Sa gouvernance a été marquée de progrès et d’échecs comme toute œuvre humaine. Pour ma part, j’ai été profondément touchée par son sens de l’humilité , son extrême volonté de consensus qui a été sans doute sa grande faiblesse et son attachement à la quête de la paix.

Dors en paix! ATT