Traoré Awa

Hommage à Sirandou Keita Coulibali, mon ancienne prof de littérature à l’Université de Nouakchott

Appelée par ses intimes Aida keita, de son vrai nom, Sirandou Mme Coulibali dont j’ai l’immense honneur de dédier ces lignes en ce jour, fut mon prof de littéraire. Durant son cursus à l’Université de Nouakchott, elle a été major de sa promo. Une femme d’exception , un trait d’union entre tradition et modernité, dans le sens, où elle puise ses valeurs dans nos traditions, et de sa soif d’autonomisation des femmes dans un contexte mondialisé.

Prof de littérature africaine et une des rares spécialistes de tradition orale africaine, c’est à l’Université de Mauritanie, que j’ai eu la chance de croiser cette brave dame. J’ai été bercée par sa passion, son engagement, la pédagogie de cette dame de fer qui a toujours liée défis de réussite familiale et professionnelle.

Je me rappelle qu’elle ne ratait jamais aucun de ses cours , elle était toujours à l’heure. Durant des années, elle a enseigné la littérature africaine, et surtout la tradition orale soninké dont elle seule à l’art de conter à ses élevés, et auditoires. Une façon de nous plonger dans l’histoire de la Mauritanie, « un pays multiculturel, multiethnique » commente-t-elle.

Elle a eu la chance d’avoir une famille formidable, des proches qui s’occupaient de ses enfants lors qu’elle partait travailler. Elle doit son parcours de battante d’avoir a eu la chance aussi d’être mariée à : « un mari qui a compris que faire des études est extrêmement importante et qui a accepté et m’accompagner » confie-t-elle à son ancienne étudiante , une de ses admiratrices.

Titulaire d’un Bac, d’une maitrise à l’Université de Nouakchott, et d’une thèse de doctorat en tradition orale africaine, à l’Université de Dakar, « les études lui ont souri » se souvient cette enseignante dans l’âme à la retraite depuis plusieurs années. Pour, elle, il faut connaitre le passé pour bâtir le présent. Ainsi, notre histoire est notre identité, notre patrimoine nous rappelle-t-elle. Pour que « la Mauritanie se développe, il faudrait l’apport de tous les groupements ethniques, main dans la main, pour qu’un jour, nous sortons du cliché que nous nous donnons les uns, les autres » dit- elle.

Soutenu dans ses travaux de recherche par l’ancien Président Alpha Oumar Konaré, historien de profession dont elle salue l’apport, Sirandou, cette Keita, de père et de mère, qui rêvait de devenir prof d’histoire & géo, est devenue une spécialiste de la tradition oral.Une passion née d’une volonté de faire connaitre cette discipline méconnue lors de son cursus à l’Université de Dakar à l’époque.

Elle connait entre autre l’histoire de Wagadou Bida du bout des doigts. Sirandou Keita Coulibali au sommet de son expérience, demeure une bibliothèque dont les jeunes mauritaniens doivent découvrir absolument. Elle est une source inépuisable, un baobab qui nous berce de culture: notre passport.


Lutte contre Covid19 : don de la Mauritanie aux communautés maliennes et sénégalaises

Un geste qui symbolise sans doute le symbole de l’Union africaine face à un défi inédit comme la pandémie de Corona virus. Malgré que la Mauritanie soit engagée dans la difficile bataille lutte contre le Covid 19, le pays a récemment offert 200 kits alimentaires à l’endroit de la communauté malienne & sénégalaise. Un don solidaire offert à ces communautés par la Direction Générale à la Solidarité Nationale et à la lutte contre l’Exclusion(TAAZOUR), en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation et le Commissariat à la Sécurité Alimentaire .

Un geste très fort qui permettra d’apaiser le quotidien de nombreuses familles de ces communautés en ces temps où les activités économiques sont aux arrêts ou en ralenti .Une exigence de respect mise en place afin de contribuer efficacement au respect des mesures de barrières utiles à la prévention ou réduction de la pandémie mondiale qui marquera à jamais l’année 2020.

Une action symbolique d’une union sacrée face à ces urgences sanitaires comme le Covid19.Un acte fort qui doit être perpétué partout en Afrique afin de donner à l’Union Africaine son véritable sens d’entre aide et de mutualisation des efforts face aux enjeux du moment.


Mauritanie : Reines d’Afrique interview Bakari Guèye, journaliste et blogueur

Rencontre aujourd’hui , avec le confrère Bakari Guèye journaliste mauritanien très engagé. Un passionné, dont la plume fait partie des premiers journalistes qui ont animé les colonnes de la presse mauritanienne indépendante à sa naissance au début des années 1991/1992.

Il fait partie de ceux qui ont fait la gloire de cette presse. B. Guèye a travaillé de 1992 à nos jours dans plusieurs journaux de la place et il fut Rédacteur en chef de certains d’entre eux dont le célèbre quotidien Nouakchott Info dont il fait partie de l’équipe qui l’a lancé en juin 2003. Ce fut le premier quotidien du pays et le premier journal mis en ligne sur internet.

Bakari Guèye est par ailleurs Correspondant de presse international. Il a collaboré avec plusieurs agences internationales dont « Magharébia » (Etats Unis d’Amérique) et Euroasia (Roumanie). Il est actuellement le correspondant en Mauritanie du magazine Lakoom Info (France). Grand éditorialiste du site web mauritanien « Initiatives News », Mr Guèye intervient régulièrement dans les forums internationaux en qualité de panéliste et est parfois accrédité par des instances sous régionales et onusiennes pour la couverture de rencontres de haut niveau, au niveau international. Bakari Guèye est également actif dans le bloging. Il est membre depuis 2014 de la célèbre plate-forme de RFI, Mondoblog.

Blog Reines d’Afrique : Parlez-nous de votre parcours ?

Merci Awa de m’avoir donné l’occasion de parler de mon parcours de journaliste et de blogueur. Ça fait bientôt trente ans que je suis dans la presse. J’ai été très tôt piqué par le virus de l’écriture et comme vous le savez bien, pour être journaliste, il faut impérativement maîtriser les méandres de l’écriture. Mon parcours aura été celui de tous les journalistes mauritaniens qui, avec l’avènement de la démocratie et de la liberté d’expression et de presse ont été mis devant le fait accompli et ont été contraint de prendre le train en marche et d’apprendre sur le tas les B.A.BA du métier de journaliste.

C’est ce qu’on appelle dans le jargon populaire, le journalisme sac à dos. Ainsi, le contexte et l’enthousiasme aidant, j’ai pu intégrer en 1992 la rédaction du journal « Mauritanie Demain », l’un des rares journaux de l’époque et par ailleurs le premier journal libre du pays. Après cette première expérience, j’ai continué mon bonhomme de chemin et j’ai collaboré avec plusieurs autres journaux dont Al Bayane de feu Habib Oud Mahfoud et de mon ami et doyen Mohamed Vall Ould Oumère.

Je me rappelle aussi les journaux le Temps, Mauritanie Hebdo, Nouakchott Info, le Méhariste, la Tribune…J’ai été rédacteur en chef de Nouakchott Info, de Ich’har et du Divan. J’ai également dirigé le Desk Economie du site d’annonces Beta. Actuellement, je suis éditorialiste pour le site d’information « Initiatives News » et Correspondant en Mauritanie du magazine français « Lakoom Info. » Et je suis également blogueur sur la plate-forme Mondoblog. –

Blog Reines d’Afrique : A quand remonte votre déclic de devenir journaliste ?

Comme je vous l’ai déjà dit je suis un féru d’écriture. C’est un plaisir pour moi que d’écrire. Cela s’explique sans doute par ma formation littéraire et ma proximité avec les livres. J’ai beaucoup lu et je ne vous apprends rien quand je vous dis que pour pouvoir écrire, et surtout bien écrire, il faut avoir beaucoup lu. Maintenant pour revenir au déclic, il s’explique par un concours de circonstances.

D’abord le règne d’un régime d’exception en Mauritanie, dans les années 1990 et l’ouverture démocratique subite décrétée par la France, avec le fameux discours de Mittérand à la Baule. En Mauritanie, la libéralisation de la presse s’est suivie d’une libération de la parole et tous les intellectuels en avaient profité pour cracher tout le mal qu’ils pensaient de la gestion du pays et des affres de la mal gouvernance.

J’étais en ce moment précis un jeune diplômé frais émoulu, sorti fraîchement de la Fac de lettres et bardé de belles idées à revendre. Voilà comment j’ai commencé à pisser des articles au vitriol, que le directeur de « Mauritanie Demain », Mr Beyrouk avait bien l’amabilité de publier dans la rubrique « Courrier » de son journal. –

Blog Reines d’Afrique : Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts ?

 Des débuts exaltants, je me rappelle bien. Mes articles faisaient déjà parler d’eux et autour de moi, on me qualifiait déjà de « journaliste », ce qui n’était pas sans me gonfler à fond. J’écrivais à intervalles réguliers et apparemment mes articles suscitaient l’admiration de Mr Beyrouk, qui m’intégra officiellement au comité de Rédaction et promis de payer mes services, une promesse restée lettre morte.

Mais à l’époque, malgré le fait que j’étais encore au chômage, l’argent ne m’intéressait guère et j’étais si enthousiaste de rédiger mes pamphlets contre le pouvoir en place, que cela me suffisait largement. Je sentais que je faisais œuvre utile et que j’étais la voix des sans voix.

Blog Reines d’Afrique : Quels sont les étapes fortes de ce parcours de journaliste ?

Les étapes, je les ai déjà évoquées plus haut. J’ai commencé en 1992 comme rédacteur à Mauritanie Demain. Ensuite j’ai intégré « Mauritanie Hebdo », un journal dirigé par Nassirou Athié. J’ai ensuite travaillé dans plusieurs autres journaux dont j’ai cité certains, avec des responsabilités diverses. Et durant mon parcours j’ai bénéficié de plusieurs formations dans le domaine du journalisme dont un stage en France au CFPJ de Paris en 2011, dans le domaine du traitement de l’information.

Blog Reines d’Afrique : Qu’est ce qui a changé de vos débuts à maintenant dans l’exercice de la presse ?

Beaucoup de choses ont changé. La première génération de journalistes, celle à laquelle j’ai appartenu se distinguait par son sérieux et sa compétence. On trouvait parmi elle des têtes bien pleines et bien faîtes. On croyait à ce qu’on faisait ; et malgré le contexte difficile et le manque de moyens, il y avait toujours un travail de qualité. Les journalistes étaient bien vus et respectés. Cette donne a fondamentalement changé aujourd’hui. Malgré les moyens et l’essor technologique, la génération actuelle se distingue par sa médiocrité, une absence effarante de savoir-faire et une dégradation morale inquiétante. Conséquence : une presse au rabais, sans aucun repère, gangrénée par l’affairisme et l’incompétence. –

Blog Reines d’Afrique : Comment se porte la presse mauritanienne selon vous ?

Très mal. Aujourd’hui rien ne va. Les institutions de presse sont à genoux, la presse privée je veux dire et les journalistes sont abandonnés à eux-mêmes. Aujourd’hui, on ne sait pas qui est journaliste et qui ne l’ai pas. Le secteur est dans un état de décrépitude avancé et il va falloir que l’Etat réagisse pour remettre de l’ordre. –

Blog Reines d’Afrique : Comment parvenez-vous à lier votre profil de journaliste et blogueur ?

 Ça va de pair de mon point de vue. Journaliste et blogueur se complètent. Le bloging entre dans le cadre de ce qu’on appelle aujourd’hui le journalisme citoyen. Et quant on est journaliste, on est forcément un bon blogueur. –

Blog Reines d’Afrique : Comment faites-vous pour concilier journaliste et blogging ?

C’est facile quand on a assimilé les grands principes du journalisme. Il s’agira tout juste de ne pas faire un mélange de genres.

Blog Reines d’Afrique : Quelle est votre vision pour la percée de la presse Mauritanienne ?

 De mon point de vue, la presse mauritanienne a tout ce qu’il faut pour réussir et se professionnaliser. Mais faudrait-il qu’il y ait une volonté politique et que l’Etat intervienne pour mettre fin aux razzias et autres guerres de chapelle qui minent cette presse que les faux journalistes considèrent comme un simple butin de guerre qu’il convient tout juste de partager.

Blog Reines d’Afrique : Quels messages livrez –vous aux jeunes journalistes ?

De travailler sérieusement, d’être patients et persévérants. Il faut éviter d’emboîter le pas à certains aînés qui ont clochardisé la presse en la déviant de sa noble mission. En tant que jeunes journalistes, je vous invite à suivre les pas des pionniers en servant la presse avec désintéressement et non en se servant d’elle comme le font certaines brebis galeuses. Le succès est toujours au bout de l’effort et comme le dit le proverbe, quand on veut, on peut.

Blog Reines d’Afrique : Quel est l’impact du Covid 19 sur votre travail ?

Comme vous le savez, cette crise sanitaire a provoqué un dérèglement général et a chamboulé toutes nos habitudes. Mais on s’est habitué à la situation et on arrive à travailler en respectant bien sûr les précautions d’usage.


Mali : crise à Kayes suite à une bavure policière

Un acte de violence ignoble, de bavure qui secoue Kayes, la première région du Mali. Il faut que ce type de crime, de bavure cesse. Un policier, n’est pas au dessus de la loi, il faut que nos hommes de tenues cessent parfois d’user de la force pour résoudre une situation.

Il faut toujours une approche, humaine, communicationnelle, citoyenne pour faire face aux situations, sinon la violence engendra toujours la violence.

Dans un tel contexte de défis multidimensionnels auquel le Mali fait face, je crois qu’on n’avait pas besoin d’une telle bavure qui est d’ajouter la colère à colère, d’injustice à l’injustice, de révolte à révolte.

Il faut sans doute une éducation aux droits humains dans la formation de nos hommes de tenues afin qu’ils évoluent avec cette norme durant leur parcours professionnel. Une façon de lutter contre la banalisation de la vie d’autrui parce qu’on porte une tenue.


Covid19: la vie reprends doucement son rythme en Mauritanie

Même si le respect des mesures d’hygiène et de distanciation sociale restent en vigueur, la Mauritanie autorise désormais,l’allègement du couvre feu, la réouverture des marchés, des restaurants, la reprise des prières de vendredi.

Des nouvelles accueillies depuis quelques jours avec des oufs de soulagement, où les uns et les autres reprennent leur business dans un contexte de mois de ramadan de forte consommation pour les fidèles.

Des citoyens reprennent retrouvent le sourire après plus d’un mois de confinement sanitaire. Désormais une course contre la montre pour régler des loyers et couvrir des charges en instance à la suite de la fermeture des marchés, restaurants etc…

Un soulagement pour des restauratrices qui reprennent à pas de tortue désormais du service au rythme de la distanciation sociale imposé par le Covid19. Un virus dont le nombre de cas s’élève actuellement en Mauritanie à 16 cas selon les autorités.