Hommage à Sirandou Keita Coulibali, mon ancienne prof de littérature à l’Université de Nouakchott

Article : Hommage à Sirandou Keita Coulibali, mon ancienne prof de littérature à l’Université de Nouakchott
Étiquettes
24 juin 2020

Hommage à Sirandou Keita Coulibali, mon ancienne prof de littérature à l’Université de Nouakchott

Appelée par ses intimes Aida keita, de son vrai nom, Sirandou Mme Coulibali dont j’ai l’immense honneur de dédier ces lignes en ce jour, fut mon prof de littéraire. Durant son cursus à l’Université de Nouakchott, elle a été major de sa promo. Une femme d’exception , un trait d’union entre tradition et modernité, dans le sens, où elle puise ses valeurs dans nos traditions, et de sa soif d’autonomisation des femmes dans un contexte mondialisé.

Prof de littérature africaine et une des rares spécialistes de tradition orale africaine, c’est à l’Université de Mauritanie, que j’ai eu la chance de croiser cette brave dame. J’ai été bercée par sa passion, son engagement, la pédagogie de cette dame de fer qui a toujours liée défis de réussite familiale et professionnelle.

Je me rappelle qu’elle ne ratait jamais aucun de ses cours , elle était toujours à l’heure. Durant des années, elle a enseigné la littérature africaine, et surtout la tradition orale soninké dont elle seule à l’art de conter à ses élevés, et auditoires. Une façon de nous plonger dans l’histoire de la Mauritanie, « un pays multiculturel, multiethnique » commente-t-elle.

Elle a eu la chance d’avoir une famille formidable, des proches qui s’occupaient de ses enfants lors qu’elle partait travailler. Elle doit son parcours de battante d’avoir a eu la chance aussi d’être mariée à : « un mari qui a compris que faire des études est extrêmement importante et qui a accepté et m’accompagner » confie-t-elle à son ancienne étudiante , une de ses admiratrices.

Titulaire d’un Bac, d’une maitrise à l’Université de Nouakchott, et d’une thèse de doctorat en tradition orale africaine, à l’Université de Dakar, « les études lui ont souri » se souvient cette enseignante dans l’âme à la retraite depuis plusieurs années. Pour, elle, il faut connaitre le passé pour bâtir le présent. Ainsi, notre histoire est notre identité, notre patrimoine nous rappelle-t-elle. Pour que « la Mauritanie se développe, il faudrait l’apport de tous les groupements ethniques, main dans la main, pour qu’un jour, nous sortons du cliché que nous nous donnons les uns, les autres » dit- elle.

Soutenu dans ses travaux de recherche par l’ancien Président Alpha Oumar Konaré, historien de profession dont elle salue l’apport, Sirandou, cette Keita, de père et de mère, qui rêvait de devenir prof d’histoire & géo, est devenue une spécialiste de la tradition oral.Une passion née d’une volonté de faire connaitre cette discipline méconnue lors de son cursus à l’Université de Dakar à l’époque.

Elle connait entre autre l’histoire de Wagadou Bida du bout des doigts. Sirandou Keita Coulibali au sommet de son expérience, demeure une bibliothèque dont les jeunes mauritaniens doivent découvrir absolument. Elle est une source inépuisable, un baobab qui nous berce de culture: notre passport.

Partagez

Commentaires