Traoré Awa

Aucune présence ne peut remplacer celle d’une mère

Depuis quelques jours, je voulais partager une histoire qui me peine, celle de Fatimetou une petite fille de deux ans, dont la maman l’a laissé à Nouakchott (Basra) à ses grands parents par ce qu’elle ne vit plus avec son père. Par ce que s’occuper de cet enfant est un fardeau, un suivi qui exige du temps, de l’énergie et source de fatigue, voilà les raisons évoquées pour l’abandon cet ange à son sort, par sa maman.

S’occuper de son enfant est un don de Dieu

J’appelle ça abandon de poste. La présence d’un père avec qui nous sommes divorcé ne doit pas être un prétexte pour laisser son enfant à son sort. Par ce que pour moi tant qu’on n’est pas malade, tant qu’on n’est pas dans l’incapacité de s’occuper de son bébé physiquement, moralement, on doit le faire, car c’est un devoir de maman, de parent.

La chaleur d’une maman est unique

Comment peux -tu dormir en laisser ton bébé livré à son sort sans ta présence maternelle, unique, irremplaçable, nourricière? .Cette présence si convoitée par d’autres enfants qui n’ont pas eu la chance d’avoir une maman. C’est une position que je ne partage pas.Laisser son enfant est une violence., une fuite de ses responsabilités. Un bébé ne doit pas être l’otage de votre divorce.Il a droit à ta présence, à ton amour, à ta chaleur, ton rire, ta protection , ton éducation.

Une maman est une source épanouissement de son enfant

Quand tu lui prives de cela, vous manquez à un devoir sacré de parent. Lui couvrir d’une tendresse maternelle c’est contribuer à son épanouissement moral et rien ne peut remplacer cet amour maternel. Le divorce ne doit pas être un prétexte pour qu’on ne prenne pas soin de notre enfant, nous avons l’obligation de nous en occuper jusqu’à notre dernière force.


Mauritanie : sensibilisation pour lutter contre la discrimination des Albinos

C’est le challenge qu’a lancé l’Association mauritanienne d’appui et d’insertion (OMAIA), à l’occasion d’une semaine de mobilisation autour de l’Albinisme. Une semaine qu’elle vient d’organiser, pour œuvrer en faveur d’une meilleure connaissance de l’Albinisme, un état de santé et non une maladie. Cette structure lancée en 2012, présidé par Nejib Ould Dah entends faire quelque chose pour cette frange marginalisée en Mauritanie à cause de la discrimination. Cette association souhaite que les albinos se sentent comme des citoyens à part entière.

Des maux et des défis

Une précision donnée par les organisateurs de cette action qui souhaitent ainsi lutter contre la discrimination dont les albinos sont victimes malgré les année de lutte dans cette cause par les Albinos . Discrimination, prise en charge, accompagnement scolaire aux enfants, appui institutionnel, intégration dans les sphères de décision voilà les préoccupations exprimée lors d’une récente activité de plaidoyer dont les organisateurs entendent mettre l’accent sur une approche « droit » afin de contribuer à une meilleure intégration des personnes souffrant d’Albinisme. Un état qui se définit « une anomalie ainsi qu’une mutation génétique et héréditaire qui affecte la pigmentation et se caractérise par un déficit de production de mélanine » selon Wikipédia.

Déficit de statistique sur l’albinisme

 « Forts face à tout » c’est à travers ce slogan que s’est tenue la journée internationale de sensibilisation sur l’Albinisme en tenue en présence du Représentant de l’OMS en Mauritanie Dr Patrick Kaboré et de l’équipe de la Fondation dédiée à l’Albinos en Afrique président par Bamba Diop.

Les organiseurs de cette sensibilisation ont déploré l’absence de statistique adaptée permettant de quantifier l’état de l’Albinisme en Afrique.


L’artiste sénégalais Jeeba à Nouakchott pour la première fois

Le 12 juin dernier, j’ai eu la chance de voir le jeune artiste sénégalais Jeeba, une étoile montante de la musique du pays de la téranga qui espère développer des projets musicaux avec ses collègues mauritaniens.  Il était venu en Mauritanie pour une soirée de gala initié par El Habib Entertainment et Quality prod, , deux structures qui tentent d’explorer l’entreprenariat musical malgré ses nombreux défis dans la sous-région ouest africaine .

J’ai été fascinée par le talent artistique de Jeeba cet ambassadeur de la musique sénégalaise qui chante beaucoup l’amour et qui est jugé « humble » et à l’écoute de son entourage. Un jeune artiste dont la carrière prends son envol en 2017 et qui invite la jeunesse africaine à agir sans attendre l’état forcement.

Booster l’entreprenariat des jeunes

Un état d’esprit qui l’a amené à se lancer dans la musique sans attendre un ordre d’ailleurs et à produire ses œuvres. Une vision qu’il est venu partager avec son staff en Mauritanie dans le cadre de cet évènement qui place l’employabilité aussi des jeunes au cœur de ses challenge. En plus de la soirée, cet évènement aura permis d’offrir des opportunités d’emploi à des jeunes entrepreneurs déterminé à jouer leur partition dans la marche de la Mauritanie et de l’Afrique.


Handicap en Mauritanie : le rêve d’une vie meilleure pour Ishag et Kenny

Je vous partage un souvenir d’un de mes articles sur lequel je suis tombée à forcer de fouiller sur Google. Je ne sais plus ce que je cherchais, mais j’ai ressentie un grand bonheur en relisant ces portraits de personnes vivant avec un handicap. Ce travail m’a fait sillonner certains quartiers éloignés de Nouakchott, en quête de personne ressources. C’est à la suite d’une formation de la GIZ en Mauritanie, promouvant les droits humains, que j’ai été inspirée à concocter cet article qui m’a permis de rencontrer Ishag et Kenny, deux jeunes en croisade pour une vie meilleure, malgré leur handicap. Bonne lecture…

Le 19 novembre dernier, Ishag et Kenny, en situation de handicap, ont pris part à la marche de la fondation Okota, en collaboration avec une dizaine d’associations de Mauripost, vers la mosquée Ibn Abbas (Nouakchott). L’objectif de cette manifestation est de contribuer à l’autonomisation des personnes vivant avec un handicap en Mauritanie. Une occasion pour nous de découvrir les rêves de Ishag et Kenny, pour qui le handicap n’est pas un obstacle aux ambitions, malgré un quotidien difficile.

Ce samedi-là, Kenny Souré s’est absentée de chez elle à PK 8 (quartier périphérique de Nouakchott), pour prendre part pour la 1ère fois à une marche de soutien aux personnes vivant avec un handicap. Consciente qu’il faut désormais « s’engager pour réclamer ses droits », elle était au premier rang de ce cortège sous haute sécurité.

Dans le même convoi, Ishag Mouhamed, en boubou des grands jours, ingénieur en informatique, a vibré au rythme de cette action qui entend « apporter un soutien technico financier aux personnes en situation de handicap », sous l’impulsion de la société civile.

« Le handicap ne m’empêche pas d’avancer »

Ishag, commerçant, est aussi secrétaire général de l’Association des diplômés handicapés, et de l’Association Nadha et développement pour jeunes handicapés, fondée en 2007. Originaire d’Aïoun El Atrouss, ce jeune homme né en 1987 et handicapé moteur est titulaire d’un bac D obtenu en 2009.

Exclu à plusieurs reprises « à cause de mon handicap », malgré tout, il a étudié l’électricité au lycée commercial avant de poursuivre sa formation pour devenir ingénieur en informatique. Par la suite, il obtient un poste de surveillant au sein d’un programme du Commissariat aux Droits de l’Homme sur la pauvreté.

Fier de ce parcours, Ishag déclare ne jamais avoir « mendié pour vivre », au contraire. Pour lui, « le handicap ne m’empêche pas d’avancer ». Ishag, en fauteuil roulant, n’est pas né handicapé moteur. Tombé malade en 1993, ses parents l’amènent à l’hôpital où une infirmière lui fait une piqûre. Cette erreur médicale le conduit à ce fauteuil, dont il ne se sépare presque jamais. Pour autant, il dit ne pas s’alarmer à cause de son état qu’il oublie même, estimant qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie.

Son rêve, « travailler dans la fonction publique »

Ishag habite au PK 10, dans la commune de Ryad, à Nouakchott. Son rêve est de « travailler dans la fonction publique », une ambition qui lui permettra selon ses dires de « réaliser ses grands projets avant de se marier » et d’avoir une autonomie financière. L’Association Nadha et développement pour jeunes handicapés, lancée en 2007, où il est bénévole, offre des financements, des subventions, des cours en informatique, en couture, grillage…

Une soixantaine de bénéficiaires ont pu obtenir leur appui et se sont autonomisés en travaillant à l’école des sourds ou au développement des grillages de jardins et forêts. Le secrétaire général de l’Association des diplômés chômeurs se réjouit encore de l’adoption de la loi 043-2006, garantissant la protection et la promotion des droits des personnes handicapées vivant en Mauritanie. Au sein de cette association, qui compte une centaine de membres, Ishag et ses collègues se battent pour le droit d’obtenir des bourses aux handicapés et plaident pour l’application effective de cette loi. Cette loi, faut-t-il le rappeler, s’inspire de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la Mauritanie en 2012, et publié dans le journal officiel en 2014.

Si Ishag a pu s’instruire et militer pour ses droits, ce n’est pas le cas de Kenny, qui a dû arrêter l’école à cause d’un complexe lié à son handicap. Il lui a fallu des années pour accepter son état, mais sachant désormais qu’il faut s’engager pour réussir malgré le handicap, elle rêve de s’épanouir à travers une activité génératrice de revenu.

Kenny, la prise de conscience de l’engagement

Kenny Souré, 37 ans, originaire d’Aleg (Brakna), est devenue handicapée moteur à l’âge de trois ans, à la suite d’une forte fièvre. Comme pour témoigner de sa force d’autonomie, elle déclare : « J’ai refusé de porter des béquilles à la suite d’une bagarre avec ma sœur ». Avec ses béquilles, elle se sentait diminuée, d’où son refus de s’en débarrasser. « Sans regret, elle a refusé les béquilles, on a tout dit pour qu’elle les porte, en vain », confie sa mère Lala. Depuis, elle vaque à ses occupations, sans béquilles ni chaise roulante, comme pour mieux affirmer sa soif de mobilité, son degré d’indépendance.

En attendant de trouver un travail plus lucratif, elle coud des voiles. Elle souhaite contribuer financièrement à la gestion de sa famille, surtout que ses parents vieillissent. Celle qui avait honte de son handicap s’assume aujourd’hui et rêve de militer dans des associations, pour mieux faire valoir son savoir-faire et son droit à l’expression. Un engagement qui pourrait changer le quotidien de Kenny, une passionnée de couture qui rêve d’offrir le meilleur à sa fille adoptive Aicha en développant un commerce.

L’exécution effective du plan d’action de la commission multisectoriel, multi-partenarial de promotion et protection de personnes handicapées pourra faciliter les conditions de ces personnes en fonction du degré d’handicap. Ainsi, il est prévu, selon Tambo Camara, membre de la Fédération Mauritanienne des Associations Nationales de Personnes Handicapées : « la mise en place d’une carte de la personne handicapée », pour permettre l’accès aux soins de santé, la réduction des frais de transport et une assistance. D’après Tambo Camara qui se réjouit de l’ouverture de la fonction publique aux handicapés diplômés : « il y a un effort depuis 2012 pour aider les personnes en situation d’handicap ». Une nouvelle qui réconfortera sans doute l’ambition de Kenny et Ishag.

Cet article a été initialement publié sur le site de rimweb.com en 2016. Il a été réalisé à la suite d’une formation avancée sur les connaissances juridiques et éthiques, permettant d’assurer une meilleure couverture médiatique des droits humains. La production fait partie d’un lot de 20 reportages, qui ambitionnent de stimuler davantage le débat public sur les droits humains en Mauritanie.

Awa Seydou Traoré journaliste Forum Mauritanien Journalistes Droits Humains


Place à la dimension femmes au musée des humanités numériques en Mauritanie

Voilà le titre d’un ambitieux projet de lutte contre les violences faites aux femmes en Mauritanie. Une nouvelle approche pour mieux contrer les stéréotypes genre pour promouvoir une société plus égalitaire. Ce projet de plaidoyer d’inclusion et d’appropriation est le fruit d’une « passion commune pour les droits humains » selon les porteurs de ce cette activité qui ont organisé une conférence de presse le 7 juin dernier.

Une synergie collective pour contrer les constructions sociales autour du genre

La dimension femme au musée des humanités numériques est le nouveau projet co porté par la très dynamique Femme Vecteur RED, qui permet de parler de résilience, d’épanouissement pour le développement (RED).

Durant un mois autour de ce projet de Nouakchott music Action mis en place grâce à l’appui technique de l’Institut français de Mauritanie (IFM), il sera question de booster l’émancipation de la femme et le renforcement de ses droits dans la très république islamique de Mauritanie (RIM) .

Donner du sens à la communication sociale à impact

Dans ce musée des humanités numériques, se fera une sensibilisation sur le projet de loi sur les violences faites aux femmes, filles, dont les mauritaniens espèrent le vote immédiat pour freiner l’insécurité à Nouakchott. Au total, 16 participants seront formés sur la créativité et son impact, outillés à une communication sociale à impact grâce à l’éloquence captive du prof Abdoulaye Doro Sow.

Ce projet inclusif où se fera une fusion de plusieurs genres artistiques ( chanson, peinture, théâtre, art urbains, photographie) sera marqué une restitution et exposition des travaux de cette dimension femme au musée des humanités numériques le 8 juillet prochain à l’IFM.