Traoré Awa

La Mauritanie à la 10e Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO)

Cette rencontre semi-virtuelle coorganisée par l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou et le Burkina Faso a débuté le 13 décembre dernier par la traditionnelle journée des jeunes.

Ces derniers représentent 60% de la population des neuf pays qui composent ce mouvement prônant l’accès aux services de santé garantissant par exemple, un meilleur espacement des naissances. Ou encore, la planification familial, pour le bien-être familial et communautaire. L’espacement des naissances s’impose, selon les spécialistes, comme un facteur important de réduction de la mortalité maternelle, néo-natale, ainsi que pour une autonomisation des femmes.

La forte participation des jeunes

La Mauritanie, dont le taux de contraception est estimé à 13 % actuellement, est un des neuf pays de ce partenariat lancé en 2011. La participation de la Mauritanie à cette réunion annuelle (RAPO) a été « très remarquable avec une mobilisation importante des jeunes » a confié Aliou Diop, point focal de la Société civile, RAPO 2021. Il a également salué la poursuite des efforts pour l’accès à la santé malgré la crise sanitaire mondiale et a rappelé : « cette dixième édition célèbre nos progrès. Nous avons appris de nos stratégies et de l’implication des différents acteurs ».

Au travers d’une cinquantaine de participants, la participation mauritanienne a été marquée par une restitution de la rencontre d’Abidjan dédiée aux jeunes, tenue il y a quelques mois et qui mettait l’accent sur les normes sociales et l’implication accrue des jeunes dans la santé reproductive et la planification familiale (PF).

Restitution du dialogue régional des jeunes du PO

Une participation des jeunes marquée par une causerie éducative des organisations et jeunes, une sensibilisation sur les normes sociales et une élaboration en cours d’un plan d’action 2022. Dans ce sens, la présidente du Réseau des jeunes Ambassadeurs pour la Santé Reproductive et PF (Mauritanie) Hawa Ba a plaidé pour « un grand accompagnement du gouvernement, les partenaires techniques et financiers, la société civile pour atteindre nos objectifs ». Les efforts de la Mauritanie au travers, notamment, de l’accès gratuit aux services de la planification familiale, dans les structures sanitaires ont été salués durant cette RAPO, où un focus a été mis sur les financements domestiques.

Une table ronde « Foi , jeunes et santé sexuelle et reproductive« 

Cette rencontre a été également marquée par la tenue d’une table ronde portant sur le thème « Foi et accès des adolescents et des jeunes à la santé sexuelle et reproductive en Mauritanie animé Imam Sarr, Hawa Ba Présidente du Réseau des jeunes Ambassadeurs pour la Santé Reproductive et PF (Mauritanie), et Haoussa Ndiaye, Responsable centre de santé de l’Association des Gestionnaires pour la santé(AGD).

Pour rappel, le partenariat de Ouagadougou en dix ans d’action dans ses neuf pays a enregistré 19 700 000 grosses non désirées évitées, 7 000 000 avortements à risque évités, et 66 000 décès néonataux évités. Le PO compte atteindre «13 millions d’utilisatrices d’ici 2030 dans ses pays membres ».


Mauritanie: la mutuelle des femmes de la diaspora congolaise ( Brazaville) outillée sur l’entreprenariat feminin

Le 5 décembre dernier l’hôtel Sunset , a abrité la tenue d’un séminaire sur l’entreprenariat féminin dispensé par le coach Patrick Elis, expert en développement personnel et en entreprenariat.

Cette rencontre est une occasion de promouvoir le concept d’éducation financière .Une façon d’outiller ces entrepreneures en herbe à mieux propulser leur business. Comment mieux vendre, comment faire la différence sur le marché, comment être attractif à court et long terme, comment résister à la concurrence, comment élaborer un business plan, comment éviter une faillite , comment pérenniser son business? voilà des questions dont se posaient les membres de cette mutuelle des femmes de la diaspora congolaise en Mauritanie.

Le profit de l’éducation financière

Des questions adressées au coach du jour par , Sabine et ses consœurs, des dames qui entendent « se faire valoir » en volant de leurs propres ailes. Elles entendent « briser les frontières entre nous et notre pays d’accueil » pour mieux s’intégrer promet Cecilia Nkouka, Présidente de la mutuelle des femmes de la diaspora congolaise ( Brazaville) en Mauritanie. Durant un an, à travers de telle session, ces femmes vont confronter la théorie à la pratique à travers leur propre expérience afin de booster leur commerce au profit d’un épanouissement personnel et collectif.

« Ce séminaire a été largement bénéfique pour nous les femmes de la diaspora, et plus particulièrement pour moi même .Jusque là, nous vivions comme en ermitage, c’est à dire que dans la plus part des cas, nous étions dans nos coins à regarder la télévision et attendre que le mari qui se trouve à l’extérieur puisse envoyer l’argent . Nous recevions parfois jusqu’à 300 000 par mois pour les dépenses courantes . Et on ne souciait pas de grand chose . Chacune ouvrait devant chez elle un petit commerce, juste pour la forme puisque nous n’avions pas de réelles ambitions de bâtir de vrais projets d’entrepreneuriat et à se construire une certainement autonomie financière pour réduire la dépendance vis à vis du mari.  L’éclatement de la crise du covid nous a révélé combien nous étions vulnérables puisque beaucoup d’entre nous se sont retrouvés sans le sous et en situation d’isolement, avait confié une bénéficiaire de ce séminaire .

Un outil d’autonomisation

Une façon d’insister sur l’enjeu de l’entreprenariat féminin comme une perspective d’avenir local au pays d’accueil. Dans la même lancée, une autre participante témoigne sur les atouts de l’indépendance financière pour ces migrantes: « Aujourd’hui, nous comprenons de plus en pus la nécessité d’améliorer notre rapport à l’argent, de mettre un terme aux mauvaises habitudes de consommation, d’élaborer des projets , de définir des plans d’investissement, de privilégier des dépenses  qui prennent de la valeur avec le temps, comme acheter des terrains plutôt que des accessoires de mode qui perdre très vite leur valeur« .

D’après Patrick le séminaire a apporté « un déclic chez les femmes de la diaspora, un changement de paradigme, leur narratif n’est plus le même qu’avant . Jusque là, elles avaient tendance à se positionner comme des victimes et à se morfondre de leur situation . Aujourd’hui, elles réalisent qu’elles gagneraient plus rassembler leurs efforts et aller de l’avant » .

Un exemple à dupliquer

L’entreprenariat est une contribution à l’autonomisation notamment des femmes voilà une des idées maitresses de cette rencontre qui vise à sortir ces bénéficiaires de la monotonie du quotidien pour une prospérité de leur business, une source de revenu qui permet de se prendre en charge et de mieux répondre aux besoins des charges quotidienne.

Un projet entreprenariat selon Patrcik Elis est « une solution à un besoin exprimé destiné à un public bien déterminé à court ou long terme, il doit être innovant, réalisable et impactant ». Voilà des créatrices de richesses inspiré par Patrick, au profit des femmes de cette mutuelle qui entendent booster leur business au profit d’une démarche rentable, innovante, de profit et de satisfaction de la clientèle.

Une mutuelle dont le lancement officiel est prévu le 27 mars prochain . Cette action contribuera sans doute à l’autonomisation de ces migrantes et à la création d’emplois en Mauritanie, un pays pour qui elles ont eu un coup de foudre et où elles comptent investir au nom du donner et du recevoir.


Mauritanie : La jeune artiste Khoudia participera aux Journées Musicales de Carthage du 18 au 23 décembre prochain

A 19 ans, passionnée de musique dès son enfance, Khoudia Diop est une jeune étoile de la scène musicale mauritanienne. Lauréate mauritanienne pour le concours de chant Sen p’tit Gallé en 2013, année de sa première victoire artistique, une porte qui lui ouvre de nombreuses opportunités comme celles de devenir Ambassadrice de l’UNICEF Mauritanie. Elle cumule étude et musique jusqu’à présent, avec l’assistance précieuse de son père qui veille à sa professionnalisation. Khoudia fait partie des 60 présélectionnés (Découvertes Prix RFI) 2021.

Focus sur une jeune déterminée

Malgré la réticence de certains de son entourage au départ, elle a écouté son intuition, et a poursuivi cette voie jusqu’à représenter son pays à la prestigieuse compétition dédiée aux jeunes talent musicaux au Sénégal depuis 2013.

A travers la musique, elle illustre son engagement pour la protection des enfants à travers l’UNICEF Mauritanie et la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes.

Le 25 novembre dernier lors de la journée mondiale de l’enfance, au palais des congres de Nouakchott, elle fit une prestation remarquée en présence de nombreuses personnalités dont les champions de la protection des enfants 2021, nominés par UNICEF & MASEF (Ministère des Affaires sociales et de la famille).

Khoudia programmée aux JMC et MASA

Après ces JMC, la jeune Khoudia, native de Rosso, la capitale du Trarza, sera au Sénégal en concert, puis au MASA (Marché des Arts et du Spectacle d’Abidjan ) en 2022 .

Du 18 au 23 décembre prochain, elle participera aux journées musicales de Carthage (JMC) en Tunisie. Depuis quelques mois, elle participe aux répétitions de son groupe de musiciens professionnels pour les préparatifs de ce rendez-vous musical sous régional.

La musique est une force d’expression, qui permet à Khoudia de défendre les causes qui lui sont chères, comme l’éducation, le droit à la protection. Elle se hisse sur cette lancée à travers le précieux apport de son père qui est son mentor, la pièce maîtresse qui contribue au coaching de cette jeune étoile.


Focus sur la 3e édition du Women Independence Festival (WIF)

La Mauritanie vient de vibrer au rythme de la 3e édition de ce festival qui prône l’indépendance des femmes comme une contribution au développement. Cet évènement organisé par Zaza production, a connu sa 3e édition début novembre au parc de l’OMV (en face du conseil régional de Nouakchott).

Au programme cette année, des panels thématiques sur le leadership féminin, l’entreprenariat, L’importance du réseautage et la transmission de savoir-faire, l’autonomisation des femmes, le dialogue intergénérationnel, la cohabitation sociale, et un concert 100% féminin qui s’est tenu le 15 novembre.

Nous nous sommes entretenus avec la coordinatrice de ce festival Hawa Ba, qui est revenue sur l’importance de cette rencontre destinée à booster la participation des femmes aux efforts de développement. Le WIF donne la parole aux femmes, à travers son légendaire concert entièrement féminin qui a réuni sur une scène magistrale Awa Maiga (Maiga), Binta, Zeyna, Fama Mbaye, la diva Coumba Salla et la slameuse Thiolito. Le festival a marqué le grand retour sur scène de Zeyna, une des figures marquantes du rap mauritanien.

Le WIF est une contribution à la promotion du leadership féminin en Mauritanie, un évènement dirigé par des femmes qui montre le savoir-faire de la gente féminine dynamique qui participent à l’éveil citoyen et au développement du pays. Malgré les contraintes sociales, les défis liés à la lutte contre les violences faites aux femmes , la mauritanienne est plus que jamais debout pour faire entendre sa voix, pour montrer la voie à travers un cheminement de leader au service de ces concitoyens.


Mauritanie : Cheikh Ahmed Tijani Tall, un champion de la protection des enfants

Ama Tall pour ses intimes, de son vrai nom Cheikh Ahmed Tijani Tall, est né en 1992, à El mina, sa commune où il a installé la base de l’Association pour la protection de l’enfance de la femme et de l’action social (APEFAS) dont il est le fondateur et président.

Ayant quitté l’école dès l’âge de deux ans, au profit de l’école coranique, il a voyagé dès son jeune âge entre la Mauritanie et le Sénégal pour apprendre le coran, un vœu ardent de son défunt père, qui rêvait de le voir devenir un Thierno (Imam). Le décès de ce dernier en 2006, provoqua un profond choc au sein de la grande famille d’Ama Tall.

S’engager dans la vie associative pour les droits humains

Ancien enfant talibé (ndlr : jeune enfant venant de zone rurale apprenant le Coran), il avait connu une expérience douloureuse où il se rappelle aussi de la vie dure de ces apprentis élèves coraniques, maltraités, battus, victimes de violences physiques ou corporelles. Des tragédies de vie qui l’ont poussé à s’engager pour cette cause pour changer la donne.

Il rêvait de devenir footballeur professionnel, une passion qui l’amena dans un centre d’entraînement au pays de la Teranga (Sénégal). Ce dernier donnait une opportunité aux jeunes de se perfectionner par moment en Europe. N’ayant pas la chance de suivre une scolarité normale, il effectua, plus tard à Dakar, une formation de renforcement en audiovisuel. Auparavant, il suivit une formation initiale où il reçut une attestation de cameraman en Mauritanie, son pays. Des expériences de vie qui l’ont boosté à créer APEFAS en 2016, une association pour la protection de la femme et de l’enfance en Mauritanie.

Un parcours de combattant

« C’est par ces actions sociales, que j’ai pensé aider des gens à réussir dans leur vie pour qu’ils ne connaissent pas le même sort que moi : j’ai eu une enfance difficile », se souvient Ama Tall. Sont association a été beaucoup soutenu par de jeunes membres bénévoles, ou des proches pour offrir un sourire aux enfants ainsi qu’aux principaux bénéficiaires de ses actions. Il est passé par l’Alliance française pour améliorer son niveau. Ce sont des choses qui l’ont renforcé : il compte s’approprier d’autres langues afin d’élargir son horizon de perspectives.

« Le milieu associatif a changé ma vie, on a eu l’idée de faire des activités culturelles et sportives, des dons ou encore des cours d’alphabétisation. Feu Moulaye Cheigueir, un généreux activiste, a beaucoup vulgarisé nos actions, il fut un grand soutien envers qui je serai éternellement reconnaissant », témoigne le natif d’El Mina.

Un champion pour la protection des enfants

Ayant suivi une formation pour devenir ambassadeur des enfants, grâce à son expérience, il aide les jeunes souhaitant se lancer dans la vie associative. Il les assiste dans cet élan de mentorat. Une façon de passer le relais. Une de ses forces réside, selon ses dires, sur le respect que ses collaborateurs ont à son égard.

Par ailleurs il dit avoir eu beaucoup de difficultés, comme le fait d’avoir aidé des gens qui se sont retournés contre lui, des expériences qui l’ont poussé au contraire d’aider les autres.

APEFAS disposait déjà d’un centre informatique. Récemment un centre de couture a été inauguré au profit des jeunes à Elmina. C’est un espace qui favorise l’entreprenariat des jeunes et qui s’inscrit dans le cadre d’un appui de l’Ambassade Américaine en Mauritanie.

Comme coup de cœur du moment, Ama Tall a reçu la distinction de champion de l’enfance par UNICEF Mauritanie et MASEF le 25 novembre dernier à l’occasion de la mondiale de l’enfant. Une cause qui lui tient à cœur, et qui le pousse à donner des sourires aux enfants, à en recevoir de la part de la petite Zahra, qui a mis plus de lumière et de de forces dans son quotidien.

Awa Seydou