Traoré Awa

Portrait de la militante Habi Amadou Seck : « Mes parents nous ont éduqués à ne pas subir et à prendre le lead »

En perspective du 8 mars, journée mondiale des droits des femmes, le blog Reines d’Afrique fait un focus sur la jeune Habi Seck, cluster manager au programme de développement dans le milieu urbain, avec World vision international (Mauritanie), présente dans le monde humanitaire depuis ses 14 ans. Une période phare où son quotidien, en plus de ses études, a été marquée par des sensibilisations bénévoles sur la santé reproductive des jeunes. Habi Seck, l’amie des touts petits prendra part à la campagne de sensibilisation internationale de World Vision sur les méfaits des mariages des enfants en Mauritanie, le 8 mars prochain au stade olympique,et le 12 mars à Ryad. En attendant, nous vous proposons une brève plongée sur sa vision du leadership.

Habi Amadou Seck
Habi Amadou Seck

Née à Maghtar lahjar Habi S. a grandi dans les zones de Kiffa, Nema. Elle se définit comme « un pur produit de la Mauritanie », ayant fait tout son cursus scolaire sur place. Fille d’un administrateur civil, et d’une maman sage-femme, la vie de Habi, rythmait avec les nombreux déménagements suivant les affectations de son père. Elle a été très tôt bercée par le bilinguisme, ce qui a positivement « impacté son cursus scolaire » lui permettant de s’exprimer dans toutes les langues du pays. Un vécu qui l’inspirera à suivre plus tard une formation en administration territoriale, entre autres.

Cheffe de projets protection à Save the Children Espagne Mauritanie de 2017 à 2019, elle est depuis avril 2021 cluster manager au programme de développement dans le milieu urbain avec World Vision Mauritanie, une organisation où elle a évolué à différents niveaux.

Née dans une famille où les filles sont majoritaires, les parents ont mis le paquet pour qu’elles réussissent en leur montrant, selon le témoignage de Habi « qu’il n’y’a pas de différence entre l’homme et la femme : « Notre mère nous a fait comprendre dès le bas âge, qu’il n’y’ « a pas de privilèges que l’on soit homme ou femmes, nous avons les mêmes capacités, il suffit juste de vouloir mettre le paquet pour réussir« . Un esprit de gagnant qui lui permettra d’être major de classe au lycée et l’université.

L’autonomisation de la femme, son cheval de bataille

 « Je ne parle pas avec une femme, tu es trop jeune pour occuper de telles postes » voilà les stéréotypes dont la native de Maghama a dû faire face pour grimper les échelons de la vie professionnelle. Malgré ces préjugés, elle est persuadée que la femme est la personne la plus « susceptible quand elle a un revenu , de le réinvestir dans le développement  pour les besoins de la famille, des populations, et de générations futures ».

Celle qui a trouvé sa source d’inspiration dans l’engagement de sa maman et de grand-mère est convaincue que la réussite est possible que l’on soit homme ou femme, il suffit de « mettre le paquet, être responsable, déterminé avoir son caractère et faire le nécessaire pour atteindre tes objectifs ». Comme son père, elle entend marquée les esprits des populations bénéficiaires de ses actions, par le travail constructif et impactant. Elle doit aussi sa percée professionnelle, à l’appui, la facilitation et l’accompagnement constant de son mari, « un mari qui veut que je sois tout temps à la tête de la liste » , un grand soutien qui l’a poussé à aller faire des formations internationales, pour améliorer ses compétences. Habi Seck de par ses actions, veut « être un exemple pour les jeunes de la société », un acteur du changement en Mauritanie.


« Ils sont tombés sous mes yeux, c’était vraiment un choc » : Ebirim Rose, une rescapée de l’attaque de Grand-Bassam se souvient

Lors d’une visite récente à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, j’ai rencontré, Ebirim Rose, la directrice du centre « Jah live art et culture ». Elle est l’une des survivantes de l’attaque terroriste du 13 mars 2016. Cette actrice du tourisme à Grand-Bassam, le poumon de l’artisanat ivoirien, revient à travers ce témoignage bouleversant sur cette matinée où elle a vu sa vie défilée sous ses yeux lors de cette attaque première du genre en Côte d’ivoire.

D’allure forte, Ebirim.R. Elechi, a parfois des larmes aux yeux quand elle se rappelle les scènes de tuerie dont elle a été témoin. Ceux qui ont commis cet acte, habitaient juste en face de son espace, où elle a vu les premières victimes se faire tuer sous ses yeux. Elle a dû ramper avec ses employés dans les allées de son centre pour avoir la vie sauve.

Elle a pu surmonter, le choc de ce fait grâce à l’assistance de son mari et les efforts du maire de sa localité qui mène des actions de sécurisation de la zone, les souvenirs demeurent à l’approche de chaque 13 mars, jour fatidique de cette attaque où 16 personnes ont été tuées. Cette attaque djihadiste a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) survenue à la station balnéaire de Grand-Bassam. Témoignage :

Blog Reines d’Afrique : Que faisiez -vous précisément au moment de l’attaque ce jour-là ?

On était là en train tranquillement de prendre un pot, et on a vu des gens courir. Ceux qui ont fait cet acte, logeaient juste à côté en face de chez moi, ils étaient là depuis janvier, on ne pas savait que c’était eux, on marchait avec eux, causait avec eux, sans savoir que c’était des djihadistes. C ‘était un dimanche à partir de midi, je vois un jeune passer, mettre son gilet et tirer quelques instants plu tard sur un homme au téléphone tenant le sac de sa compagne, qui recevra elle aussi une balle. Ils sont tombés sous mes yeux, c’était vraiment un choc.

Blog Reines d’Afrique : Est-ce que sur le coup vous avez senti que c’était un attentat, ?

Non, je n’ai pas automatiquement pensé à eux, j’ai pensé que c’était les microbes, car une semaine avant, les autorités éloignaient ces microbes de Grand-Bassam. Le djihadiste qui a tiré a dit « Allah Akbar » avant de continuer à tirer. Je vois la scène défilée encore .

Blog Reines d’Afrique : Quel souvenir gardez-vous de ces attaques ?

Ce fut un choc, jusqu’à maintenant, des images me reviennent, quand le 13 mars arrive, j’ai peur. Je voyais des images défiler comme si c’était hier. C’était difficile à remonter, mais avec le temps, avec l’assistance de mon mari, qui me disait que c’était fini, il me coachait, c’est un bon coacher, il me calme quand le choc revenait. J’ai surmonté grâce à toutes ces forces. Il me réconforte en disant que les autorités veillent sur notre sécurité maintenant.

Blog Reines d’Afrique : Est-ce que selon vous le dispositif sécuritaire a changé par rapport à avant ?

Oui, il y a eu changement, tous les dimanches, un jour où on reçoit beaucoup de clientèle, nous avons l’assistante de la marine et de la police dont des éléments viennent d’Abidjan.

Blog Reines d’Afrique : Est-ce que vous pensiez avant que Grand-Bassam pouvait être victime d’attaque ?

Non, je n’ai jamais pensé qu’un tel fait pouvait se produire ici.

Comment avez-vous fait pour surmonter ce fait ?

On se sensibilise, et on va vers les autres, pour les sensibiliser. Nous leur disons que Grand-Bassam est sécurisé, les touristes reviennent. On se relève, même si les souvenirs font surface à l’approche du 13 mars, date de cette attaque terroriste à grand Bassam.


Côte d’Ivoire : CAN 2023, avis des citoyens sur les enjeux sécuritaires

La 34e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football sera organisée en juin 2023, en Côte d’Ivoire. Une CAN qui sera certainement sous haute sécurité à cause de la recrudescence des attaques terroristes en Afrique de l’Ouest. Pour sa part, la Côte d’Ivoire, reste marquée par les séquelles des attaques de la cité bannières de Grands Bassam survenues en 2016. 

A travers des micros-trottoirs réalisés dans les rues d’Abidjan, ce lundi 21 février 2022, des citoyens ont livré leur impression sur les enjeux sécuritaires de cette messe du football à l’échelle continentale. A l’unisson, les interviewés ont manifesté leur joie par le fait que la Côte d’Ivoire, leur pays, accueille la 34ème édition de la CAN. 

S’agissant de l’aspect sécuritaire, les citoyens sont tranquilles vis-à-vis de la stratégie mise en place par les autorités ivoiriennes. Interrogé, Elvis, fonctionnaire de son état se dit très confiant de l’organisation sécuritaire de cette compétition en vue. « On pense que tout est mis en place, il n’y a pas de crainte. Même y a des événements dans la sous-région, je pense que tout est pris en compte pour le bon déroulement », soutient-t-il.

Kadri, chauffeur dans la ville d’Abidjan est de cet avis. Pour lui, même s’il y a des évènements qui inquiètent dans la sous-région ouest africaine, le peuple ivoirien est calme et serein quant au bon déroulement de la CAN. « Nous ne craignons rien, nous faisons confiance aux autorités. Tout va se dérouler dans la bonne condition », a-t-il témoigné.

Nonobstant, une jeune dame interrogée s’est dit très touchée par l’insécurité dont la ville de Grand Bassam a été victime. Elle espère que la CAN va se dérouler sans incident pour les amoureux du ballon rond et la Côte d’Ivoire en particulier.

Pour rappel, la phase finale de cette édition aura lieu dans cinq villes dont : Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, et San-Pedro.

Awa Seydou Traoré

Mbodou Hassane Moussa


Visite au média confessionnel « Albayane » d’Abidjan

Lancé en 2001, le groupe Albayane du haut de ses 20 ans d’existence est depuis 2013, à travers sa branche radio, le média le plus écouté de la Côte d’Ivoire, selon ses dirigeants.

Ce 22 février à Cocody, une commune du département d’Abidjan, des journalistes de différents pays notamment de la Mauritanie, du Mali, du Tchad, du Niger, du Burkina Faso, de l’Algie et du Maroc, se sont rendus dans les locaux de ce média. Une visite qui s’inscrit dans le cadre du projet de Equal Acces International (EAI) et de l’Ambassade des Etats Unis en Algérie axée sur la couverture médiatique de la problématique de l’extrémisme violent par les journalistes .

Le groupe Albayane un média confessionnel qui compte actuellement plus de 100 employés. Il s’est donné pour mission de contribuer à la promotion « des valeurs de paix de fraternité de l’islam en brisant les murs de la méfiance » nous a confié le directeur général Imam Cissé Djiguiba de Albayane. D’après cette source, « l’ignorance est la base de tous nos problèmes », d’où l’importance de la diffusion de connaissance sur l’islam pour mieux éclairer l’opinion afin de contribuer à l’éveil citoyen et la lutte contre l’extrémisme violent.

Les forces de Albayane

Ce groupe dont la radio couvre 95 % du territoire national, diffuse 60 % d’émission de théologie islamique pour participer l’éducation religieuse, la cohésion sociale, et le dialogue confessionnel au nom du vivre ensemble. Il tire « sa force sociale des dons » des fidèles de sa communauté(qui représente 42 % de la population) notamment à travers la fondation Albanaye qui compte 1 000 mosquées réparties dans le territoire national.

Cette structure médiatique islamique puise aussi une de ses forces en s’alliant aux enjeux de la modernisation du métier. Ainsi, ce groupe vibre désormais à l’allure de la technologie IP. La professionnalisation du personnel est une question prioritaire a estimé le directeur qui a pour ambition de faire de son institution un cas d’école en Afrique. Il est convaincu que « le savoir nourrit l’homme en le protégeant contre l’ignorance » et pense que l’ignorance est l’une des causes de l’extrémisme violent dont l’Afrique fait face ces dernières années. Le groupe Albayane, malgré les difficultés de départ, a procédé à des collaborations avec RFI, la voix de l’Amérique et la BBC. Elle a accueilli des rencontres de partage d’expérience de médias des pays de la sous-région africaine pour s’inspirer de sa force d’innovation en matière de diffusion de messages islamique à travers l’enseignement religieux pour contrer l’extrémisme violent.

Un traitement « sensible » de la thématique de l’extrémisme violent

Le traitement de l’extrémisme violent est fait avec une rigueur déontologique au sein de cet organisme qui communique à travers 26 langues. « On regarde le contexte culturel et religieux de nos différents pays, nous faisons attentions à tous ces éléments pour ne pas heurter la sensibilité des uns et des autres, c’est un sujet sur lequel nous sommes très prudents », souligne le directeur de programme du groupe Elbayane Goita Macalou.

Le professionnalisme et le poids de la responsabilité dans l’exercice de cette profession sont des raisons qui expliquent la popularité de ce média qui « donne la parole aux personnes qu’il faut, sur des sujets qu’il faut » a réagi Kanate Kassoum journaliste en charge de question digitale au sein de ce groupe depuis cinq ans.

Le média Albayane qui ambitionne de devenir un cas d’école en Afrique, entends désormais varier ses sources de financement pour ne plus dépendre uniquement des fonds des fidèles. Une étude pour explorer cette piste est en cours dans ce sens, a signalé aux journalistes l’imam Cissé Djiguiba, qui a présidé cette visite.


Webinaire sur les défis de lutte contre le réchauffement climatique en Afrique

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et l’environnement (REMAPSEN) a organisé le 8 février dernier, une rencontre virtuelle sur le thème : « Changement climatique : défis enjeux et opportunités pour le développement durable en Afrique ». Ce webinaire avait pour objectifs d’informer les membres de ce réseau sur les dangers environnementaux qui guettent la planète à cause du réchauffement climatique et les défis à faire pour mieux sauver l’environnement, impacté par cette realité.

Le webinaire visait à « accroitre la compréhension des problématiques se rapportant au changement climatique telles qu’elles affectent le continent africain afin de contribuer à un plus grand engagement des professionnels des médias pour l’éveil de conscience et la mobilisation des populations y compris des décideurs dans les pays » d’après l’intervenant Mounkaila Goumandakoye le Secrétaire Exécutif de l’Organisation pour l’Environnement et le Développement durable(OEDD). Pour sa part la seconde intervenante Mme Harouna Ramata Abba Kiari, Directrice du Renforcement de la Résilience et de l’Atténuation au Changement Climatique et a encouragé la couverture médiatique de cette thématique.

Selon cet intervenant : les changements climatiques qui se traduisent par des sècheresse, inondations, insécurité alimentaire, perte des moitiés des terres arables, accentuations de la pauvreté, causées principalement sont causées par activités humaines.

Ce phénomène constitue une des menaces majeures, pour l’Afrique. Ainsi « les conséquences sur l’agriculture, la santé humaine et animale, la lutte contre la pauvreté, les équilibres des écosystèmes qui entretiennent la vie sur terre, la paix et la sécurité etc… sont monumentales » selon ces propos. Il a par ailleurs brossés des potentialités naturelles que le continent dispose pour mieux atténuer les effets de ce changement climatique avant qu’il ne soit trop tard.

La Directrice du Renforcement de la Résilience et de l’Atténuation au Changement Climatique a fait savoir que le « Le Continent Africain paye un lourd tribut de ce réchauffement climatique en dépit de sa faible contribution aux émissions globale des GES (moins de 4%) ». Un continent qui subit pourtant les effets néfastes des changements climatiques avec ses immenses dégâts.

Pour mieux répondre à cette menace les intervenants ont promu le recours à l’économie verte pour explorer les ressources domestiques et les modes de développement local du continent. A ce propos, le Secrétaire Exécutif de l’Organisation pour l’Environnement et le Développement durable(OEDD) a fait savoir que «40% de la biodiversité du monde se trouve en Afrique ». La résilience communautaire et la volonté politique ont été salués comme des atouts à privilégier pour mieux booster la course contre le réchauffement climatique en Afrique selon les deux communicateurs du jour du REMAPSEN.