Traoré Awa

Le Top 10 des expressions et lieux de Mauritanie

A travers ce billet , je vous fais découvrir quelques expressions et des lieux à visiter lors d’un séjour en Mauritanie surnommé: pays des millions des poètes.

 Thé:

1-    En Mauritanie, pays des dattes on aime le thé (Ataya appellation locale) consommé sans modération par une grande partie de la société. Pour la petite anecdote, des Mauritaniens se plaignent de migraine s’ils ne boivent pas du ataya.

photo thé
Autour du thé/ Crédit photo

 Ardine:

2-    Au pays de l’artiste Thiedel Mbaye , l’ardin (harpe maure ) est un patrimoine national.  Il est joué par les femmes et constitue une source musicale qui se perpétue encore de génération en génération. A ce propos, la Diva Dimi Mint Abba fut une promotrice de l’ardin, comme on peut le constater dans ce tube célèbre:

https://www.youtube.com/watch?v=WlGDnm6wnAI

Charretiers:

3-    A chacun son code de conduite à Nouakchott, la capitale mauritanienne. La situation devient ingérable des fois surtout quand les charretiers se mêlent à la danse. Un mélange de cocktails explosifs, car source d’embouteillages surtout aux heures de pointe souvent.

photo charrete
Charretier en circulation/ Crédit photo

Khaima:

4-    Au pays du rappeur Monza, les khaimas ou tentes, font partie des décors. Habitats simples conçus contre la chaleur, les tentes sont visibles au niveau familial, elles sont aussi commandées lors de baptême , mariage, etc.  On y respire de l’air  pur.

Michoui :

5-    Les Mauritaniens adorent par ailleurs beaucoup le méchoui ou viande grillée. C’est à base de méchoui que le tagine  (soupe à base de pomme de terre) est préparé en général. Toute occasion est bonne par ici pour prendre du bon méchoui.

Dattes:

6-    Au pays des Mourabitounes (nom équipe nationale de foot) on consomme beaucoup les dattes. Oui, il y a lieu de préciser qu’il y a même une saison des dattes, une période où le prix est plus qu’abordable en fonction de la provenance de ce produit. Il y a même un festival annuel dédié aux dattes comme quoi on y tient vraiment en cette terre mauritanienne d’Afrique.

Bionoor, production de dattes fraiches biologiques en Algerie
Image Dattes/ Crédit photo

Gazra:

7-    En Mauritanie, vous entendrez parler aussi des gazra. Ces habitats de fortune qui se développent de plus en plus participent à l’urbanisation de la capitale mauritanienne. Une façon parfois pour de nombreuses populations d’échapper au loyer coûteux notamment dans une capitale comme Nouakchott.

Thieb:

8-    On consomme ici, le thieb (riz au poisson), un plat originaire du Sénégal. Ce menu culinaire est bien consommé par même par les non-Mauritaniens. Il est devenu un plat presque national même s’il est parfois épicé. Les incontournables vous diront que c’est ce qui fait son charme.

thieb
menu thieb/ Crédit photo

Stade olympique:

9-    Dans un pays où le sport se développe de plus en plus à mon avis, le stade olympique est un endroit à visiter absolument. Le soir en général, les Mauritaniens de tout bord (même les femmes en voile) prennent d’assaut ce haut lieu sportif pour s’adonner à différentes danses comme le break dance, ou le  king boxing. Voir un reportage ci-dessous sur le break dance avec la voix off d’Awa Seydou:

Village de la biodiversité:

10  – Pour les amoureux de l’environnement, cap sur le village de la Biodiversité sis à côté de la communauté urbaine de Nouakchott (CUN) . Ce village est un espace de promotion de l’environnement où l’on retrouve plusieurs espèces de plantes au grand bonheur des fans de la verdure comme Maimouna Mint Saleck.


Mon séjour Abidjanais

Je visite pour la 1er fois la ville d’Abigan en Côte d’Ivoire. Comme on dit par ici au visiteur, Akwaba (bienvenue !). Un style d’accueil au pays des alloco, des maquis, du coupé décalé (danse), du cacao et du café. En un mot, le pays du légendaire joueur, Didier Drogba.
Durant près de dix jours, les mondoblogueurs 2014 ont posé leurs valises dans les locaux de l’hôtel Téreso à Grand Bassam, en bordure de mer. A Abidjan on circule à bord de taxi communal nommé « Woro-Woro » ou  de taxi compteur pour sillonner les dix communes de la capitale économique du pays d’Alassane Ouatara.

Mondoblog formation
les blogueurs sont très studieux /photo Awa Seydou

La famille mondoblog

Si le climat paraissait chaleureux, les premiers jours, la pluie s’invita au débat ces derniers jours me donna l’impression d’être au Mali, en saison  hivernale. Bref, il faut bon vivre dè ici pour discuter sur l’apport du blogging  et le web journalisme entre autre avec des intervenants comme Philipe Couve.

Une retrouvaille de 70 blogueurs venus des quatre coins du monde pour échanger dans une ambiance décalée dans la capitale des Eléphants qualifiés pour  la coupe du monde 2014 .Une compétition qui se tiendra juin prochain au Brésil.

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Quartier plateau (Abidjan) / Photo Awa Seydou

Une plateforme où l’on capte le regard du Camerounais à la voix pétillante  Dania, le sourire de la RDC (Goma) incarné par Chantal, des instants aussi pour capturer un œil sur la planète sur la plume de  Jean Robert  dont le nom de blog est : abcdetc. Bref des regards blogueurs pour qui les mots ont une force de frappe.

Un échange interactif qui se poursuit même à table où Awa la malienne résidente en Mauritanie peut débattre sur les acquis démocratiques ou non  de nos pays avec les différents ressortissants du gondwana émergent.

Awa & Joe
Séance Formation Mondoblog 2014/ Photo Awa Seydou

En dehors de ces débats d’idées des coulisses, les blogueurs découvrent des merveilles de la culture ivoirienne à travers les allers & retour des vendeurs ambulants menus de perle, de tissus et autres objets d’art made in Côte d’Ivoire.

Un malien à Abidjan

Loin des embouteillages du quartier plateau, je croise le malien Alwali vendeur de perle depuis 15ans. Présent au pays des Eléphants depuis 7 ans, il sillonne la ville de grand Bassam entre autre pour promouvoir ses produits. Une astuce pour mieux gagner sa vie dans la capitale Ivoirienne par rapport au Mali me confie-il l’air fatigué par ces heures de marche.

PERLE
Perles du vendeur le malien Alwali/ Photo Awa Seydou

Ce ressortissant de Tombouctou, qui s’apprête à se marier a le sentiment d’être bien intégré ici au fil des ans. Alwali pour qui la Côte d’Ivoire est un second pays dormait dans la rue ici hier faute de moyens. Mais aujourd’hui il parvient à assurer sa location et entretenir sa famille restée au pays.

Attentes des ivoiriens

Un parcours qui illustre sans doute la reprise des affaires au pays d’Houphouet Boigny sorti d’une crise sans précédent. Un pays où tout est priorité : demande sociale, relance économique et  stabilité politique .En attendant de répondre à ces doléances cruciales, la prochaine présidentielle est prévue pour 2015.


L’épidémie d’Ebola vue de Mauritanie

La République islamique de Mauritanie(RIM) suit de près l’évolution de l’épidémie Ebola, devenue une menace de santé publique dans la sous-région et sans doute pour le monde. Alors qu’aucun cas n’est encore déclaré au pays des millions de poètes (RIM), l’heure est à la vigilance même si le début d’Ebola en Guinée date de janvier dernier.

En Mauritanie,dans les bureaux, autour de Ataya (Thé), on en parle partout pour se prévenir et maintenir la vigilance comme l’exprime ce témoignage : « Une chose est sûre quand le gouvernement s’implique et que tout le monde est informé , si le message passe quotidiennement et que tout le monde a le même degré de compréhension, nous avons une chance de ne pas être contaminé ici », une façon d’être à l’abri de cette maladie commente le rappeur mauritanien du groupe Force Trankil Abda MC.

La prévention, c’est le mot d’ordre exprimé dans différents points de vue recueillis comme celui d’un confrère sénégalais spécialiste Santé : « Le Sénégal gère bien la situation en fermant les frontières avec la Guinée et en mettant un plan de riposte dans les aéroports et le port. Je pense que ce sont là d’excellents moyens de prévention ». La vigilance est de rigueur comme on le note un autre confrère  malien :  « Nous avons une bande importante de frontière avec la Guinée. E des zones hors contrôle à cause de l’activité artisane de l’exploitation d’or !. On a vu les émeutes à Lassa quand les gens ont appris que leur maire avait donné son accord pour accueillir certains malades ? Cela traduit la peur ! Les gens sont informés et ils savent qu’il n’y a ni médicament ni vaccin contre Ebola ». Pour Moussa E. Sall : En Mauritanie concrètement rien n’a été fait à part le blocus des frontières et un certain contrôle à l’aéroport, or c’est avec ces voyages qu’il y a des risques » estime cet activiste environnementaliste.

Ebola

Pendant ce temps, les regards sont tournés vers l‘OMS (Organisation mondiale de la santé) pour qui « L’épidémie de la fièvre Ebola en Afrique occidentale est parmi celles qui posent le plus de défis depuis l’apparition de la maladie il y a 40 ans ». Selon les derniers chiffres communiqués par l’OMS, « 101 personnes sont mortes de fièvre hémorragique depuis janvier en Guinée, sur 157 malades. 67 décès sont des cas avérés du virus Ebola. Au Liberia, il y a eu 21 cas de fièvre hémorragique, dont 10 mortels. La Sierra Leone est aussi touchée, ainsi que le Mali, où l’OMS annonce 9 cas suspects ». Cette maladie qui pose  » le plus de défis » depuis son apparition dans cette partie d’Afrique a touché depuis lors la capitale guinéenne. Sa transmission ultra rapide domine l’actualité. L’heure est « grave » estiment certains même si la Mauritanie n’a pas de frontière avec la Guinée, on s’informe constamment vu que la circulation des personnes est permanente au niveau de la frontière mauritano-sénégalaise.

Mais pour d’autres, il faut bien suivre à la lettre les mesures de sécurité d’où l’utilité d’insister sur la prévention. Depuis sa Guinée natale , le journaliste Camara Mamady nous apportait le 11 avril dernier des éléments d’éclairage sur la riposte par rapport à cette maladie « Virus Ebola : La Guinée veut empêcher à tout prix sa propagation. Les autorités guinéennes ont été prises de court, durant plus d’un mois, par la fièvre hémorragique virale d’Ebola. On ne le dira jamais assez. Et la riposte de l’administration d’Alpha Condé ne s’est pas fait attendre en mettant à contribution de nombreux spécialistes africains, asiatiques, américains et européens pour isoler et soigner les malades. Le ministre de la Communication Alhousseine Kaké pense dur comme fer que le virus Ebola s’est essoufflé. Toutes les personnes, qui veulent quitter le territoire national, doivent obligatoirement passer un contrôle thermique pour savoir si elles ne sont pas malades. Pour ce contrôle, il ne faut surtout pas afficher la température suspecte de 38°. Et l’Etat a mis, hier, 10 millards de francs guinéens à la disposition du Comité interministériel pour empêcher la propagation du virus en Guinée et dans la sous-région. »

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Un  confrère que j’ai côtoyé lors de son séjour en Mauritanie et qui était en Guinée a pu constater l’évolution de cette maladie sur le terrain et les efforts effectués par ce pays  et ses partenaires pour contenir ce virus. Selon ce confrère, le 9 avril, l’Union des 35 radiodiffusions et 6 télévisions libres de Guinée ce  a « animé une émission de sensibilisation synchronisée de 9 h à 12 h en français et en langues nationales, durant laquelle les spécialistes, autorités publiques, hommes politiques ont pris la parole dont le vice-président de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le principal parti de l’opposition qui a déclaré : « La lutte contre le virus Ebola n’a rien de politique. Je félicite et encourage les efforts des autorités publiques » . Autant dire que les Guinéens resserrent les rangs face à la fièvre Ebola. Le président d’Urtelgui, Boubacar Yacine Diallo, n’a pas caché sa satisfaction : « Je suis heureux de voir tout le monde tirer dans le même sens » .

Awa Seydou Traoré

 

 

 


Le 8 mars des mauritaniennes

Les mauritaniennes viennent  de vibrer au rythme du 8 mars, Journée Internationale de la Femme. Une célébration que j’ai suivie notamment à travers une sortie médiatique des initiatrices de l’Espace de rencontre et d’échanges autour des questions relatives aux violences dirigées contre les femmes et les enfants(mis en place en 2012),  les journées de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) , un concert dénommé « Femme Debout » ,un Forum Café & un match des « Amies du Foot ».

Le ton de cette journée a été donnée par une conférence de presse organisé par l’Espace de rencontre et d’échanges autour des questions relatives aux violences dirigées contre les femmes et les enfants mis en place en 2012. Malgré la forte sensibilisation menée, la ratification de conventions internationales  par la Mauritanie (CEDEF, CDE), la législation en la matière, les violences faites aux femmes sont fréquentes et alarmantes.

Même si le combat de cet espace tarde à donner ses fruits, Mariem Daddah, Ex premier Dame de la Mauritanie estime qu’il faut garder espoir malgré la lenteur du processus.

L’AFCF soutenue par l’Ambassade de France d »ici a célébré du 8 & 9 mars cette journée à travers une série d’activités à la Nouvelle Maison des jeunes de Nouakchott. Une manifestation marquée par une exposition et des interventions thématiques sur : La recrudescence de la violence à l’égard des femmes. Causes et Perspectives,  L’autonomisation économique des femmes , L’hygiène et l’eau potable pour les ménages, La scolarisation des filles.

Parmi les activités réalisées, figure par ailleurs le 1er Forum Café organisé au Centre Culturel de Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) le 8 mars dernier. Cette rencontre  initié par Tabara Mbodj se veut  un espace d’échange et de citoyenneté d’où le focus sur le leadership féminin au pays des millions de poètes.

Tabara

Il y avait du foot aussi au programme de ce 8 mars où les Amies ballon rond attendaient promouvoir le foot féminin.

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Pour ce tournoi de foot, l’équipe de Basra a rencontré  les Tigresses pour jouer la troisième place qui à été remporté par les tigresses. L’équipe de Sebkha rencontre Lock pour jouer la finale qui à été remporte par les Lock . Il ya eu une offre de Mauritel d’une Clé Internet pour une connexion d’une semaine gratuite aux deux finalistes. Quant à Coca-cola et CFAO ils offrent les coupes des trois gagnant 1 place, 2 place, 3 place. Les Amies du foot ils offrent l’eau aux joueuses et Ballon d’amitié à l’organisatrice Lala Aicha. Le croissant Rouge Mauritanien met en disposition un volontaire pour secourir les blessés du tournoi.

Un concert dénommé « Femmes Debout » a été également organisé le 7 mars dernier pour marquer cette Journée Internationale de la Femme à travers une initiative du CIMAN & Youssouf productions. 

Un concert humanitaire dont les fonds serviront à aider les femmes en difficultés selon les organisateurs pour qui la mauritanienne peut mieux faire.

Voilà quelques temps forts de cette journée spécialement dédiée aux Femmes notamment les mauritaniennes qui représentent la force démographique dans un pays où les pesanteurs sociales sont encore fortes.

Awa Seydou Tra

 

 

 

 

 


Mauritanie : manifestation contre la profanation du Coran

L’actualité mauritanienne est marquée depuis dimanche 2 mars par la profanation « de 4 exemplaires du Coran » par des inconnus dans les toilettes de la mosquée Khaled Ben Walid à Teyaret, zone périphérique de la capitale du pays des millions de poètes.

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Depuis dimanche 2 mars, les Mauritaniens sont donc sous le choc avec ce que certains perçoivent comme « une répétition de profanation du livre saint »  beaucoup se posent des questions sur « les motifs d’un tel agissement« , alors que d’autres sont directement descendus avec ferveur vers la présidence, afin de contester un tel acte. Des manifestants qui n’ont pas su souvent contenir leur passion en attendant une enquête pouvant tirer au clair cette affaire. Ils ont convergé lundi vers la présidence pour dénoncer le fait que des individus aient « déchiré » un peu plutôt des exemplaires du Coran , une actualité immortalisée par la presse locale notamment comme en témoigne cette vidéo.

Une marche que les forces de l’ordre ont tenté de disperser. On compte des dizaines de blessés et un mort :  Ahmed Ould Hamoud, un étudiant de l’université de Nouakchott selon la presse comme le retrace le film de la manifestation rapporté par un confrère du Rénovateur. Plusieurs villes mauritaniennes dont Nouakchott ont été touchées par de telles manifestations marquées par des heurts entre les forces de l’ordre et les manifestants d’où l’enjeu sécuritaire. Des images de cette manifestation relayées par la presse locale nous font comprendre l’extrême tension qui régnait tout au long de cette journée de lundi où l’on entendait des échos de citerne ça et là comme quoi le climat était chaud dans le centre de la ville.

 

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Alors que des manifestants exprimaient ainsi leur refus de la profanation dans la rue en criant « Allahou Akbar », d’autres appelaient à la retenue  et à garder son sang-froid afin de comprendre ce qui s’est réellement passé à la mosquée Khaled Ben Walid.

En attendant que les esprits se calment, le porte-parole du gouvernement mauritanien Sidi Mohamed Ould Maham, a rappelé  lors d’une conférence de presse tenue ce 3 mars que la lumière sera apportée sur les circonstances de la mort de l’étudiant et « le reste ».

En attendant la suite de cette affaire suivie avec grand intérêt ici, des interrogations demeurent :  Quelle a été l’attitude de l’imam de la mosquée Khaled Ben Walid à Teyaret et d’autres personnes qui étaient à la mosquée face aux inconnus qui ont déchiré des exemplaires du Coran ? Dans quelle circonstance l’étudiant est -il mort? Si l’acte de profanation était prémédité pourquoi le choix de cette mosquée précisément? Le développement dans les jours à venir de cette actualité en dira peut-être davantage pour éclairer notre lanterne.

Awa Seydou