Traoré Awa

Mauritanie : « meurtre » d’Abderrahmane Kane de l’ONG AEPN

Pourquoi une telle barbarie? voilà la question que je me pose une fois de plus suite au décès tragique, abominable du mauritanien Abderrahmane Kane retrouvé mort à Nouadhibou. Comme d’habitude l’argent est sans doute le nerf de la guerre dans cette histoire qui a mal tourné pour Abderrahmane K présent de l’ONG Aide aux enfants et parents nécessiteux (AEPN).

Encore une nouvelle fois, la violence a fait la loi,  laissant place à la peur, au sentiment d’insécurité, de vulnérabilité, d’injustice. L’on me dira que de tels drames se déroulent tous les jours ici, loin des flashs, des caméras et autres regards du 4e pouvoir, qu’est la presse. Mais il est de notre devoir de condamner s’il le faut chaque jour ces agissements qui portent un coup à notre République dite « islamique ».

Pourquoi autant de violence? quelle suite aux marches de protestation contre ces violences qui touchent de plus en plus la RIM? c’est bizarre à part les infos relayées par la presse sur ce meurtre macabre, je n’ai pas entendu d’échos de condamnation ou de prise de position sur ce fait alarmant dont doit se saisir tout défenseur de droits de l’homme. Ma démarche ne se veut point un jugement, non je ne suis pas encore une Fatou Bensouda.

Confidence source familiale

En fait je ne peux pas comprendre qu’on puisse attenter à la vie d’une personne à cause de « l’argent » me dit -on . Et pourtant cela est arrivé à  Abderrahman Kane dont le corps a été retrouvé sur une plage de la capitale économique Nouadhibou trois jours après sa disparition.

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Nouadhibou, Cap Blanc/ Crédit photo

Selon une source proche de la famille le défunt  avait « confiance dans ses collaborateurs » notamment le SG de l’ONG AEPN qui a « écarté tout le monde pour être proche » du président A.K. Le SG était devenu l’homme de confiance, celui qui s’occupait de la comptabilité, gestion location, entrée de fonds, bref qui voulait plaire au boss pour « servir ses propres intérêts ».

C’est au mois d’août que les choses ont pris un autre virage me confie une source au moment où s’est tenue une réunion « fabriquée » chez le président de l’AEPN sous la houlette du SG. Comme il n’y avait pas d’ordre du jour, une autre réunion s’est déroulée au domicile du président Kane le 8 août. Au cours de cette réunion, les collaborateurs de Kane lui ont demandé de devenir président d’honneur ou vice président de l’Association. Sans aucune concertation préventive, ses collègue venaient de lui demander de céder sa place, une place  convoitée par l’homme de confiance, le comptable ou SG. Une décision rejetée par le patron de l’AEPN.

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Crédit photo

 La bêtise humaine

Dans la matinée du 9 août, A.K prit son petit déjeuner avant de dire à sa femme qu’il va « travailler » au camping. Sa femme le téléphona à « 14h10 » en lui demandant de venir déjeuner, il réponds qu’il est « loin » et qu’il se trouve au cap blanc. D’après une source, la femme pressentie que son mari ne se trouvait pas au lieu indiqué, se référant à « une localisation téléphonique ». Par la suite, A.K téléphona sa femme et lui rassura qu’il sera de retour à « 16h », ce fut la dernière fois qu’elle parla à son homme qui n’était pas libre de « ses mouvements » ajoute une source.

Lassée par des heures d’attente sans nouvelle de A.K, la femme alerta la famille. Vers minuit , « les collaborateurs de Kane sans l’aval de la famille » déclarent à la gendarmerie sa disparition d’où la formulation d’un avis de recherche selon une confidence. D’après cette source, « le SG et ses collègues » ont appelé des parents du défunt pour leur dire que  » Abderrahmane s’est peut être suicidé » expliquant que le camping que ce dernier gérait « ne marchait pas ».

Plus j’écoute le récit , plus je me demande pourquoi briser une relation humaine au profit de l’argent?. Trois jours après sa disparition , des pêcheurs alertent la gendarmerie qui vienne retrouver ainsi le corps enterré , mutilé de A.K qu’elle remettra ensuite à la police . Par la suite, le corps sera transféré à l’hôpital Espagnol ajoute une source familiale. Cette dernière révèle aussi que « le défunt a été retrouvé couché sur le ventre, pieds et mains liés, une partie du visage fracassée, nez cassé, morsure sur son bras, trace corde sur le dos ».

Un enterrement marqué par « des chamailleries »

Les détracteurs du défunt « n’étaient pas de bonne humeur ». D’après une confidence ces derniers ont battu campagne pour que le corps  » en état de décomposition » soit vite « enterré » alors que la famille voulait que tous les  examens certifient l’origine du décès tragique « d’un homme dévoué à la cause des nécessiteux ». On me confia qu’il yavait beaucoup de « chamailleries « . Finalement A.K alla rejoindre sa dernière demeure alors que les habits qu’il portait quand son corps a été retrouvé  ne furent pas « retrouvés » jusque là bref seraient avec un des accusés en fuit du nom de Diack m-a t-on dit.

Quelques jours plu tard, l’enquête évolue selon notre confrère Amadou SY du journal « Quotidien de Nouackhott » sur place à Nouadhibou . En attendant de connaitre leur sort, les 4 accusés (dont le SG ) croupissent dans la prison de Nouadhibou alors qu’un des complices est toujours introuvable selon notre source.

Siège centrale de l'Association de l’ONG Aide aux Enfants et Parents Nécessiteux/Crédit photo
Siège centrale de l’ONG Aide aux Enfants et Parents Nécessiteux/Crédit photo

Alors que la famille du défunt réclame justice, des questions planent. Quel avenir pour l’ONG Aide aux Enfants et Parents Nécessiteux suite au « meurtre » de son président et l’emprisonnement de ses plusieurs membres, la dite association qui devait recevoir 24 à 25 millions UM comme subvention de partenaires Allemands. Cette somme , arrivera t-elle à destination vu que  » les activités de l’Association sont suspendues jusqu’à nouvel ordre », en un mot jusqu’à ce que « les choses soient claires ». Une situation de deuil qui ne sera pas sans conséquences pour les bénéficiaires de l’Association qui se trouvent ainsi « orphelins » suite à « une trahison , un meurtre à cause de l’argent, c’est horrible ce qui est arrivé » me confie t-on.

 L’AEPN crée il ya 11 ans se relèvera t-elle de ce séisme ? difficile de lire l’avenir mais la reprise sera lente dè. Quel successeur à Abderrahmane Kane dont l’association a construit un orphelinat équipé, un terrain de basket, un jardin d’enfant entre autre me raconte une source. Le défunt qui était parrain de FC Nouadhibou (équipe de basket)  essayait d’œuvrer socialement pour offrir une vie meilleure à ses concitoyens dans le besoin avec l’appui de ses partenaires. Au vu des faits A.K a peut être trop fait confiance sans savoir que « cet excès de confiance » lui serait fatale et maintenant l’avenir de l’AEPN Solidarité est en jeu. Affaire à suivre


Nord-Mali : lettre à mon oncle Ava

Ces derniers jours, je ne parviens pas à te joindre par phone toi qui a décidé de t’installer définitivement au nord du pays (Mali) depuis ta retraite en 2011. Un endroit où tu te sens plus libre face à la nature, l’écho du désert. J’ai donc décidé de t’exprimer ma nostalgie à travers cette lettre qui se veut un cri de cœur, de paix, pour un Mali unique et laïque.

RAIDS AÉRIENS FRANÇAIS DANS LE NORD MALI
Mali: Force Serval/Crédit photo

Tu es resté sur place avec la famille malgré la crise qu’a connue cette partie malienne depuis 2012: la rébellion MNLA, le séjour des djihadistes, la libération des deux villes du Nord dont Gao et Tombouctou. Une libération inachevée dans la mesure où Kidal reste toujours sous occupation MNLA .Des moments d’instance émotion où il m’était difficile d’avoir de tes nouvelles comme ce fut le cas de beaucoup de parents. Je tenais à entendre ton sourire, à sentir cette joie de vivre qui te caractérise malgré les tempêtes du désert de ces dernières années. Je me rappelle de ton vœu suite à ma demande de t’inviter à venir t’ installer à Bamako.

Passionné de thé, tu sais être souvent ferme, je me souviendrai toujours de cette confidence  : « Ma fille je me sens bien, ici c’est chez moi, je resterai même si je dois mourir, je suis malien, je ne trahirai jamais mon pays que j’ai servi avec loyauté toujours, le Mali est un et indivisible ». Parole d’un homme qui connaît si bien cette partie malienne où il a servi dans l’armée dont il parle avec fierté malgré tout ce qu’on peut reprocher à cette force jugée « mal équipée, mal répartie dans les villes du Nord » sans compter le favoritisme dont bénéficient des généraux.

DIALOGUE INTER MALIENS
Alger : discussions inter maliennes/Crédit photo

Bref tout est à refaire afin que « nos vaillants soldats » si bien chantés par notre Djeneba Seck national puissent garantir la sécurité du faso (pays) contre vents et marées pour épargner aux populations de nouvelles humiliation, des souffrances indescriptibles durant cette crise  sans précédent  ayant touché les 3 villes du Nord-Mali. Des blessures que l’on peut ressentir dans ce coup de gueule de ma compatriote blogueuse Faty Harber dans ce billet émouvant et véridique sur le film « Timbuktu » de Abderrahmane-Sissako de la Mauritanie.

Certes nous suivons en plus de la médiation burkinabè par minute les discussions d’Alger entre les autorités gouvernementales et les groupes armés pour mettre fin à ce conflit. Mais nous devons trouver une solution définitive afin que les armes se taisent à jamais pour un développement durable du Maliba de Salif Keita.

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Entrée Kidal/ Crédit photo

Je suis pressée de te voir Ava, mon oncle au beau sourire quelque part à Almousarat(dans la région de Gao), une ville où le cousin Anoune parvient à se procurer de la connexion malgré le mauvais réseau téléphonique de ces jours derniers. Tu es resté dans ton fief tout au long de cette crise où l’armée faisait ses repris stratégiques jusqu’à déserter laissant le terrain aux forces MNLA, aux djihadistes. Des périodes noires où les populations ont souffert avec le sentiment d’être abandonnées.

En attendant, les regards sont tournés vers Alger où la reprise des discussions vient d’être reportée au 1er septembre prochain laissant planer des interrogations et inquiétudes sur ces dialogues qui ont abouti à je cite  « la feuille de route pour les négociations dans le cadre du processus d’Alger » et une « déclaration de cessation des hostilités » selon www.reflexiondz.net. Ava, je suis sûre que tu suis de près l’évolution de ces discussions si décisive pour l’avenir du pays car comme tu le sais via ton média favori RFI .

Si loin mais si près de notre Mali, j’estime que des points tels que: l’intégrité territoriale, l’autonomie ou l’indépendance ne sont pas du tout négociables au nom de la sacralité de la souveraineté nationale. La priorité doit être accordée entièrement au développement de ces villes mais et celui du reste du Mali.

Par cette lettre , j’ai voulu exprimer ma maliennité (Mon appartenance éternelle au Mali, à ce pays qui m’a vu naître ) même si je navigue dans les eaux mauritaniennes au nom du dialogue entre les cultures n’est pas cher Ava?.


Ma dispute dans un taxi

J’ai vécu une scène presque drôle ce 20 juillet alors que j’allais au quartier Dar naim (une des communes de Nouakchott) suite à l’invitation d’une amie. De mon QG Basra, j’ai voulu me rendre à « arrêt bus » pour aller à ce rendez-vous tant repoussé en ce mois de jeûne. Bref passons sur ça, on est à quelques jours de la fin du ramadan;  mois sacré où le partage est « une valeur commune ».

Je reviens donc à mes moutons !!!

J’ai réservé la place de devant à 400 um (1 euro) pour prendre le temps de contempler le paysage tout au long du trajet. Trajet, sur lequel, les taxis « tout droit » font la pluie et le beau temps. Le taximan a contourné le fameux « arrêt bus » pour aller au marché 6e pour encore des clients comme ce qu’il fait chaque soir d’après ses propos. Il palabra avec deux dames qui se rendaient au PK, l’une descendait sur le goudron comme on dit par ici (à 100 um) l’autre virait (à 200 um).

Après quelques minutes de route, notre taximan prit deux hommes :  il y avait parité, vraiment  !!! . Mais c’est cette dernière prise qui a amené des discussions dans le taxi. Une des go s’est plainte du fait que je sois devant alors que le commandant de bord lui avait expliqué que j’avais mis le prix double pour ça. Dans la langue peulh ou poular qu’elle manie comme un commandant, elle réplique qu’en tant que femme, je devais les rejoindre pour faire :  femmes derrière, hommes devant.

Plus j’arrivais à déchiffrer son speaking, plus elle me tapait sur les nerfs. Elle se croyait tout permis. Elle avait peut-être le droit de vie ou de mort sur son homme, mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que  moi Awa, je suis femme comme elle. Et pour une Malienne, c’est inimaginable de se faire insulter sans réagir, ce n’est pas possible, même en tant de crise. Chez nous pas de repli stratégique; on corrige notre adversaire, on se défend du mieux qu’on peut comme on le dit en bambara.

Vue nocturne de Nouakchott/Crédit photo
Vue nocturne de Nouakchott/Crédit photo

Énervée par son insistance, j’ai dit à la go palabreuse là :

–          Si tu ne veux pas t’asseoir à côté d’un homme, tu descends, cette place je l’ai payée non pas à 200um mais à 400um, je ne bougerai pas, fais ce que tu veux, je m’en fous !!

Son ton montait, elle parlait rek tantôt en wolof, poular et même hassaniya afin que les autres passagers lui donnent raison. Elle me reprochait de parler français; « le  français de Senghor ». Je lui ai dit que c’était le français de Awa et que je ne bougerai pas un point !

Plus je répondais ainsi, plus la tension montait chez mon interlocutrice. Une attitude qui m’agaçait et me faisait rire en même temps, car je ne voyais pas l’utilité de cette dispute

Elle ne voulait pas s’asseoir à côté d’un homme dans le taxi, c’est son droit le plus absolu. Au lieu d’en faire une affaire d’Etat, elle aurait pu descendre et prendre un autre transport réservé aux femmes uniquement.

 Le chauffeur diplomate a expliqué à mon interlocutrice qu’elle avait tort et qu’il convenait de cesser la dispute .

Mon interlocutrice avait la tête à peine couverte et s’est pourtant autorisée à me donner des leçons de morale avec arrogance. A mon avis, c’est la foi qui importe.  A son arrivée, elle demanda pardon au chauffeur comme si elle avait le droit d’embêter le monde et après de gommer cet acte avec un pardon.

 


Il était une fois… Mondoblog

Mondoblog , dédié à la promotion du blog est à la recherche de nouveaux adhérents en vue d’agrandir la famille mondoblogueur. Il vient de lancer son concours annuel en vue de recruter de 150 nouveaux blogueurs de divers horizons. Mondoblog une idée concoctée en 2010 par  Philippe Couve et Cédric Kalonji, est une famille de  blogueurs qui a la lourde tâche de  » contribuer au développement de contenus francophones de qualité sur Internet ».Tenez -vous bien, les gagnants  subiront une formation au printemps ( avril-mai) 2015 dans un pays africain. Cette retrouvaille qui permet de présenter le blogging sous toutes ses formes rassemblera les lauréats de la saison 2015, autour des blogueuses et blogueurs des saisons précédentes. En 2013, les mondoblogueurs se sont retrouvés  à Dakar et en 2014 à Abidjan.

Le 1er juillet dernier Radio France Internationale (RFI) et France 24, en partenariat avec l’Institut français et l’Organisation internationale de la Francophonie(OIF) ont lancé cette compétition ouverte jusqu’au 10 août prochain à tous les candidats sans distinction d’âge, de sexe, d’origine ou de lieu de résidence comme on peut le savoir via ce lien: https://mondoblog.org/concours-2014/

Atouts de Mondoblog

En plus d’avoir la chance peut être de croiser Julien Pain des Observateurs, papa Philipe Couve ou des experts de Reporter Sans Frontière (RSF) etc… lors de la formation annuelle , chaque lauréat aura droit à un blog sur la plateforme Mondoblog . Et un des temps forts de la messe Mondoblog est la session de formation autour du blog qui est une forme d’expression et d’engagement social  pour moi. Un espace de liberté qui vous permet d’exprimer votre vision du monde sous différents angles et supports de communication.

Awa Seydou et philipe couve
Philipe Couve & Awa Seydou

Après la sélection des 150 lauréats qui viendront agrandir la famille Mondoblog, l’équipe de l’Atelier des médias sous la houlette Ziad Maalouf et de Simon Decreuze : « relira et éditera les contributions des blogueurs et mettra en avant les meilleures contributions » sur le site Mondoblog.org et sur les réseaux sociaux (le compte Twitter @mondoblog et la page Facebook).

Cette année, le candidat est invité à travailler sur le thème «  Chez moi c’est… ».  Maintenant à vos claviers…

 

 


Nouakchott assainie par la CUN

Pour ceux qui ne connaissent pas très bien, la Mauritanie, Nouakchott est la capitale politique de ce pays aux millions de poètes.  La gestion de la propreté de cette ville était confiée depuis 7 ans à la société Pizzorno, mais là elle passe désormais sous la tutelle de la mairie centrale : la CUN (Communauté urbaine de Nouakchott).

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Journaliers de la CUN/ By Awa Seydou

L’arrêt des travaux de Pizzorno a laissé orpheline la capitale pendant quelques temps où l’on apercevait des tas d’ordure quotidiennement sans preneur. Des condamnations fusaient de partout , notamment le fameux Facebook que cette donne change .

Si certains ne comprenaient pas pourquoi il y avait « divorce » entre la dite société et l’Etat mauritanien, d’autres imaginaient Nouakchott en capitale décharge surtout en cette période d’hivernage et de consommation. Consommation  importante lors du mois de ramadan : il y a à manger à gogo qu’en temps normal.

C’est en mai dernier, que la célèbre Pizzorno rappelle à l’Etat mauritanien au paiement de ses arriérés et ce fut le début d’un « arrêt technique ou de chômage technique» comme me l’on dit des travailleurs de cette boîte. En fait une situation difficile pour les 1293 employés de cette entreprise qui assurait 3 fois par jour à travers ses équipes le vidange des poubelles de la capitale pour un meilleur cadre de vie.

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Sit in employés de Pizzorno/ By Awa Seydou
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By Awa Seydou

Alors que les employés de pizzorno étaient priés de rentrer chez eux jusqu’à nouvel ordre, le consommateur se demandait si la rupture est temporaire ou totale car ce n’était pas la 1ère fois que la société menaçait de mettre fin à ses activités d’assainissement de la ville alors qu’un contrat de 10ans le liait aux autorités mauritaniennes selon des sources.

« Est-ce une rupture de contrat ou résiliation de contrat ? » voilà le sujet de causerie qui planait dans les esprits des compatriotes de Ahmed Hamza, ex Boss de la CUN. Les plus nostalgiques espéraient une issue favorable des discussions entre les deux parties jugeant que Nouakchott est « jolie dè » sous la baguette magique de pizzorno qui acheminait les démarchages au centre d’enfouissement technique situé à 25 km de la capitale mauritanienne.

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Basra dépôt d’ordure/ By Awa Seydou

Progressivement, la CUN a pris du service à la place de pizzorno comme en témoigne la présence de ses travailleurs journaliers qui sillonnent les abords des goudrons depuis l’arrêt des actions terrains de pizzorno le 22 mai dernier. Contrairement à l’équipe précédente, ces journaliers bravent le soleil à pied « walay » à la recherche d’ordure en attendant de marquer des pauses devant le siège de la CUN leur quartier général. Une nouvelle donne qui fâche des employés de pizzorno qui ont organisé un sit –in le 7 juillet  pour réclamer justice.

En attendant de recevoir des éclairements sur leur sort, mon quartier « Basra » se réveille aux allures des camions de la CUN, qui débarrassent les différents axes des décharges. Des ordures qui convergent tout comme celles des charretiers vers le rond point marbat (marché mouton) au grand dame de ces habitants qui s’inquiètent des risques d’épidémie.

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Décharge vers carrefour Marbat(marché mouton)/ By Awa Seydou
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Nouakchott, près du marché de mouton/ Awa Seydou
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By Awa Seydou
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By Awa Seydou
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By Awa Seydou

A l’allure où vont les choses, je pense que la CUN assurera désormais l’assainissement de la capitale même si certains se désolent encore de l’arrêt de Pizzorno qui « faisait très bien son job » selon des confidences. La prise en main de l’assainissement de Nouakchott est-elle un moyen pour l’Etat mauritanien à travers la CUN d’exprimer une souveraineté ou est -ce la volonté de la présidente de cette institution d’imposer son style ? Le plus important est doute l’assainissement durable et efficace de la ville en vue d’en faire une des capitales propres de la sous-région.