Traoré Awa

Tinalbarka rêve de devenir avocate pour défendre les personnes injustement condamnées

Elle a fui la violence au Mali. Tinalbarka, âgée de 16 ans: « Je m’appelle Tinalbarka. J’ai 16 ans. Je suis malienne. Ma famille a fui Bamako à cause de la guerre. Nous sommes arrivés ici, à Mbera, où je vis avec mes parents. Heureusement, j’ai eu la possibilité de faire des études parce qu’il y a des écoles dans le camp. Je me suis inscrite à l’école et je suis en troisième. Ce que je souhaite, pour mon avenir, c’est de terminer avec succès mes études, de manière à obtenir un diplôme et à pouvoir trouver un emploi. J’aimerais être avocate un jour. »

« Je rêve de devenir avocate parce que je souhaite aider les innocents, les gens accusés de crimes qu’ils n’ont pas commis. C’est pour cette raison que je rêve de devenir avocate. ».

Parents greet their daughter Tinalbarka a sixteen years old refugee from Mali, as she leaves family tent to attend classes at secondary school in Mbera refugee camp. ; Background information: Tinalbarka is an 16 years old refugee from Mali and a role model among her peers in Mbera refugee camp.Tinalbarka dreams to become a lawyer to help the most vulnerable. Since mid 2012 due to civil conflict in Northern Mali, more than 49,000 Malian people sought refuge in Mbera refugee camp in Mauritania. The malian conflict is now in its fourth year and it has become a protracted situation despite signature of the Algeri peace agreement in 2015. No massive scale return are hence envisaged in years to follow.
La jeune Tinalbarka, âgée de 16 ans, est devenue l’un des défenseurs acharnés de l’école et un modèle pour les jeunes du camp de réfugiés de Mbera, en Mauritanie. Touareg, elle fait partie d’une tribu nomade originaire du nord du Mali. Malgré les accords de paix conclus en 2015, la situation demeure tendue au Nord-Mali. À la suite d’affrontements ethniques, sa famille a de nouveau été obligée de prendre la fuite.

Le taux d’analphabétisme est encore élevé au sein de la population nomade du camp, notamment chez les filles. Le HCR s’est tout particulièrement attaché à sensibiliser les familles à la nécessité d’envoyer leurs enfants à l’école et à organiser des cours d’alphabétisation et de calcul pour adultes. Grâce aux récentes campagnes destinées à promouvoir l’éducation pour tous et l’intégration des filles, le pourcentage de filles inscrites dans les six écoles primaires du camp est aujourd’hui presque identique au pourcentage de garçons.

Dans le cadre des campagnes destinées à promouvoir l’éducation dans le camp, Tinalbarka a présenté un sketch qui met en scène une jeune fille bien décidée à aller à l’école, contre la volonté de ses parents. Contrairement à ce qui se produit dans le sketch, le père de Tinalbarka, Amano AG Issa, membre du célèbre groupe « Tadiazt », encourage la jeune fille à réaliser son rêve, qui est de devenir un jour avocate. Pour soutenir Tinalbarka et la scolarisation féminine, Tadiazt donnera un concert destiné à promouvoir l’éducation et l’intégration des filles à Nouakchott, lors de la Journée mondiale 2016 du réfugié.

Montrez votre solidarité #Aveclesréfugiés comme Tinalbarka en signant la pétition dès aujourd’hui.

Source: https://www.unhcr.org/refugeeday/fr/tinalbarka-histoire/


Bac mauritanien: la désillusion de Rama

Elle faisait ainsi le bac pour la 3e fois. Elle espérait vraiment l’avoir cette fois- ci. Et tout avait bien commencé pour cette jeune mauritanienne au sourire radieux qui n’aime pas trop se connecter sur le réseau facebook, de peur d’en être accro.

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Ce jour là ,j’ai pris part à un atelier avec Rama.C’est à la suite d’un texto qu’on lui apprends qu’elle a passé son bac, une réussite tant attendue par celle qui voulait obtenir un bac C. Mais un de ses prof lui conseilla de tenter sa chance en série D.

Un texto et la joie de Rama était étincelante, très vite ,depuis l’annonce, elle ne cessait de sourire sans cesse en disant  » jai eu le bac, j’ai eu le bac, Maman, tu es au courant que j’ai mon bac!!! » et des félicitations venaient de partout et il était question d’arroser comme il se doit cette réussite. L’annonce de la délibération a fait le tour du réseau social facebook.

Malheureusement, la joie de Rama fut de courte durée, après un tour sur le site du ministère de l’éducation nationale, elle apprit qu’elle a été ajournée. Elle bascule donc de la joie à la tristesse sans rien comprendre de ce qui lui arrive me dit -elle faisant semblant de supporter ce choc et de croire enfin qu’elle a raté le bac pour la 3e fois, alors que ses deux copines l’ont eu après deux round.

Aura t-elle la force de refaire le bac? après cet échec digne d’un feuilleton, où des gens se sont vus admis sur le site du ministère de l’éducation avant de déchanter à cause d’un piratage contre ce dit site selon de nombreux commentaires.

 


Mali : rencontre avec l’activiste Fatouma Harber

« Je ne faiblis pas parce que je suis sûre que je ne perds pas mon temps » tel est l’une des déclarations fortes de cette blogueuse dans ce coup de cœur du mois. Cette activiste qui « milite pour un seul parti, le Mali » nous parle de son engagement , de son regard sur son pays qui travers une crise sécuritaire sans précédent. Avec des mots, elle nous parle des maux du MALIBA.

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Reines d’Afrique : Comment est né ton engagement?

Mon militantisme est né d’un amer constat. La jeunesse malienne est tombée dans les travers. Elle se contente de faire du suivisme, où de profiter des biens de papa. Alors que c’est à elle qu’il revient de se battre pour redresser ce pays qui est fortement menacé de partition Je suis partie de Twitter. Je me suis retrouvée dans le blogging et l’activisme par patriotisme.

Reines d’Afrique: Quelles sont des difficultés de cet engagement ?

C’est une difficulté matérielle d’abord car être Web activiste C’est être connectée en permanence, influencer dire la réalité, la dépeindre.

Le Mali est le pays où l’internet de mauvaise qualité que nous avons coûte extrêmement cher malgré les difficultés.

Reines d’Afrique: Et ton engagement est intact !!!

Et personne ne te paye parce que tu défends ton pays Je ne faiblis pas parce que je suis sûre que je ne perds pas mon temps. J’ai orienté beaucoup. Je lutte pour que la communauté des blogueurs du Mali soit un organe important de notre société civile.

Reines d’Afrique: ce combat  avance t-il ?

Oui. Nous avons tenu nos premiers blocamp, nous avons un programme fourni de formation dotation en matériel, pour nos blogueurs, mais nous n’avons toujours pas de partenaire solide.

Reines d’Afrique: Le blogueur est t-il de plus en place écouté au mali ?

Oui ! Concernant les sujets sur lesquels je m’exprime le plus, j’interviens sur plusieurs radios nationales et internationales, Kledu , Mikafo, La voix de l’Amérique .Je joue mon rôle quand il faut mettre un Blogueur en contact avec des amis journalistes de France24.

Reines d’Afrique: On sent votre engagement, votre patriotisme dans tous vos posting, comment faites- vous pour garder le moral ?

 Je me ressource dans ma famille, j’ai une petite fille, je vis chez moi Tombouctou avec mes deux parents et mon conjoint. Mes amis cela,  m’aide beaucoup pour garder le moral.

Même s’il faut reconnaître que je suis une personne qui se décourage ou s’attriste peu facilement. Je pense que ma force, c’est ce moral, je crois en moi, En la jeunesse, je me dis qu’il ne faut pas baisser les bras, que je dois lutter pour que ma fille trouve ce pays que j’aime. Que je puisse lui apprendre à l’aimer aussi sinon autant.

Reines d’Afrique: Comment vois-tu cette jeunesse aujourd’hui, la relève est elle en marche?

 Concernant la jeunesse malienne. Je suis bien sceptique Elle se déséduque – mot que j’ai inventé exprès pour le Mali .Le niveau du jeune malien baisse beaucoup. La majorité se contente du peu. Elle est en train de tomber déjà dans les travers des vieux qui font tout pour rester jeunes et accaparer les postes que ces jeunes devraient avoir.

Reines d’Afrique: Quel est ton regard sur la situation politique social et militaire du pays?

Je pense que ces trois réunis dans les mains du mauvais homme risque de faire disparaître notre pays si les maliens ne réagissent pas. Notre but c’est une paix véritable. Pas une entente entre le président du Mali et les indépendantistes du MNLA ou les islamistes du HCUA.

Quand 2 éléphants se battent, c’est l’herbe qui est écrasée. Nous populations du Mali entier sommes cette herbe. J’espère que mes frères de Kidal s’en rendent compte. On ne peut réclamer le développement en prenant des armes et en détruisant les faibles infrastructures de développement présents.

Reines d’Afrique: Pour finir parle-nous de ton pépinière TIC Sankoré labs

 Sankorelabs est un espace de coworking. Un centre de formation en informatique et un espace de transformation sociale

Nous avons pris Sankore qui était l’université de référence en Afrique et dans le monde au 15e  siècle à Tombouctou. Et le Labs couvre toutes nos activités. Nous avons plusieurs projets dans le domaine de la  vulgarisation des TIC au Mali, notamment codeml pour former plus de 1000 jeunes à Tombouctou, à l’informatique à l’Internet et aux réseaux sociaux Mais aussi au codage.

Nous faisons par ailleurs le coaching et la formation en entrepreneuriat, le leadership L’incubation des jeunes startup à Tombouctou malgré cet état d’insécurité qui date de 2012  .Et qui je pense ne doit pas nous empêcher d’avancer.

 


Aissata Lam : une mauritanienne d’exception

Elles sont diplômées des universités occidentales, ont des opportunités d’emploi dans les plus grandes capitales, mais c’est dans leur pays natal qu’elles décident de déposer leurs valises. Fini le rêve européen ou américain, le “african dream” attire de plus en plus de jeunes attirés par les économies fleurissantes et la douceur des villes africaines. D’Abidjan, à Cotonou, en passant par Dakar et Nouakchott, les portraits que nous partagerons retracent la trajectoire des repats (diminutif de rapatrier, par opposition a expatriés).

Aissata Lam est l’exemple parfait d’une afropolitaine. Née en Mauritanie, grandit en Côte d’Ivoire où elle s’installe avec sa famille avant d’aller passer le baccalauréat en France, et poursuivre ses études entre le Canada et les États-Unis. Ce riche parcours fait d’elle une Third culture Kid, comme elle aime à se définir, se distançant des singularités et divisions entre l’ici et là-bas, entre le traditionnel et le moderne. Elle conjugue les identités, complexes et multiples, sans cohérences entre le pays de naissance, le pays d’origine, le pays de résidence, le pays de nationalité et le pays d’adoption. “Je me sens locale à la fois en Mauritanie bien entendu, mais aussi en France, à Montréal, à Abidjan. L’expression Home is where the heart is prend tout son sens pour moi. Je me sens local Presque partout où je vais. Sans barrières ni frontières.”

Frantz Fanon disait aux générations africaines : Chaque génération doit dans sa relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. Au-delà des questions d’identités donc, c’est à cet appel, à ce sentiment fort et indomptable, celui de devoir poser sa pierre à l’édifice, de contribuer au développement et à l’autonomisation des sociétés africaines que Aissata a répondu. C’est dans son pays d’origine, là où elle n’a que peu vécu et pour lequel elle a de belles ambitions qu’elle décide de poser bagages.

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 Après son baccalauréat obtenu en France, elle poursuit ses études supérieures à HEC Montréal où elle gradue d’un Bachelor en Finance corporative et affaires internationales.

Son engagement académique l’emmène à participer aux compétitions inter-universitaires internationales, aux jeux du commerce et simulations dont elle termine inévitablement finaliste. Ces multiples activités ainsi que son introduction à la jeune chambre de commerce de Montréal font germer l’idée d’une plateforme offrant des opportunités similaires aux jeunes Mauritaniens.

Élève remarquable, Aissata obtient son diplôme et rentre tout de suite sur le marché du travail montréalais. Elle s’implique avec le bureau de l’Unicef à Montréal, encore étudiante, et y continue quelques temps après les études avant de travailler comme underwriter (analyste de risque) pour une compagnie Américaine de services financiers et assurance, Liberty Mutual.. C’est alors que, toujours en poste, mais avec l’aide de sa sœur, Aissata se lance dans une aventure de réflexion, de rencontres, de rédaction de plan d’affaire, dont l’issu nous ai aujourd’hui connut. Un an et demi plus tard, en dépit de tous les obstacles, celle qui était pourtant perçue comme ‘pas assez Mauritanienne’ (celle qui se trouve à l’intersection du genre et de la couleur ‘femme et noire’) lance avec ses collègues qu’elle considère aujourd’hui comme sa deuxième famille, la Jeune Chambre de Commerce de Mauritanie, une des structures les plus prometteuses du pays.

Mes années d’expérience à Montréal ont été fructueuses en terme d’expérience et d’apprentissage. Mais j’avais l’impression de ne pas contribuer à grand-chose dans ce monde. J’ai donc pris la décision de m’impliquer dans quelque chose qui ferait une différence, qui contribuerait véritablement au développement de mon pays. La jeunesse est la pierre angulaire de ce développement, étant une force créatrice et innovatrice. Les perspectives d’espoir et de changement transitent par entrepreneuriat des jeunes. Et pourtant, les taux de chômage élevé frappent la jeunesse dans le monde et en particulier en Afrique subsaharienne. C’est un drame puisque cette jeunesse est versatile, pouvant être à la fois source d’opportunités et bombe à retardement.

Mais Aissata ne s’arrête donc jamais ou plutôt elle personnifie le ‘ nul n’est impossible’. Prochaine étape : la très prestigieuse université Harvard où elle décide de poursuivre sa Maîtrise en Finance, avec un mémoire faisant échos à sa présidence de la JCC de Mauritanie (Micro-financement et le financement des PME). Durant sa rédaction elle est emmenée à faire du terrain en Mauritanie. C’est par ces allées et venues, lui permettant de s’imprégner du local, de se faire des contacts, de s’y construire une histoire et de ‘ briser la glace’ comme elle le dit, que son processus de retour se concrétise progressivement.

Je voulais rentrer en Afrique et préférablement à Nouakchott pour continuer notre projet de la Jeune Chambre de Commerce Mauritanienne.

Le retour, elle l’a voulu. En effet, même si ici (là-bas) ce ne sont pas les opportunités qui tarissaient, ce sentiment pressant, l’appel de la terre ne la lâche pas. Aissata postule dans la foulée à la FAO. Tout va très vite.

Lors du vol ‘retour’ elle nous dit avoir été animé de confiance et d’excitation. En même temps, privilège ou damnation des enfants de la third world culture, rien n’est définitif ; c’est sans doute ce qui facilite le retour, qui n’est plus perçu/vécu comme un emprisonnement, mais une fenêtre d’opportunité.

Le choix du retour : le champ infini des possibles

Son choix du retour n’était pas définitif. Il ne le sera certainement jamais puisque Aissata reste une nomade. Mais deux ans, Aissata nous parle d’un cercle vertueux qui se crée en Mauritanie, où la jeunesse consciencieuse se dresse et rêve pour elle. La JCC de Mauritanie est aujourd’hui reconnue pour son apport à l’économie et l’innovation du pays.

C’est une Plateforme de jeune professionnels et entrepreneurs. Ils organisent des activités pour les stimuler et les aider à cheminer dans leurs carrières. Le tout est de mettre des outils à leur disposition car cheminer tout seul dans le monde de entrepreneuriat ou dans la carrière professionnelle est chemin de longue haleine. Plusieurs types d’activités et d’événement sont proposés : Il y a des 5 à 7, des formations, des activités pour mettre en relation les membres avec des gens de l’industrie.

Dans la foulée de leurs initiatives, Aissata et ses collègues créent la cérémonie ‘Mauritaniennes d’exception’. Une initiative qui souhaite rétablir le juste mérite des femmes mauritaniennes, au-delà des perceptions. Globalement perçues comme inactive, femme au foyer, soumise. Pourtant, elle fait l’expérience tous les jours, dans son travail, sur le terrain, de leur force et leur contribution indispensable au bien-être commun. Que soit dans l’agriculture, entrepreneuriat social, l’éducation, les femmes mauritaniennes sont présentes. Elles travaillent trop souvent dans l’ombre, souvent oubliées, parfois opprimées et très peu célébrées. Force invisible dans un pays qui fait rarement les manchettes et qui pourtant a tant à offrir par sa culture riche et métissée.

En plus de gérer son organisme, la JCCM, Aissata travaille à la FAO sur des projets de lutte contre la pauvreté, liés à l’agriculture et l’alimentation. Je m’occupe de la thématique de l’Inclusion financière (Micro-finance et Protection Sociale), on est souvent sur le terrain, dans des settings ruraux. C’est là que se trouvent les bénéficiaires des projets. Il s’agit de créer des écosystèmes financiers  pour rapprocher les communautés vulnérables, qui n’ont pas accès aux banques ou institutions financières formelles ;des exemples d’innovation dans ce secteur est le warrantage, un mécanisme pour pallier aux fluctuations du marché local en période de soudure ; tenant en compte la volatilité du calendrier agricole et de la saison des pluie. Cela permet de limiter les effets de la sécheresse et d’exercer des activités source de revenue et de stabilité pour les familles.

Ses journées-type, débutent très tôt immanquablement par une prière, l’écoute de Bossa Nova, et sont rythmées par la dégustation de cafés (grande amatrice de café). Puis le boulot, où l’environnement varie selon qu’elle se trouve sur le terrain ou au bureau.

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Un style de vie des plus agréables

Le choix du retour n’est pas simplement motivé par des raisons économiques. Le retour chez soi signifie aussi l’accès à un certain confort. Pour Aissata s’est l’occasion de renouer avec une vie simple et agréable, où l’amour du continent rythme chacune de ses activités. Tenante d’une Afrique unie et sans frontières, elle part à l’aventure, à la découverte des trésors du continent, du Sénégal à l’Éthiopie.

Des virées dans le désert, des road trip à Dakar, des brunchs à la place tous les dimanches avec ses amies, Nouakchott rempli la jeune femme d’un étrange sentiment de liberté. Paradoxale, diraient certains, quitter l’occident pour trouver la liberté en Mauritanie, pays musulman et dit traditionaliste. À cette prétention, Aissata répondrait que c’est cette liberté qui lui plaît, celle de faire des projets qui comptent, de pouvoir faire la différence, tout en profitant des bonheurs de la vie. Les longues heures de travail de 9 à 9h, elle l’a connu, pour avoir travaillé en finance corporative. Son choix est fait. Celui de pouvoir visiter Saint-Louis en lisant Senghor, organiser des événements avec les jeunes de chez elles et aller sur le terrain.

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Aficionado de Jacques Brel, connaisseuse de peinture et de photographie, elle accorde une importance toute particulière à l’esthétisme au-delà des canons et conventions. Ses photographies, son style vestimentaire, son goût de la littérature, son épicurisme sont autant de signes de la diversité qu’elle porte en elle et de la soif de découverte qui l’anime.

Au départ, Nouakchott est très réticente à la diversité nous dit Aissata. Le sentiment d’isolement est donc un des plus fort dans les premiers mois. Mais petit à petit on fait de belles découvertes, de belles amitiés. Il faut garder l’esprit ouvert et se faire des amis, souvent des repats également, qui partagent les mêmes expériences. Il ne s’agit pas de se distancer de la société mauritanienne ! Bien au contraire, si nous sommes rentrés c’est pour se faire accepter comme étant d’ici, malgré nos parcours différents. C’est aussi pour participer du mieux qu’on peut à notre société, celle pour qui nous vibrons tellement. Nous adoptons ce que j’appelle la Coping Strategy. Mon mental health est important et si je veux être heureuse à Nouakchott il faut que je sois dans un environnement ou je m’épanouis. Et s’il le faut et si je le veux, je m’enferme chez moi, à écouter Jacques Brel tout le weekend.

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2 ans après : le reality check

À part aller flâner à la librairie et chercher des anciennetés dans les magasins vintages, il ne me manque rien, ironise Aissata. Motivée par les défis qu’offre la ville de Nouakchott. Il se crée un cercle vertueux dans le pays où les jeunes locaux ou repats s’encouragent à faire plus, à faire mieux. Dans quelques années, avec beaucoup d’effort et des convictions, il n’y aura plus autant de barrières à s’y installer.

Le retour est une expérience à vivre pleinement avec toutes ses imperfections ! Vous réaliserez que l’expérience humaine vaut le détour ☺. C’est certain que tout n’est pas rose, tout le temps.  Je me retrouve souvent très en colère face à certaines situations auxquelles je ne suis pas habituée, mais j’essaie de toujours prendre du recul. La circulation, des règles de conduite de base, faire la queue. Bref, des principes de citoyenneté qui m’ont été inculqués très jeune, et qui s’imprègnent comme référence. Il faut simplement se rendre compte qu’il existe différents référentiels, ne pas juger, prendre du recul et avancer.

En définitif, l’Afrique je la vois, sans frontière, acoustique et belle. Notre slogan à la jeune Chambre c’est ‘Osez vous propulser’ ! Je pense que l’Afrique est sur un trampoline et que si elle met la force nécessaire…sky is the limit.

Source afriknow.org


Nouakchott: Pauvre , Mariem, une mère de 7 enfants

Mariem, la trentaine, au foyer, est mère de 7 enfants. N’ayant personne pour garder ses enfants, elle le fait elle-même. Son mari est vendeur de friperie, il passe ses journées au marché. Il y a des jours, où trouver même du pain est un parcours du combattant selon Mariem. J’ai rencontré cette dame au quotidien précaire lors d’une sortie récente de la Marmite du partage dans la commune d’Arafat à Nouakchott.

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Le jour où Mariem n’a rien, sa cousine Maguette qui habite dans ce gazra (habitat de fortune) lui vient en aide. Ce soir là, Mariem était soulagée car elle était une des bénéficiaires de l’opération de distribution de repas de la marmite du partage qui se rend depuis 5 ans durant ses sorties pendant le ramadan dans un des quartiers précaires de la capitale pour faire la cuisine et ensuite la distribuer aux pauvres. Une façon de faire une rupture collective du ramadan, de permettre à ces nécessiteux de bénéficier d’un repas du soir en bonne et due forme, une façon de faire voir l’extrême  pauvreté dans laquelle vivent des gens.

Des moments intenses de partages , d’échange, de brassage, de réflexion , de plaidoyer , de terrain, que l’on a envie de tirer en longueur. Comme on dit, chaque bonne chose a une fin, une journée de cuisine, ou de distribution de kits, j’image le regard de Mariem qui aimerait que cette journée dure des jours, des mois, pourvu qu’elle reçoit un secours constant pour faire face à la précarité. Elle aimerait bien développer un commerce, mais faut de moyens ce projet risque de ne pas se faire dans l’immédiat.

Pour Mariem, difficile de joindre les deux bouts, sans formation, sans travail et une charge familiale.

Histoire à méditer

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