Traoré Awa

Mauritanie : une sage-femme , un model de professionnalisme à sauver

Pourtant une femme en état de grossesse est vulnérable, fragile émotionnellement et mérite, je le dis avec une peine au cœur, toute notre attention, notre amour,notre tendresse, notre appui  moral pour mieux dépasser cette période très spéciale.

Journée Internationale de la contraception 2019/ crédit photo Association des Sages femmes de Mauritanie

« Sage-femme, aigrie , insensible, pas attentionnée, pas professionnelle », voilà des clichés qui me parviennent très souvent à propos de certaines sages -femmes lors d’accouchement.

A cause de ces comportements qui indignent ce métier, l’accouchement fait peur de nombreuses de mes connaissances surtout celles qui vont dans les hôpitaux ou centre de santé parfois disposant d’un plateau technique peu adapté.

Une seconde d’accouchement parait une éternité. Rien de plus marquant pour l’aider à traverser ce moment de turbulence qu’une thérapie morale : juste des mots de réconfort tout courts, tout simple et gratuit : tiens bon ça ira, c’est bientôt fini, sois forte…

Quand je pense à mon cas personnel, j’ai des frissons, de la colère, car l’indifférence de ces certaines sages-femmes fait froid au dos et constitue un acte de violence qui marque à jamais, parole d’Awa.

Mes interrogations

Comment  peut-on rester indifférentes au cri de douleur d’une femme en situation d’accouchement ? comment peut-on laisser une femme accoucher sans le minimum soins alors qu’elle est en pleine contraction ? Comment peut-on dire à une femme à qui il reste une seconde pour accoucher de rembourser chemin pour se rendre dans le centre où elle a été suivie?.

Pour toutes ces questions qui consistent à poser le débat pour y trouver des solutions adéquates car accoucher dans nos services, relève d’un parcours souvent du combattant. Pourtant la femme qui accouche à juste besoin de soins adaptés pour la circonstance et beaucoup d’attention.

A l’hôpital national de Nouakchott, je me souviendrai toujours de cette jeune stagiaire sage- femme dont le sourire m’a aider à soulever cette montage de douleur lors d’un accouchement. Voilà une personne qui porte en elle , le flambeau de ce métier si spécial.


Mauritanie : L’espacement des naissances, un facteur de lutte contre la pauvreté

Pour moi, la pauvreté est un facteur de vulnérabilité qui livre malheureusement ces gens à la mendicité,la précarité .Une triste réalité, qui doit nous inciter à mieux concevoir nos naissances , en fonction de nos situations économiques, pour éviter que des gens se retrouvent dans la rue du jour au lendemain, car n’ayant pas les moyens de subvenir aux besoins vitaux de leur famille.

Consultation gynécologique Dispensaire Kissal/crédit photo Awa Seydou

Par la mendicité, ces familles espèrent trouver quotidiennement facilement de l’argent ou des denrées  comme le sucre, le lait pour nourrir leurs familles . Pour elles, c’est nécessité, qu’elles sont là, mais si on parlait à cœur ouvert, je pense que la meilleure manière de lutter contre cette précarité est de mieux organiser nos naissances, afin d’épargner à nos enfants la mendicité, une des conséquences de la pauvreté.

Je ne juge pas personne, je dis tout simplement qu’il faut privilégier l’espacement pour garantir un épanouissement familial. Un planning familial va permettre aux parents d’avoir des naissances espacées avec moins de risque de les envoyer dans la rue pour trouver le gagne pain familial.

L’espacement des naissances, un facteur de bien être, sanitaire moral et économique

Triste quotidien de va et vient entre carrefours, exposés aux nuisances sonores de ces lieux, des histoires bouleversantes, émouvantes, des visages perdus dans les pensées, témoignent de l’état de vulnérabilité de ces individus pour qui l’espacement des naissances sera sans doute un facteur d’épanouissement personnel et familial à mon avis. Certes la pauvreté ne doit pas empêcher les gens de faire des enfants, selon certains mais on doit être conscients de la vulnérabilité dans laquelle, l’on est  quand on est pauvre, afin de freiner la précarité, en planifiant nos naissances en fonction de nos situations économiques

On doit revoir notre relation avec la santé reproductive, privilégier la qualité et non la quantité, en bref ce n’est pas le nombre d’enfant mais notre capacité à leur offrir un épanouissement digne avec le minimum de confort par la ténue d’un espacement mieux ficelé .

Une fois à  Arafat, une commune de Nouakchott, j’ai rencontré une mère d’une trentaine d’année, avec 5 enfants, n’ayant même pas 50 MRU (80 franc cf) pour acheter du pain dont ces derniers réclamaient. Je pense que si ses enfants étaient espacés, la maman aurait pu avoir le temps de travailler, se débrouiller , veiller sur la santé reproductive par un repos biologique nécessaire à son développement personnel, et subvenir aux dépenses familiales , aux cotés du mari à travers une occupation entrepreneuriale.

Je croise presque chaque matin, ces personnes qui prennent d’assaut les abords du célèbre carrefour BMD, dès les premières lueurs du mati.Leur challenge est de trouver une place stratégique pour quémander au nom de la prise en charge de leurs familles. Certains de leurs enfants, les accompagnent fréquemment dans leurs péripéties au quotidien, sous un soleil de plomb parfois.Pourtant avec le minimum de conforts, ces enfants auraient pu aller à l’école, s’instruire, vivre dans le minimum d’harmonie et de quiétude.

Plus les naissances sont espacés, plus les parents  s’épanouissent et peuvent se lancer dans le secteur informel par exemple, un moyen de subsistance en vogue en Mauritanie.

Même avec une somme symbolique, on peut faire un commerce comme le cas de ces vendeuses de beignets, ou de friperie de chaussures devant Istanbul boutique.

A mon humble avis, l’espacement des  naissances en terme simple, la planification permet à la famille de s’épanouir moralement, physiquement et économiquement, bref constitue un facteur sanitaire pour le bien être de la famille en général.

Plus il y a espacement,plus la femme (gardienne du temple familial) peut mieux  vaguer à ces occupations en ayant une certaine tranquillité de bien être moral, sanitaire et économiquement.  Elle peut mieux contribuer et de façon pérenne à la prise en charge de  sa famille, en joignant les deux bouts aux cotés de son mari.

Une réflexion qui pose aussi la question de l’accès des personnes démunis à la planification familiale qui est un droit fondamental.


Audio: le challenge de APEFAS pour la scolarisation des enfants vulnérables en Mauritanie

L’Association pour la Protection de l’Enfance de la Femme et de l’Action Sociale( APEFAS) est née d’une histoire personnelle .A travers celle de Cheikh Ahmed Tidiani Tall, ( qui fut enfant talibé durant 14 ans ) mais devenu aujourd’hui un jeune leader engagé pour la cause des enfants.

Siège d’APEFAS (crédit photo)

Une action qui vise à contrer la délinquance juvénile. Depuis son lancement, cette association a enregistré plus de 300 enfants qui viennent les après midi suivre gratuitement des cours de mise a niveau , une façon d’agir contre la déscolarisation des enfants « Avenir de demain ».

Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de APEFAS qui organisera prochainement un match de solidarité au terrain Arena.

Durant cette activité, prévue le 27 septembre, le public est convié à offrir des fournitures scolaires au profit de ces enfants en perspective de la rentrée des classes prévue Octobre prochain( pour le programme mauritanien).


Accidents de la route: un phénomène inquiétant en Mauritanie

Conduire dans les règles de l’art permet de sauver des vies. En épargnant aux autres un choc, le conducteur sauve sa vie, une chose qu’on doit garder à l’esprit constamment.

Mauritanie, scène d’accident routier – crédit photo: site Alakhbar

A chaque fois que j’appelle un taxi-man ou un conducteur à la prudence au volant suite à un excès de vitesse, la réponse est toujours la même : « Madame, tu as peur de mourir ou quoi? ». Pourtant, là n’est pas le débat, peur ou non, la mort viendra quand l’heure sonne j’en suis convaincue, mais cet état de fait ne nous empêche de prendre soin de ces instants précieux qu’on doit vivre sur terre, en exigeant une conduite idéale.

Si j’étais la ministre de tutelle de ce département, ces types de conduites seraient sanctionnés, par des retraits de permis ponctuels, afin de rappeler à l’ordre efficacement et surtout sauver des vies. Sur nos routes, on doit avoir comme priorité la sécurité de ceux qu’on transporte, afin de les amener sans danger là où ils souhaitent se déplacer. On doit veiller à ce que le déplacement se fasse dans les meilleures conditions, éviter les courses contre la montre inutile. Pour cela, il faut une conduite sûre, responsable, prudente, bref une mobilité sécurisée.

Je suis désolée, mais on ne doit pas conduire en regardant son portable au volant, fumer au volant comme si on était dans un maquis, on ne doit pas filer à des allures imprudentes sous prétexte que le temps c’est l’argent, ni conduire en somnolant. Il ne faut pas l’oublier, un instant d’inattention peut être fatal parfois surtout pour le conducteur.

Ta vie est sacrée, tout comme celles de ceux que tu transportes. Je vous prie de conduire de façon rassurée surtout que nos routes sont souvent en mauvais état surtout dans certaines zones aussi de l’intérieur.

Tout ça pour dire qu’au volant de courte ou longue distance, il faut adopter une conduite responsable, respectueuse de la vie humaine. Une conduite irresponsable peut causer des accidents mortels, et des dégâts matériels colossaux.

Arrêtons de banaliser la conduite, car cette banalité peut détruire des vies à jamais.


Mauritanie: l’envol du football féminin

L’histoire du foot féminin est entrain de s’écrire lentement mais sûrement. Oui la pionnière Thiolito et ses coéquipières sont entrées dans les annales du football féminin national, comme étant les premières à défendre les couleurs nationales le 30 juillet dernier, après des années de dur labeur dans l’ombre pour la reconnaissance de cette discipline longtemps l’apanage des hommes. Une première sortie sous le regard attentif et exigent du public assoiffé de buts, comme en témoignait l’ambiance de jeu.

Mauritanie face Djibouti/Crédit photo Awa Seydou Traoré

Il a fallu batailler pour l’ancrage du foot féminin par la passion, la patience, le savoir faire, l’engagement et la vision afin de pousser ce sport féminin vers son envol. Mais le train est en marche.

Après un premier match officiel amical perdu face à Djibouti (3-1) fin juillet dernier, les Mourabitounes ont séjourné depuis début août en Espagne dans le cadre du tournois COTIF. Un pas dans la cour des grands pour les mauritaniennes déterminées. Même si nos joueuses ont été battues par des scores fleuves lors de cette compétition, l’essentiel d’abord, pour elles, est de franchir ces étapes des débuts difficiles, pour parvenir à des performances ensuite. La défaite est une étage du succès. Il faut surtout garder un moral de fer pour aller loin, continuer à soigner son jeu et surtout éviter les querelles internes pour mieux avancer.

On retiendra que le 30 juillet comme le 1er match officiel des Mourabitouns femmes contre Djibouti dans une rencontre internationale amicale, où Fatou Diop a inscrit son nom dans les annales de ce sport en marquant le 1 but mauritanien via un penalty .

Equipe mauritanienne de foot féminin/crédit photo FFRIM

Un travail rendu possible par la FFRIM, avec la dynamique Oumou Kane, en charge du département foot féminin, du coach et ancien international Abdoulaye Diallo alias « Courtaud ». La suite du COTIF pourra certainement booster la performance du jeu de cette équipe féminine dont rêve d’intégrer désormais de nombreuses jeunes filles qui s’entraînent chaque soir sur des terrains de quartiers populaires ici au pays des millions de poètes.