Traoré Awa

MauriApp Challenge: une histoire d’application mobile

De jeunes mauritaniens passionnés de technologie offrent à la mauritanie le 1er concours d’application mobile dénommée « MauriApp Challenge » une œuvre portée par Hadina RIM TIC : www.hadinarimtic.org

Une nouvelle façon de promouvoir la création de contenus made in mauritanie via les téléphones portables pour parler simple et précis. J’avoue que je ne comprenais rien à ce thème d’application mobile, mais à force de l’entendre de plus en plus en Mauritanie ,je me familiarise avec comme pour être à la page de cette expression très en vogue dans une société islamique où les jeunes manipulent à la loupe le mobile.

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C’est la 1er fois après 50ans d’indépendance qu’une telle initiative voit le jour sous l’impulsion de jeunes mauritaniens au parfum des outils technologiques comme l’application mobile. C’est une idée porteuse dans le sens où il incite à la créativité ,l’entrepreneuriat et  une alternative au chômage des jeunes pour ce projet qui se veut « incubateur d’innovations » voilà un mot que je côtoie désormais.

Pour cette 1er édition, le challenge a donc duré trois mois , où les candidats au développement mobile ont muri leurs idées, constituer leurs équipe, ou partir en solo afin de fournir une offre répondant aux besoins de consommateurs locaux, une exigences des initiateurs de ce concours qui ont eu le soutien de la Banque Mondiale,du, Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et des TIC et d’autres partenaires comme les opérateurs mobile Chinguitel, Mauritel et Mattel etc…

Au total de octobre à décembre 2014, 100 candidats ont postulé, les organisateurs en ont choisi 100, comme  étant la crème des crèmes, parmi ces challenger, des mauritaniennes ont répondu même si c’est pas encore la parité comme pour dire qu’elles sont démographiquement importantes et qu’elles tiennent centre vents et marée à prendre part à la marche de l’internet bref du monde. Une parenthèse pour vous présenter le 1er site conçu et administré depuis d’une dizaine d’années par la woman TIC Fatma Elkory : www.maurifemme.org , c’est le seul que compte le pays pour le moment en terme de promotion de TIC par les femmes.

Pour revenir à mauri App Challenge, dix finalistes se sont tirés du lot dont:

–         HassniaForTourists

–         Marh

–         Nazaha

–          Mauritourism

–          SanteApp

–          Bellewaremedia

–         TaxiSecure

–          MauriDiversité

–          diappApp

–          Smart city

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Soirée cérémonie Mauri App challenge/ crédit photo Mauri App

Après un report du verdict initialement prévue le 30 janvier où la Mauritanie observait un deuil suite au décès du roi d’Arabie Saoudite, les membres du jury, le public a été convié le 16 février dernier à la Chambre de commerce, de l’industrie et de l’artisanat de Mauritanie (CCIAM) pour un dernier round des candidats face au public pressé de savoir enfin qui est l’heureux gagnant de ce challenger dont ont pris part notamment des étudiants.

Après des heures de cérémonie, les challenger ont vu le bout du tunnel avec la consécration de l’application « DiabApp » présentée par Abed Kadjijetou spécialiste de génie informatique qui remporte un gros de 1000.000 UM suivi de Smart city et de Taxi secu.

Après le challenge le défi du suivi et de la promotion de ces talents mobile s’imposent quand on sait que la plu part des applications retenues ont besoin d’avantage d’amélioration bref de coaching continue pour parler comme Mariem Kane la présidente de Hadina Rim TIC.


Mauritanie: mort de soldats par accident routier

Le pays est en deuil depuis le 20fevrier dernier. Un accident routier a coûté la vie à plusieurs soldats de l’armée nationale selon la dernière tués lors de l’accident. L’accident survenu sur ChinguittyAtar a fait aussi des blessés. Une nouvelle qui attriste le pays des millions de poètes dont le moral est en berne face à ce drame qui a suscité beaucoup de communiqué de condoléances.

Face à cette douloureuse circonstance , le gouvernement  dans un bref communiqué a décrété 3jours de deuil national, une façon de marquer une pause le temps d’observer ce deuil en la mémoire des victimes de ce drame qui touche une section de génie militaire.

Au moment où, le pays pleure ces vaillants soldats tombés dans l’exercice de leur job des interrogations pertinentes demeurent sur les circonstances où l’accident s’est tenu : état route, excès vitesse, ou autre piste même s’ il est question ici de l’amélioration de l’état de santé des militaires blessés. Peut être qu’on en saura d’avantage via les témoignages des survivants de ce drame même si la grande muette n’est pas toujours bavarde.

Un silence qui pèse souvent sur la véracité des faits, comme dans cette affaire où certaines sources presses parlent de 17morts, d’autres de 20victimes , affaire à suivre donc comme on dit en bambara « tôt ou tard la vérité se découvre ».


Un regard sur des malades de Nouakchott

Rare sont les jours où je ne croise un malade « mental » sur les différents axes de la capitale mauritania. Ces carrefours sont devenus comme l’arbre à palabre ou un terminus pour ces malades pour qui le temps s’est arrêté il ya bien … longtime.

On voit  parmi ces malades, un vieux familier du coin , sac à la main, peau noircie par le charbon à contempler le lointain comme vers carrefour Sabah qui serait malien d’après des confidences. On a l’impression qu’ils attendent une visite ou qu’ils se rendent en urgence quelque part mais où?. Carrefour Saaba, carrefour boutique couscous, Bmd, on les rencontre souvent stoppés, à la recherche de nourriture,en ambiance de gueularde comme s’ils étaient toujours en connexion avec le reste du monde.

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Scène d’accident à Nouakchott/crédit photo Awa Seydou

Dormir dans la rue dans cette ambiance parfois glaciale, de sentiment d’insécurité, de vitesse des automobilistes qui roulent souvent sans aucune maitrise du code de la rout .Des jours sans réellement se nourrir, ou dormir, se vêtir à peine, pour peu je crois que l’essentiel c’est d’être là. La question qui me vient sans cesse à l’esprit: où sont leurs proches, que font t-ils pour eux, ces malades ne sont t-ils plus récupérables même par des traitements traditionnels?

voilà des pensées qui me viennent à l’esprit chaque fois que je les croise lors de  mes vas et biens dans la capitale, notre capitale où les candidats à la mendicité s’amplifient par ailleurs vu qu’elle  est la voie la plus rentable, le moyen le plus rapide ou facile d’obtenir de l’argent . En effet certains en font une base de revenus et d’entrepreneuriat, comme quoi tous les chemins mentent à Rome.

Une histoire bouleversante

Un matin, alors que je me rendais au boulot, un automobiliste vers boutique couscous par excès de vitesse toucha un malade tombé à cause de l’effet du choc, pressé de joindre son terminus, l’automobiliste sortit de la voiture et remis 1000um (environ 4euro) comme frais de soins à la personne venu secourir le malade qui saignait de la tête et peinait à se tenir debout. J’ai la chair de poule chaque fois que je pense à cette histoire qui prouve jusqu’à quel point l’indifférence de l’automobiliste est très grave.

Comment peut -on blesser une personne dont la tête saigne et faire comme si rien ne venait de se passer?.Le boss qui avait sans doute un rv business s’en alla dans la nature  laissant le malade entre les mains de ses secours qui se débrouillaient à trouver une solution à cette équation: se rassurer que le saignement cesse, ou accompagner le malade dans une structure sanitaire en prenant en charge les frais  ect… je ne pense pas que Mille Um suffirait à soigner une telle blessure.

Je me pose toujours la question , comment l’automobiliste peut t-il dormir tranquillement alors qu’il venait de laisser un homme peut être entre la vie et la mort?.

Rare aussi sont les gens qui s’arrentent pour prêter une attention à ces malades si fidèles à ces lieux comme s’ils y ont un trésor, bizarre, presque tous les jours on les voit rodé par ici, alors que les passagers des compagnies routières se patientent ou se bousculent pour prendre le départ sur cet axe carrefour nouhadhibou qui mène jusqu’au Maroc.

Même s’ils sont déconnectés de la réalité, ces personnes méritent une prise en charge, une protection même si cela demande des coûts, pourquoi pas les faire suivre à l’hôpital psychiatrique alias Hopital Dia si célèbre ici.

Pour cela aussi il faut qu’on sache à qui appartiennent ces personnes livrées à elles même comme s’ils n’ont pas appartenu à la race humaine il ya peut être… bien longtemps quand ils avaient encore la tête sur les épaules.


Mon rêve de devenir journaliste

Quand j’étais encore encore très jeune, je rêvais de devenir journaliste, je ne sais pas pourquoi mais je suis tombée amoureuse de ce métier en regardant les présentations  du Journal Télévisé(JT) de mon pays.Et comme dans un rêve j’ai été bercée par la voix d’un grand journaliste du pays (Mali) celle de Sori Ibrahim Keita alias SIK toujours en exercice à l’ORTM. Sortant du CESTI de Dakar , il accroche par ses enquêtes, ses portraits dont lui seul a le secret.

Il ya très longtemps, même si je ne comprenais pas grand chose à ce qu’il disait dans ses revues de presse de dimanche, mon attention était  fixée sur cette voix si radiophonique, portraitiste qui se particularise encore dans cette profession si attirant et risqué. A cause de ma fascination pour cette voix je regardais les journaux bref je me cultivais d’où ma passion pour les comptes rendus des films, peut être que cela me forgeait à faire ce métier sans que je ne sache au départ. Je voulais à chaque fois comprendre la fin des histoires de feuilleton que je racontais comme si je les avais réellement vécu. Littéraire à 200%, je voulais faire partie de ce cercle des informateurs qui ont la lourde tâche ou chance d’être polyvalents, bref d’être le regard des autres . Cela fait du bien de se retrouver devant une personne qui nous fascine par son savoir faire,  j’ai été très ravie de voir pour la 1er fois SIK en 2002 en Mauritanie où si mes souvenirs sont bons il était venu accompagné Amadou Toumani Touré lors d’une de ses visites officielles en tant que président du Mali.

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Studio RAES Dakar/Crédit photo Awa Seydou

Cette rencontre décisive a marqué un tournant dans ma vie, j’étais face à mon idole enfin . Je n’arrivais pas à comprendre qu’on pouvait être si connu comme lui et être si simple .SIK  d’allure simple, cultivé et très sociable me raconta ses débuts dans cette profession si passionnante ,si exigeante, je me souviens d’une de ses questions« Awa pourquoi tu veux devenir journaliste? » je lui ai dit « pour parler,donner des infos, aller sur le terrain » bref être un reporter même si je ne comprenais pas tout l’enjeu de ce métier qui demande un don de soi en terme de disponibilité, de savoir faire, de savoir être, d’engagement car il ya des jours où tu peux descendre tôt comme tu peux bosser tard sur un élément pour qu’il soit diffusable à temps.

Pour faire ce métier aussi, il faut avoir un entourage compréhensible sinon il n’est pas toujours facile d’être absent de la maison surtout pour les dames qui doivent s’occuper de leur job, du mari , des enfants, et des autres activités sociales bref être au four et au moulin, on a toujours un sommeil à rattraper. Un métier qu’on pratique par passion avant tout car il faut dire aux plus jeunes, le journaliste n’est pas un métier où tu peux t’enrichir facilement. On aime d’abord le faire, ensuite la renommée viendra si tu le fais professionnellement.

Voilà des souvenirs qui ont refait surface à la suite d’une sensibilisation dont j’ai pris part à travers le Club des Jeunes Journalistes(CJJ) qui fait découvrir le métier de journalistes aux jeunes notamment en milieu scolaire. Parmi ce lot de cibles, peut être qu’il y aura les futurs jeunes journalistes de la Mauritanie.

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Le CJJ à Ecole Bouchra/Crédit photo Awa Seydou

En tout cas donner le goût du journalisme aux élèves voilà l’opération de séduction lancé le 10 février pour le Club des Jeunes Journalistes qui va célébrer ces deux ans de bougies le 14 février prochain, jour de Saint Valentin d’ailleurs.

Durant près d’une semaine( 10 au 14fevrier 2015), cinq établissement scolaires ont été ciblés dans un premier temps afin de faire comprendre le rôle de la presse dans un contexte où chacun se prends souvent pour journaliste confondant  vitesse et précipitation. Certes la société de l’information rend accessible l’accès et la diffusion de l’information mais le journaliste reste ce métier qui demande rigueur éthique et déontologie. Malgré les dures réalités(souvent manque ou absence de contrat de travail, précarité salairiale, manque d’organisation) de la profession, il faut continuer à inculquer à nos jeunes la culture de la passion, de la rigueur parole d’une reines d’Afrique mais devinez qui ?.


Le blogueur centrafricain Baba Mahamat « Nous assistons à une situation très critique, intenable, insoutenable, invivable »

Le pays va mal , voilà un mot qui résume cette prise de parole du blogueur centrafricain Baba Mahamat pour qui le Cameroun est devenu un second pays alors que la secte Boko Haram trouble désormais le sommeil de Paul Biya président du pays des « Lions indomptables ». Je surnommais Baba avec des collègues à Abidjan « El présidenté » sur un ton taquin je disais aussi « prési célibataire » ,il me répondait que cela n’est pas grave au gondwana toi même tu sais…. bref passons au focus du jour. Ce jeune au sourire perpétuel nous livre ici ses doléances comme ses compatriotes qui s’expriment sur les enjeux des consultations populaires en cours.

C’est dur mon frère mais comme le dit le groupe Magic système de la Côte d’Ivoire tant qu’il ya la vie il ya l’espoir. Chez moi au Mali on se demande chaque jour quand est ce qu’il y aura une paix définitive au nord du pays? difficile de répondre mais disons que inchaallah… en 2015 tant que les pourparlers se poursuivent sans se ressembler.En attendant voilà le témoignage très personnel mais criant accordé à Reines d’Afrique(R.A) par Baba Mahamat une des hommes forts du blogging.

R.A : Comment se porte votre pays la Centrafrique même si vous vivez au Cameroun voisin ?

Merci tout d’abord de portez votre choix sur ma modeste personne en m’accordant cette interview. Mon pays la République centrafricaine n’a pas la bonne forme. Avec tout ce qui s’est passé et qui continue à faire de victimes au moment où nous parlons, dire que tout va pour le mieux, c’est méconnaitre les innocents qui ont été sacrifiés sans aucune raison valable, c’est aussi ignorer la situation que traverse chaque centrafricain dans son tréfonds. En de termes faciles, beaucoup reste à faire pour revoir ce pays bantu jadis paisible et hospitalier qu’est la RCA. La crise est encore présente et devant nous.

R.A : Avez-vous le sentiment que la situation se normalise dans votre pays ?

Pour être honnête, la situation s’améliore très lentement dans la capitale Bangui mais dans les provinces, c’est la population est laissée à la merci des hors-la loi. Il y a un vide sécuritaire qui n’a pas de nom. Nous assistons à une situation très critique, intenable, insoutenable, invivable. Les centrafricains en général, et ceux des provinces vivotent. Martyrisés soit par les antibalakas ou par les Seleka dans les zones qu’ils contrôlent et qui échappent complètement à l’autorité de l’Etat, la terreur est le mode de gouvernance pour faire asseoir leur autorité en se livrant à des actes de banditisme et de violence. Le peuple centrafricain est entre le marteau et l’enclume. Il ne sait à quel Saint se vouer. Chaque centrafricain vous dira qu’il n’attend plus, pas cette apparente accalmie qui peut être rompue à tout moment par la volonté soit des antibalaka soit des Seleka.

R.A : Quels sont les sources de blocage jusqu’à présent ?

Nous sommes dans une situation où la violence est utilisée et entretenue par de tierces groupes qui profitent de cette situation. Ces groupes et les personnes qui les soutiennent sont connus. Nous avons affaire à certains qui veulent bien retrouver la raison en voulant contribuer pour le retour de la paix. Cependant, un groupuscule continue à croire que seule la violence peut les amener à assouvir leurs envies lugubres. Il est malheureux que ces personnes qui nuisent au processus de réconciliation et de la paix ne soient pas inquiétées, pourtant connues même d’un enfant qui vient de naitre. Par ce qu’il y a des preuves et surtout des affirmations claires de leur part qui corroborent la thèse de leur soutien indéfectible à un groupe. Et dans ce cas de figure, les mettre hors d’état de nuire est un bon debout pour la résolution de la crise car on ne peut laisser un infime groupe d’individus prendre en otage tout un peuple.

R.A : Comment juges- vous le bilan de la présidente Catherine Samba Panza ?

La présidente de la transition Catherine Samba Panza est au pouvoir depuis une année déjà. Même si, la situation s’améliore très lentement, il reste beaucoup à faire. Lorsqu’elle avait été élue par les membres du Conseil national de transition, organe substituant le parlement centrafricain, tout le monde a applaudi le choix d’une femme qui va conduire ce peuple pour la première fois de l’histoire centrafricaine. Tout est à refaire dans ce pays, tous les indicateurs sont au rouge. Et l’espoir des uns et des autres était grand. La situation était tellement complexe et je suis sûr qu’elle ne mesurait pas les obstacles qui devraient faire surface. Elle a été très courageuse pour accepter ce poste. Mais des erreurs de choix ont été commises et tout porte à croire que l’équipe de transition n’est pas à la hauteur de ses tâches. Nous sommes dans une situation d’extrême urgence où des vies sont menacées, des enfants et des femmes dorment dans des camps de déplacés appelés « Ledger », un nombre important de la population a été contraint de se déplacer. De la sécurité en passant par les finances, l’éducation ou encore la santé, les attentes du centrafricain sont légions et difficiles à satisfaire par l’équipe de la transition.

R.A : Jugez Bozizé sans demander des comptes à Djotodja, est-ce rendre justice à la Centrafrique ?

Je me suis toujours demandé pourquoi les gens ne peuvent pas comprendre que nous vivons une situation qui résulte de nos erreurs du passé. Depuis plus de deux décennies, l’impunité s’est érigée en mode de gouvernance. N’importe qui peut se lever un matin, créer une rébellion et à défaut d’accéder au pouvoir même avec le sang dans les mains, être promu à des postes de responsabilité avec à la clé l’abandon des poursuites judiciaires. Ce cycle vicieux continue son chemin. Il est bien regrettable. Alors, pour revenir à votre interrogation, je suis entièrement d’avis que François Bozize et Michel Djotodia, tous deux soient poursuivis pour leurs rôles présumés dans le conflit qui a décimé tout un pays avec de milliers de victimes. Il faut que non seulement ces deux, mais aussi toutes les personnes soupçonnées d’atrocité, de viol, de pillage, … soient poursuivies par la justice. La justice doit faire son travail et c’est par ce biais que nous pourrons sortir du cycle infernal de violence et prévenir tous les fauteurs de troubles, s’ils ont encore en tête un autre projet funeste qu’ils alimentent. Les centrafricains en ont marre et veulent vivre dignement.

R.A : En tant que blogueur, comment racontez vous ce qui arrive à votre pays ? Est ce facile de rester neutre ou le blogging est forcement subjectivité ?

Le blogging m’a permis de m’engager de manière citoyenne dans la recherche de la paix dans mon pays. J’ai pu avoir un moyen très efficace d’expression afin de faire partager ma vision et mes idéaux pour la paix, la réconciliation, le pardon, le développement et le vivre-ensemble. Ensuite, avoir un point de vue neutre et objectif semble être le challeng pour tout blogueur même si les émotions peuvent perturber notre raisonnement. Je tente d’être neutre, impartial, objectif toute en respectant la liberté d’expression. Je ne cherche pas à offenser qui que ce soit, ni à porter des injures ou des affirmations sans fondements contre qui que ce soit. J’essaie juste d’apporter ma modeste contribution pour la refondation d’une nouvelle Centrafrique où les bases doivent être l’union, la solidarité, le respect des valeurs républicaines, le patriotisme et le sens aigu de responsabilité.

R.A : Comment observez vous l’aide à votre pays et le soutien aux réfugiés de la communauté internationale ?

Depuis deux ans, de milliers de centrafricains, des pères de foyers, des mères,… vivent dans le dénouement le plus total. Des personnes qui, il ya quelques mois encore tenaient un petit commerce, allaient aux champs, coupaient les bois pour nourrir leur progénitures. Mais hélas, l’insécurité occasionnée par la violence a muselé la force d’action de tout un peuple habitué à se battre pour avoir son pain quotidien. L’aide internationale n’est pas suffisante. Tout le monde sait que ce pays à besoin d’un important soutien afin de se relever de son coma. Je regrette que la communauté internationale qui est très consciente et bien informée de la situation ne fasse pas plus pour venir en aide à ces milliers de centrafricains obligés de vivre comme des animaux. Il faut une forte mobilisation (financière, matériels, humains,…) pour venir en aide à tous ceux qui ont tout perdu et qui ont besoin d’une infime aide pour réapprendre à vivre.

R.A : est ce facile de voir son pays dans cet état sans pouvoir changer le cours de l’histoire ?

Parfois j’ai envie de fermer la télé, d’éteindre l’ordinateur et mon poste radio pour éviter d’avoir les nouvelles, dans la plupart des cas mauvaises du pays. Je me sens si faible et je m’en veux terriblement de ne pas avoir de pouvoirs surnaturels afin de mettre fin à toute cette tuerie qui n’a fait que trop duré. Mais je garde espoir car l’espoir est la seule chose qui nous reste lorsque nous avons tout perdu.

R.A : A quand une paix en Centrafrique marquée par des crises successives depuis son indépendance ?

La paix en Centrafrique est conditionnée par une prise de conscience individuelle puis collectif des centrafricains. Chaque centrafricain doit faire un examen de conscience et dégager des résolutions pour s’engager dans la résolution de cette crise. La paix ne doit pas être un vain mot, il doit être le réflet de notre comportement, une logique de notre réflexion, une manifestation de notre désir. Chaque centrafricain doit vouloir cette paix. Alors, la paix en Centrafricain, je pourrais être optimiste en vous disant que c’est pour bientôt mais le pessimisme ne peut se désemparer de moi.

R.A : Comment appréciez vous les attaques de Boko haram au nord du Cameroun ? Est-ce un facteur qui pourrait déstabiliser le régime de Paul Biya au pouvoir depuis plus de 30 ans ?

La secte Boko haram sévit dans les régions Nord du Nigeria depuis plusieurs années. Je suis d’autant surpris par la montée en puissance de cette secte qui continue de faire endeuiller de milliers de personnes. Même s’il est bien vrai que Boko haram représente un danger pour le Cameroun, il est clair qu’il s’agit d’un problème qui doit être résolu dans un schéma sous régionale. Cette secte peut inquiéter le pouvoir de Paul Biya en instaurant un état de violence mais la vigilance doit l’emporter sur ces terroristes qui n’ont pas de respect pour la vie humaine. Il faut une réponse régionale, très musclée et concertée sur le problème de Boko Haram.