Traoré Awa

Cette fille n’aime pas son mari

Ce dimanche, quand j’ai vu une fille  désormais Madame en larme , j’ai perdu tout d’un coup l’envie de boire mon thé, Ataya comme on dit par ici. A 21h cette petite fille pleurait encore, refusant de rentrer chez son mari, parce qu’elle ne l’aime pas, parce qu’elle a peur de ce monsieur. Elle a peur de cet inconnu avec qui elle doit désormais partager sa vie, mais ses parents en ont décidé ainsi, ils ont préféré la donner en mariage à cet âge là.

mariage precoce
crédit photo

Donc peu importe son bonheur, son choix, son épanouissement moral, il faut qu’elle soit mariée à un homme deux fois son aîné. Pourquoi marier une fille à cet âge ? C’est comme si elle débarquait dans un nouveau monde, son regard perdu en dit long sur la souffrance qui la ronge. La vue de cette fille m’a vraiment bouleversé ce soir là . Va t-elle s’habituer à sa nouvelle vie ou va t-elle tenter de fuir ? Ses parents peuvent t-ils comprendre qu’elle n’est pas encore prête à ce mariage (polygamique en plus) ? pourraient-ils lui laisser le temps de grandir, de vivre ses rêves, de les assumer dans la maturité d’esprit ?

Monsieur est là, il dit qu’il est lassé de ses pleurs. Monsieur conduit sa vieille moto et donne l’ordre à la petite fille de rentrer avec lui, mais sans aucune forme de dialogue, bref sans courtoisie. Choquée, je lui ai dit que la brutalité ne résout rien. Traînant ses pas, la fille le suit, accompagnée par une de ses cousines « impuissante » devant ce mariage voulu par les parents de la mariée, qui espère pourtant partir de ce foyer polygamique. Partir… mais comment ?

Affaire à suivre

(NB: Choqué par cette histoire, un des visiteurs de cette famille a failli écraser son portable en entrant).


Mort d’un migrant malien à Nouakchott

Il se nommait Mady Boubou Coulibaly, malien, âgé d’une vingtaine d’années. Il cherchait à gagner sa vie en Mauritanie. Il est décédé loin, de son Mali natal le 9 mai dernier « suite à une course poursuite avec des éléments de la gendarmerie nationale », ayant pris peur   » il aurait sauté du haut d’un chantier pour atterrir sur des fers perchés » témoigne dans la matinée de ce lundi une source facebook. 

dépouille malien
crédit photo RMI INFO

Ce ressortissant décéda quelques heures plu tard à la suite de ses blessures à l’hôpital nationa. L’info fit alors le tour du réseau facebook où la photo d’hospitalisation de Mady a créée le buzz, une image bouleversante, des témoignages émouvants. Une nouvelle triste qui rappelle les conditions difficiles parfois des migrants notamment subsahariens sur cette procédure de carte de séjour instaurée en 2012.

A la suite de cette perte douloureuse, la communauté malienne a tenu un sit- in devant leur ambassade ce 11 mai pour attirer l’attention des responsables de l’ambassade sur le quotidien souvent difficiles de ses ressortissants qui ont choisi la Mauritanie comme pays d’accueil.

Mady dors en paix!!!!

 



Dé-féminisation de l’espacement des naissances : une stratégie d’atteinte des nouvelles utilisatrices de Planning familial en Mauritanie

La dé-féminisation du planning familial(PF) est un moyen  de bien être familial selon de nombreux mauritaniens rencontrés à travers ce reportage réalisé dans le cadre  de la production médiatique sur la planification familiale organisé par le Population Council et le Partenariat de Ouagadougou. Une initiative mise en place en 2011 dont la Mauritanie est membre.

 

Dispensaire kissal/ Crédit photo AST
Dispensaire kissal/ Crédit photo AST

La dé-féminisation qui est une approche genre de la PF si elle est promue en République Islamique de Mauritanie (RIM) permettra sans doute à la Mauritanie de contribuer à atteindre son objectif de 39000 nouvelles utilisatrices d’ici 2020 dans le cadre du partenariat de Ouagadougou dont le challenge est d’arriver à plus de deux millions d’utilisatrices de PF (d’ici 2020) dans la sous région.

Pour rappel, « la Mauritanie se caractérise par une croissance très rapide de sa population, avec un taux d’accroissement démographique de 2,4% par an, un indice synthétique de fécondité de 4,6 enfants par femme et une prévalence contraceptive de 10% en 2011 en ce qui concerne les méthodes modernes » selon le Plan national de développement sanitaire. S’exprimant sur cette donnée, Aliou Diop Président de la Coalition « Ensemble Espaçons nos naissances »  pense que « ce chiffre est moyennement élevé » d’où son plaidoyer pour action multi sectorielle. A noter que ce pays des « millions de poète » était classé 154ème sur 182 pays dans l’index de développement humain de 2009. Autant de raisons pour favoriser l’espacement des naissances à travers une approche genre ou dé-féminisée.

L’espacement des naissances : « « une affaire de tous ».

A Nouakchott, Aicha Diop, 32ans, est vendeuse dans son quartier à El mina. Mère de cinq enfants, depuis 7 ans, elle a convaincu son mari d’espacer leurs naissances afin dit-t-elle, d’avoir le temps de « se reposer  et de travailler » pour gagner aussi sa vie. Fatou explique avoir convaincu son mari de la nécessité de la planification qui permet à l’un et l’autre de vaquer à leurs occupations  le temps d’une pause, après le rapprochement de ses deux premières naissances. Depuis lors, elle a opté pour une pilule contraceptive gratuite qu’elle prend désormais au dispensaire Kissal. A 25 ans, Metou une habitante de Tarhil est accompagnée de son 3e enfant. Depuis 3ans, elle a fait le choix du planning dans ce dispensaire de proximité de Kissal à Elmina. Elle estime, l’air souriante que la PF appelée ici espacement de naissance est « une affaire de tous ».

Fatis Ba est une des six sages femmes du dispensaire Kissal. Cette assistance sociale de formation, depuis 2006, travaille dans ce dispensaire communautaire où les femmes « affluent » chaque début de semaine à la recherche de contraceptives telle que les pilules (données chaque trois mois), injectables, condom, implants (payant). Oumou, qui instaure un climat de dialogue avec les patientes pour « briser le tabou » note qu’il y a « une forte demande » pour les contraceptives par rapport au début. Un constat qui, selon elle, s’explique peut être par la gratuité des contraceptions , témoigne la sage femme pour qui « il est temps qu’on sensibilise les hommes sur la PF ». Cette source déplore le manque de relais communautaire pouvant relayer cette préoccupation de façon permanente.

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« Les hommes doivent savoir que la PF les concerne » selon Imam Abdoulaye Sarr

Une position partagée par Imam Abdoulaye Sarr pour qui « les hommes doivent savoir que la PF les concerne ». Pour cet interlocuteur, membre de la Coalition « Ensemble Espaçons nos naissances » il y a un manque de communication par rapport à la promotion de cette problématique suggère qu’ « il faut démystifier ce concept » afin que chacun contribue à sa vulgarisation.

Pour rappel, le PNDS (Plan national de développement sanitaire ) 2012-2020 « s’est fixé un objectif de prévalence contraceptive de 60% à l’horizon 2020 » d’après ses données. Une ambition qui pourrait se réaliser à travers « une forte plaidoyer au profit de la stabilisation de la famille », un vœu ardent de la sage femme Fatis Ba.

Sira Kamissoko sage femme depuis 1980,  à la retraite désormais, dans son cabinet à Teyarett  reçoit ses patientes. Elle nous fait savoir que « rarement des hommes accompagnent leurs femmes ; souvent il nous envoie leurs pièces d’identité pour prouver leur consentement » fait comprendre cette technicienne en gynécologie  qui précise que « dans les services publics, les contraceptions sont données gratuitement».  Un facteur qui doit inciter à une large planification. Les jeunes Ambassadeurs pour la santé de la reproduction/PF en Mauritanie et la société civile doivent aussi contribuer à ce processus de dé-féminisation à travers un focus sur l’approche genre.

Awa Seydou  Traoré

(Source Rimweb)

 

 

 

 

 


Une Femme d’exception

Elle est pour moi celle qui se bat pour ses rêves lentement mais surement.Elle est celle pour qui chaque jour est une vie, une chance, une lumière

Elle est celle qui bouge par conviction pour joindre les deux bouts . Elle est celle qui se bat pour gagner son pain de tous les jours

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Elle est celle qui simplifie la vie malgré ses hauts et ses bas

Elle est celle qui garde les pieds sur terre malgré l’impact des projecteurs, celle qui donne et qui reçoit

Elle est celle qui dégage un parfum d’ordinaire

Elle est celle qui a un moral de fer, d’acier

Elle est celle qui dégage la pluralité, l’ouverture, la tolérance, l’engagement

Elle est celle dont le parcours est une source d’inspiration

Elle est celle qui accepte l’autre avec ses qualités et ses défauts

Elle est celle dont la présence illumine la voie des sans voies

Elle est celle qui bouge loin des regards et qui fonce sur son parcours

Merci ainsi à toutes les femmes d’exception sans oublier aussi les hommes d’exception qui ont apporté leur savoir faire, leur écoute, pour la tenue du panel  « femmes d’exception: parcours de vie et valeurs partagées »  que ce blog a organisé le 5mars au musée national, pour célébrer le 8mars. Merci à tous, ainsi qu’a Tawatur pour la diffusion de ce reportage

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Mauritanie: Panel Femme d’exception