Le Sida a brisé ses rêves

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(Crédit photo : Sham Hardy, Flickr/CC)

Un mari infidèle et voilà une mère de famille condamnée par le sida, laissant deux orphelines derrière elle.

En ce lendemain de fête des mères, laisse moi saluer ton courage face à cette maladie incurable qu’est le sida. Je veux dire combien tu as été une bonne mère de famille qui inculquait des valeurs de solidarité, de partage, de tolérance à ses enfants. Tu as fait de ton mieux pour préserver ton foyer malgré les hauts et les bas. Voilà l’image que je veux que tes enfants gardent de toi, certes la maladie t’as vaincue au terme de nombreuses hospitalisations, le destin a en décidé ainsi, hélas… Une perte d’un être cher dont le sourire me procure une force inestimable.

Je leur dirai de ne point te juger car tu as tout fait pour mériter une vie de rêve, tranquille auprès d’un homme qui t’as marié très jeune. Comment des êtres rares comme toi partent si tôt ? Voilà une absence qui me ronge et qui nous a plongé dans une tristesse inexplicable.

Tu étais d’une bonté impressionnante, ton sourire était un air de bonheur, une joie de vivre bref une confidente inoubliable dont la vie a basculé quand elle apprit qu’elle avait le sida… Cette maladie du siècle a brisé le rêve d’une énième vie. Une femme d’une simplicité rare venait de prendre un coup dur, plus qu’un séisme, c’est toute une vie qui venait de fondre sous ses yeux, elle qui voulait tant voir ses enfants grandir. Je me souviens encore de ces moments où tu parlais de ces derniers que tu aimais avec toute l’affection d’une mère.

L’annonce de la maladie a été un choc d’une rare violence que tu as eu du mal à contenir les premiers années. Tu étais terrassée, bafouée dans ton honneur, dégoutée de la vie, impuissante face à la duretéde la nouvelle. Je me souviens que tu ne cessais de dire : « Pourquoi moi ? Pourquoi a t-il fallu que j’ai cette maladie qui a si mauvaise réputation, qu’ai-je fais au bon Dieu pour mériter un tel sort ?« . Voilà une question fracassante pour exprimer cette désolation, une injustice sans nom, un drame sans précédent pour cette dame dont le mari lui a transmis la maladie malgré ses mises en garde contre l’ infidélité. Hélas, un conseil sans échos auprès de monsieur qui n’a pas pu s’empêcher d’aller voir ailleurs .

C’est de cet entêtement que le malheur est arrivé. Avec les mois et les années tu as dû apprendre à vivre avec la maladie malgré toi. Grâce à ta croyance, ta force de caractère, ton amour pour tes 2 enfants, au traitement (pour tout le reste de la vie hélas) et au fait que tu rencontrais d’autres individus dans ton cas à l’hôpital, tu me confiais ton désir de garder le moral pour offrir le meilleur de toi à tes enfants, surtout à ta première fille à qui tu étais énormément attachée. Malgré la peur du jugement de l’autre, tu apprenais à te battre de nouveau grâce à ton traitement.

Et puis un jour tu es partie sur la pointe des pieds à la suite d’une longue maladie, un départ rapide qui me laissera seule face aux murmure des dunes de sable qui me surnommait Sourakamousso (la mauresque) . Je veillerai sur tes enfants comme les miens au nom de ces années de confidences.

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