Mauritanie : L’espacement des naissances, un facteur de lutte contre la pauvreté

A Nouakchott, la capitale mauritanienne, des personnes se retrouvent de plus en plus dans la rue pour mendier, faute de moyens pour nourrir leurs enfants souvent nombreux.

Espacer nos naissances, un vecteur d’autonomisation familial

Pour moi, la pauvreté est un facteur de vulnérabilité qui livre malheureusement ces gens à la mendicité,la précarité .Une triste réalité, qui doit nous inciter à mieux concevoir nos naissances , en fonction de nos situations économiques, pour éviter que des gens se retrouvent dans la rue du jour au lendemain, car n’ayant pas les moyens de subvenir aux besoins vitaux de leur famille.

Consultation gynécologique Dispensaire Kissal/crédit photo Awa Seydou

Par la mendicité, ces familles espèrent trouver quotidiennement facilement de l’argent ou des denrées  comme le sucre, le lait pour nourrir leurs familles . Pour elles, c’est nécessité, qu’elles sont là, mais si on parlait à cœur ouvert, je pense que la meilleure manière de lutter contre cette précarité est de mieux organiser nos naissances, afin d’épargner à nos enfants la mendicité, une des conséquences de la pauvreté.

Je ne juge pas personne, je dis tout simplement qu’il faut privilégier l’espacement pour garantir un épanouissement familial. Un planning familial va permettre aux parents d’avoir des naissances espacées avec moins de risque de les envoyer dans la rue pour trouver le gagne pain familial.

L’espacement des naissances, un facteur de bien être, sanitaire moral et économique

Triste quotidien de va et vient entre carrefours, exposés aux nuisances sonores de ces lieux, des histoires bouleversantes, émouvantes, des visages perdus dans les pensées, témoignent de l’état de vulnérabilité de ces individus pour qui l’espacement des naissances sera sans doute un facteur d’épanouissement personnel et familial à mon avis. Certes la pauvreté ne doit pas empêcher les gens de faire des enfants, selon certains mais on doit être conscients de la vulnérabilité dans laquelle, l’on est  quand on est pauvre, afin de freiner la précarité, en planifiant nos naissances en fonction de nos situations économiques

On doit revoir notre relation avec la santé reproductive, privilégier la qualité et non la quantité, en bref ce n’est pas le nombre d’enfant mais notre capacité à leur offrir un épanouissement digne avec le minimum de confort par la ténue d’un espacement mieux ficelé .

Une fois à  Arafat, une commune de Nouakchott, j’ai rencontré une mère d’une trentaine d’année, avec 5 enfants, n’ayant même pas 50 MRU (80 franc cf) pour acheter du pain dont ces derniers réclamaient. Je pense que si ses enfants étaient espacés, la maman aurait pu avoir le temps de travailler, se débrouiller , veiller sur la santé reproductive par un repos biologique nécessaire à son développement personnel, et subvenir aux dépenses familiales , aux cotés du mari à travers une occupation entrepreneuriale.

Je croise presque chaque matin, ces personnes qui prennent d’assaut les abords du célèbre carrefour BMD, dès les premières lueurs du mati.Leur challenge est de trouver une place stratégique pour quémander au nom de la prise en charge de leurs familles. Certains de leurs enfants, les accompagnent fréquemment dans leurs péripéties au quotidien, sous un soleil de plomb parfois.Pourtant avec le minimum de conforts, ces enfants auraient pu aller à l’école, s’instruire, vivre dans le minimum d’harmonie et de quiétude.

Plus les naissances sont espacés, plus les parents  s’épanouissent et peuvent se lancer dans le secteur informel par exemple, un moyen de subsistance en vogue en Mauritanie.

Même avec une somme symbolique, on peut faire un commerce comme le cas de ces vendeuses de beignets, ou de friperie de chaussures devant Istanbul boutique.

A mon humble avis, l’espacement des  naissances en terme simple, la planification permet à la famille de s’épanouir moralement, physiquement et économiquement, bref constitue un facteur sanitaire pour le bien être de la famille en général.

Plus il y a espacement,plus la femme (gardienne du temple familial) peut mieux  vaguer à ces occupations en ayant une certaine tranquillité de bien être moral, sanitaire et économiquement.  Elle peut mieux contribuer et de façon pérenne à la prise en charge de  sa famille, en joignant les deux bouts aux cotés de son mari.

Une réflexion qui pose aussi la question de l’accès des personnes démunis à la planification familiale qui est un droit fondamental.

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Traoré Awa
Je suis Journaliste Reporter d image(JRI) et blogueuse. Suivez moi sur le blog "Reines d'Afrique" où la parole est féminine et universelle. Un blog lancé en 2014 depuis Nouakchott en Mauritanie.

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