Nouakchott: Pauvre , Mariem, une mère de 7 enfants

Mariem, la trentaine, au foyer, est mère de 7 enfants. N’ayant personne pour garder ses enfants, elle le fait elle-même. Son mari est vendeur de friperie, il passe ses journées au marché. Il y a des jours, où trouver même du pain est un parcours du combattant selon Mariem. J’ai rencontré cette dame au quotidien précaire lors d’une sortie récente de la Marmite du partage dans la commune d’Arafat à Nouakchott.

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Le jour où Mariem n’a rien, sa cousine Maguette qui habite dans ce gazra (habitat de fortune) lui vient en aide. Ce soir là, Mariem était soulagée car elle était une des bénéficiaires de l’opération de distribution de repas de la marmite du partage qui se rend depuis 5 ans durant ses sorties pendant le ramadan dans un des quartiers précaires de la capitale pour faire la cuisine et ensuite la distribuer aux pauvres. Une façon de faire une rupture collective du ramadan, de permettre à ces nécessiteux de bénéficier d’un repas du soir en bonne et due forme, une façon de faire voir l’extrême  pauvreté dans laquelle vivent des gens.

Des moments intenses de partages , d’échange, de brassage, de réflexion , de plaidoyer , de terrain, que l’on a envie de tirer en longueur. Comme on dit, chaque bonne chose a une fin, une journée de cuisine, ou de distribution de kits, j’image le regard de Mariem qui aimerait que cette journée dure des jours, des mois, pourvu qu’elle reçoit un secours constant pour faire face à la précarité. Elle aimerait bien développer un commerce, mais faut de moyens ce projet risque de ne pas se faire dans l’immédiat.

Pour Mariem, difficile de joindre les deux bouts, sans formation, sans travail et une charge familiale.

Histoire à méditer

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Cette fille n’aime pas son mari

Ce dimanche, quand j’ai vu une fille  désormais Madame en larme , j’ai perdu tout d’un coup l’envie de boire mon thé, Ataya comme on dit par ici. A 21h cette petite fille pleurait encore, refusant de rentrer chez son mari, parce qu’elle ne l’aime pas, parce qu’elle a peur de ce monsieur. Elle a peur de cet inconnu avec qui elle doit désormais partager sa vie, mais ses parents en ont décidé ainsi, ils ont préféré la donner en mariage à cet âge là.

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crédit photo

Donc peu importe son bonheur, son choix, son épanouissement moral, il faut qu’elle soit mariée à un homme deux fois son aîné. Pourquoi marier une fille à cet âge ? C’est comme si elle débarquait dans un nouveau monde, son regard perdu en dit long sur la souffrance qui la ronge. La vue de cette fille m’a vraiment bouleversé ce soir là . Va t-elle s’habituer à sa nouvelle vie ou va t-elle tenter de fuir ? Ses parents peuvent t-ils comprendre qu’elle n’est pas encore prête à ce mariage (polygamique en plus) ? pourraient-ils lui laisser le temps de grandir, de vivre ses rêves, de les assumer dans la maturité d’esprit ?

Monsieur est là, il dit qu’il est lassé de ses pleurs. Monsieur conduit sa vieille moto et donne l’ordre à la petite fille de rentrer avec lui, mais sans aucune forme de dialogue, bref sans courtoisie. Choquée, je lui ai dit que la brutalité ne résout rien. Traînant ses pas, la fille le suit, accompagnée par une de ses cousines « impuissante » devant ce mariage voulu par les parents de la mariée, qui espère pourtant partir de ce foyer polygamique. Partir… mais comment ?

Affaire à suivre

(NB: Choqué par cette histoire, un des visiteurs de cette famille a failli écraser son portable en entrant).