L’épidémie d’Ebola vue de Mauritanie

La République islamique de Mauritanie(RIM) suit de près l’évolution de l’épidémie Ebola, devenue une menace de santé publique dans la sous-région et sans doute pour le monde. Alors qu’aucun cas n’est encore déclaré au pays des millions de poètes (RIM), l’heure est à la vigilance même si le début d’Ebola en Guinée date de janvier dernier.

En Mauritanie,dans les bureaux, autour de Ataya (Thé), on en parle partout pour se prévenir et maintenir la vigilance comme l’exprime ce témoignage : « Une chose est sûre quand le gouvernement s’implique et que tout le monde est informé , si le message passe quotidiennement et que tout le monde a le même degré de compréhension, nous avons une chance de ne pas être contaminé ici », une façon d’être à l’abri de cette maladie commente le rappeur mauritanien du groupe Force Trankil Abda MC.

La prévention, c’est le mot d’ordre exprimé dans différents points de vue recueillis comme celui d’un confrère sénégalais spécialiste Santé : « Le Sénégal gère bien la situation en fermant les frontières avec la Guinée et en mettant un plan de riposte dans les aéroports et le port. Je pense que ce sont là d’excellents moyens de prévention ». La vigilance est de rigueur comme on le note un autre confrère  malien :  « Nous avons une bande importante de frontière avec la Guinée. E des zones hors contrôle à cause de l’activité artisane de l’exploitation d’or !. On a vu les émeutes à Lassa quand les gens ont appris que leur maire avait donné son accord pour accueillir certains malades ? Cela traduit la peur ! Les gens sont informés et ils savent qu’il n’y a ni médicament ni vaccin contre Ebola ». Pour Moussa E. Sall : En Mauritanie concrètement rien n’a été fait à part le blocus des frontières et un certain contrôle à l’aéroport, or c’est avec ces voyages qu’il y a des risques » estime cet activiste environnementaliste.

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Pendant ce temps, les regards sont tournés vers l‘OMS (Organisation mondiale de la santé) pour qui « L’épidémie de la fièvre Ebola en Afrique occidentale est parmi celles qui posent le plus de défis depuis l’apparition de la maladie il y a 40 ans ». Selon les derniers chiffres communiqués par l’OMS, « 101 personnes sont mortes de fièvre hémorragique depuis janvier en Guinée, sur 157 malades. 67 décès sont des cas avérés du virus Ebola. Au Liberia, il y a eu 21 cas de fièvre hémorragique, dont 10 mortels. La Sierra Leone est aussi touchée, ainsi que le Mali, où l’OMS annonce 9 cas suspects ». Cette maladie qui pose  » le plus de défis » depuis son apparition dans cette partie d’Afrique a touché depuis lors la capitale guinéenne. Sa transmission ultra rapide domine l’actualité. L’heure est « grave » estiment certains même si la Mauritanie n’a pas de frontière avec la Guinée, on s’informe constamment vu que la circulation des personnes est permanente au niveau de la frontière mauritano-sénégalaise.

Mais pour d’autres, il faut bien suivre à la lettre les mesures de sécurité d’où l’utilité d’insister sur la prévention. Depuis sa Guinée natale , le journaliste Camara Mamady nous apportait le 11 avril dernier des éléments d’éclairage sur la riposte par rapport à cette maladie « Virus Ebola : La Guinée veut empêcher à tout prix sa propagation. Les autorités guinéennes ont été prises de court, durant plus d’un mois, par la fièvre hémorragique virale d’Ebola. On ne le dira jamais assez. Et la riposte de l’administration d’Alpha Condé ne s’est pas fait attendre en mettant à contribution de nombreux spécialistes africains, asiatiques, américains et européens pour isoler et soigner les malades. Le ministre de la Communication Alhousseine Kaké pense dur comme fer que le virus Ebola s’est essoufflé. Toutes les personnes, qui veulent quitter le territoire national, doivent obligatoirement passer un contrôle thermique pour savoir si elles ne sont pas malades. Pour ce contrôle, il ne faut surtout pas afficher la température suspecte de 38°. Et l’Etat a mis, hier, 10 millards de francs guinéens à la disposition du Comité interministériel pour empêcher la propagation du virus en Guinée et dans la sous-région. »

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Un  confrère que j’ai côtoyé lors de son séjour en Mauritanie et qui était en Guinée a pu constater l’évolution de cette maladie sur le terrain et les efforts effectués par ce pays  et ses partenaires pour contenir ce virus. Selon ce confrère, le 9 avril, l’Union des 35 radiodiffusions et 6 télévisions libres de Guinée ce  a « animé une émission de sensibilisation synchronisée de 9 h à 12 h en français et en langues nationales, durant laquelle les spécialistes, autorités publiques, hommes politiques ont pris la parole dont le vice-président de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le principal parti de l’opposition qui a déclaré : « La lutte contre le virus Ebola n’a rien de politique. Je félicite et encourage les efforts des autorités publiques » . Autant dire que les Guinéens resserrent les rangs face à la fièvre Ebola. Le président d’Urtelgui, Boubacar Yacine Diallo, n’a pas caché sa satisfaction : « Je suis heureux de voir tout le monde tirer dans le même sens » .

Awa Seydou Traoré

 

 

 

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Traoré Awa
Je suis une malienne en Mauritanie,où j'ai été honorée comme une des mauritaniennes d'exception 2015, bref une mauritanienne de cœur. Suivez moi sur "Reines d'Afrique" où la parole est féminine et universelle.

3 réflexions sur “L’épidémie d’Ebola vue de Mauritanie

  1. Nos pays très fragiles. Leurs moyens sont insuffisants, et la capacité d’organisation de mesures préventives efficaces est douteuse. Espérons que les pertes se limitent aux regrettables décès enregistrés, et que la propagation s’arrête. Merci pour cet éclairage complet. A très bientôt, j’espère.

  2. c »est dommage ce qui est arrivé à nos amis de la guinée.heureusement la maladie est maitrisée selon le professeur Alpha Condé, président de la Guinée;L’autre bonne nouvelle, le sénégal qui avait fermé ses frontières à cause du virus ébola a recouvert ses frontières.

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